Unique en France, la Bâtie d’Urfé recèle de nombreux trésors de la Renaissance. Murs blancs, galerie ouverte sur l’extérieur, jardins propices à la flânerie avec parterres géométriques de buis et d’ifs, fontaine, rivière bordant la promenade…
Rien n’a été laissé au hasard dans ce domaine où se croisent tous les arts de la Renaissance. Du sphinx de la rampe d’accès aux tableaux italiens de Siciolante, de la célèbre grotte des rocailles à la chapelle du château, la Bâtie vous réserve de nombreuses surprises…
À commencer par l’histoire mouvementée de ses habitants : la famille d’Urfé !
À l’origine entouré de douves, le château est constitué d’un bâtiment central et de deux ailes. Entre cour et jardins, l’aile occidentale présente une rampe et une galerie à l’italienne avec de fines colonnes corinthiennes.
Le gardien du château : le sphinx
Gardien des secrets du château, le sphinx de la Bâtie est indissociable du monument.
Depuis le 16ème siècle, il protège l’accès à l’ancienne bibliothèque, lieu d’humanisme et de savoir. Il porte sur sa poitrine l’inscription : "Sphingem habe domi" qui peut être interprété comme "Garde la connaissance en ta demeure".
Plongez dans l’histoire du château !
Si la famille d’Urfé est mentionnée dès le 12ème siècle dans la forteresse médiévale des Cornes d’Urfé à Champoly, l’histoire de la Bâtie débute véritablement au 16ème siècle.
Claude d’Urfé transforme la maison forte médiévale de la plaine du Forez en un château de plaisance caractéristique de la Renaissance. Il s’inspire de ses nombreux voyages pour aménager le château.
On retrouve ainsi à la Bâtie de nombreuses influences italiennes : rampe, galerie, chapelle, salle des rocailles, etc.

| La Bâtie d'Urfé à Saint-Étienne-le-Molard |
De la Diana au Conseil général de la Loire
La famille d'Urfé s’éteint au 18ème siècle et le château passe entre les mains de plusieurs propriétaires. En 1909, la Diana, Société Historique et Archéologique du Forez, rachète le bâtiment. Il est classé Monument historique en 1912.
Depuis, le Conseil général de la Loire a engagé de nombreuses campagnes de restauration afin de redonner au château ses lettres de noblesse. Il en assure la gestion et l'animation depuis janvier 2007.
Le saviez-vous ?Au 16ème siècle, le bâtisseur du château, Claude d’Urfé (1501-1558), est bien connu à la cour de France : il est au service de François 1er puis d’Henri II. Voyageur infatigable, il participe aux campagnes d’Italie et représente le souverain français au Concile de Trente et auprès du Pape à Rome (1546-1551). Sous le règne d’Henri II et jusqu’à sa mort, il exerce la charge de gouverneur du Dauphin. | |  |
Photo : Claude d'Urfé, dessin de CLOUET Jean (école de), intitulé Claude d'Urfé et réalisé au 16e siècle, conservé au musée Condé de Chantilly, sous le numéro d'inventaire DE MN 231 ; B 70 © Réunion des musées nationaux |
Le Château de la Bâtie d’Urfé, source d'inspiration pour Honoré d'Urfé et son roman L'Astrée, vient d'être labellisé « Maison des Illustres » par le Ministère de la Culture et de la Communication. Ce nouveau label valorise les lieux dont la vocation est de conserver et transmettre la mémoire de femmes et d’hommes qui les ont habitées et se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale et culturelle de la France. Le Château de la Bâtie d’Urfé est le seul site du département de la Loire à avoir obtenu cette distinction. On en compte 8 dans la Région Rhône-Alpes.