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L’album photographique de Pierre Eugène Cognet

Cet album a été numérisé par les Archives départementales de la Loire dans le cadre de la Grande collecte de documents de la Guerre 1914-1918. Il permet de suivre le parcours d’un Ligérien, Pierre Eugène Cognet, pendant le conflit. Son propriétaire, conscient de sa valeur historique, a été soucieux de mettre son contenu à disposition de tous.

Pierre Eugène Cognet

Pierre Eugène Joannès Cognet est né le 13 juillet 1890 à Cellieu où ses parents, Jean Marie Cognet et Marie Antoinette Chanavat, sont propriétaires cultivateurs au hameau de Salcigneux.

Lors de son recrutement militaire Pierre Eugène Cognet est étudiant dans une école de notariat puis il devient fabricant de rubans à Saint-Etienne. Il décède le 6 février 1967 à Clamecy (Nièvre).

Son registre matricule permet de suivre son parcours militaire (page 1 et page 2). Il effectue son service militaire entre octobre 1911 et novembre 1913. Il est rappelé à l'activité par la mobilisation générale du 1er août 1914 et démobilisé le 14 août 1919. Il est affecté au 16e régiment d'infanterie avec le grade de sergent. Il est promu sous-lieutenant de réserve le 16 septembre 1917. Il a donc passé plus de 7 ans à l'armée.

L'Historique du 16e régiment d'artillerie (1914-18) peut être consulté sur le site Internet de la Bibliothèque Nationale de France.

Pierre Eugène a été blessé le 19 août 1914, au cours d'une patrouille à Sarrebourg.

Il "s'est fait remarquer pendant l'attaque de nuit du 13 mars 1916 par sa belle attitude". Il s'agit d'un "officier dont la bravoure le calme et le sang-froid sous le feu ont fait l'admiration de tous. Le 29 juillet 1918 [il] a pris une part des plus brillantes à l'attaque des positions ennemies, pendant la progression [il] a entrainé sa section de m[itrai]lleurs avec un allant superbe, [il] a défendu héroïquement la position conquise pendant 14 heures contribuant pour une large part à briser les contres attaques de l'ennemi".

Il a reçu plusieurs récompenses dont la Légion d'honneur et la Croix de guerre.


Le contenu de l'album

Cet album illustre le parcours de Pierre Eugène Cognet pendant le conflit. Son organisation suit plus ou moins la chronologie de ses affectations. Les destructions liées à la guerre, les lieux de vie des soldats ainsi que l'armement utilisé (canons, obus, tanks) sont des sujets de prédilection pour le photographe. Celui-ci n'est pas connu avec certitude : il s'agit soit d'Eugène Cognet, soit d'autres soldats de son entourage. Ces clichés ne sont sans doute pas tous du même auteur. Cet album a été constitué par Pierre Eugène Cognet et les légendes ont été écrites de sa main, hormis quelques mentions rédigées par sa fille, Geneviève Cognet épouse Scalliet.

L'album se décompose en plusieurs parties, correspondant à différents secteurs géographiques fréquentés par son auteur :

L'hôpital, août 1914 (vue 1) : l'album s'ouvre sur une photographie prise à l'hôpital où a été soigné Pierre Eugène Cognet

L'Oise à l'ouest de Noyon, novembre 1914 à l'été 1915 (vue 2 à 11) : Ribécourt-Dreslincourt (dont la ferme d'Attiche), Canny-sur-Matz, Roye-sur-Matz, Thiescourt.

Les dégâts subis par l'église de Ribécourt ont particulièrement impressionné le photographe. Le maréchal Joffre est immortalisé de dos.

Verdun, février 1916 (vue 12 à 17) : le voyage s'est effectué par Pierrefonds et Bar-le-Duc. L'arrière front est largement présenté.

Secteur de Nouvion-Vingré, avril à juillet 1916 (vue 17 à 41) : à la frontière de l'Oise et de l'Aisne : Vic-sur-Aisne, Saint-Christophe-à-Berry (Moufflaye, Berry, Sacy, Bonval), la ferme Amory à Vingré où un couple de civils a été tué par les Allemands le 20 septembre 1914, le cimetière de Vingré, le plateau de Nouvion, Fontenoy, Autrêches (Chevillecourt).

La Somme, septembre à novembre 1916 (vue 41 à 47) : Neuville-Saint-Vaast, Chaulnes

La technologie est mise au service de la guerre. A la légèreté des dirigeables s'oppose la monumentalité de l'artillerie lourde sur voie ferrée.

Pierre Eugène Cognet présente le bois de Chaulnes en 1916. Puis, s'affranchissant de la chronologie et anticipant sur les évènements, il dévoile les mêmes lieux reconquis par les Français en 1918 à la page suivante.

Entre Noyon (Oise) et Saint-Quentin (Aisne), mars à juin 1917 (vue 48 à 58) : Canny-sur-Matz, Roye-sur-Matz, Lassigny, Noyon (Oise), Seraucourt-le-Grand, Saint-Quentin (Aisne), Ham, Ercheu (Somme).

Le Chemin des Dames, août 1917 (vue 58-59) : Braye-en-Laonnois.

Argonne et Verdun (attaque du 20 août 1917) d'août 1917 à l'hiver 1917-1918, (vue 60 à 74) : La Haute Chevauchée commune de Lachalade (Meuse), Bourreilles, Avocourt, Le Mort-Homme (communes de Cumières-le-Mort-Homme et Chattancourt), Bras-sur-Meuse, le secteur entre Vaux-devant-Damloup et Bezonvaux.

1918 (vue 75 à 76) : cette partie témoigne de l'évolution de la guerre avec les tanks et l'aide des soldats alliés (Italiens et Américains). La seule référence à un lieu concerne la traversée de Reims en novembre 1918.

A l'arrière du front (vue 77 à 80) : sans mention de date ni de lieu, la fin de l'album montre des femmes au travail dans les champs, des chasseurs alpins, des soldats indiens, des soldats au repos ou en entrainement, ainsi qu'une fête organisée à l'arrière.


Cet album permet de percevoir les conditions de vie difficiles des soldats : les tranchées sont parfois inondées, les structures prévues pour l'hygiène des soldats sont sommaires (lavoir du ravin de Bonval).
L'hébergement, à l'arrière du front, est souvent précaire : campement, habitat troglodytique, cabanes, cagna.
Le ravitaillement des troupes implique une organisation spécifique avec utilisation de cuisines roulantes et la mise en place de corvée de soupe.
Les combats ne sont pas montrés en revanche quelques bombardements sont photographiés : à Chevillecourt, commune d'Autrèches ou à Verdun.
Cependant les dangers encourus par les soldats sont perceptibles. Les hommes sont formés à l'utilisation des masques à gaz et des haut-parleurs donnent l'alerte en cas d'attaque de gaz.
Les effets des bombardements sont spectaculaires, comme l'attestent les photographies d'un même lieu avant et après une attaque.
Les occupations pendant les temps de repos, plus rarement photographiées, sont ludiques ou spirituelles.


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