PORTRAIT
Marion Grange
Janvier-Février 2017
PORTRAIT

Marion Grange,

une voix en or

ELLE A FAIT SES GAMMES À LA MAÎTRISE DE LA LOIRE. À 31 ANS, LA SOPRANO MARION GRANGE SE CONSTRUIT UNE CARRIÈRE INTERNATIONALE. SALUÉE PAR LES CRITIQUES, ELLE ENCHAÎNE LES CONCERTS ET A REMPORTÉ PLUSIEURS PRIX PRESTIGIEUX. RENCONTRE.

Avec une grand-mère professeur de musique à Montbrison et un père chanteur amateur, pas étonnant que Marion Grange soit devenue chanteuse professionnelle. Elle ne changerait de voie pour rien au monde. « Je suis très curieuse et je déteste la routine. J’adore mon métier et ma vie. » Une passion musicale née dans l’enfance, qui la conduit à intégrer, dès le collège, la Maîtrise de la Loire. Elle se souvient de cette époque comme « d’années extraordinaires, avec le plaisir chaque jour de travailler et de donner de soi-même ». La jeune Marion ne tarde pas à se faire remarquer. Elle fait ses débuts sur scène à 12 ans à l’Opéra de Toulon. Une révélation. « J’ai été très heureuse lorsque j’ai appris que j’étais retenue. Je me rappelle les sensations d’être sur scène et de partager le plateau avec des chanteurs adultes dont la capacité à rentrer et sortir de leurs personnages me fascinait. » L’interprétation vocale, qui combine théâtre et musique, la séduit, même si son coeur balance aussi entre le violoncelle et la direction de choeur. À tout juste 17 ans, avide de découvrir d’autres horizons, elle quitte la Loire pour l’Italie. L’adolescente poursuit sa scolarité au lycée international de Duino-Aurisina, près de Trieste, tout en profitant d’une bourse musicale. Un prélude à sa future vie d’artiste internationale. Deux ans plus tard, retour en France pour préparer un diplôme de direction de choeur et de musique de chambre au conservatoire de Saint-Étienne. La brillante étudiante y fera des rencontres déterminantes, notamment celle de Toni Ramon, directeur musical de la Maîtrise de Radio France. Un avenir prometteur se dessine… Elle déménage à Lyon afin de se spécialiser en chant.

 

" Dans mon métier, pour réussir, il faut savoir prendre le temps "

 

Elle se forme notamment avec le baryton Marcin Habela, qu’elle retrouvera plus tard à la Haute École de musique de Genève pour son master d’interprétation soliste. Parallèlement, elle multiplie les expériences musicales : « Des chefs avec qui j’ai travaillé et qui m’ont rappelée par la suite. » Au fil du temps, la jeune soprano se fait un nom dans l’univers de l’opéra et des oratorios. Et si sa belle voix de soprano lyrique remporte l’estime de ses pairs, elle peut aussi compter sur son caractère, à la fois calme et déterminé, pour développer son talent. « Je suis patiente mais décidée, c’est une de mes forces. » Son agenda de concerts se remplit. Suisse, Allemagne... rapidement, elle est invitée à travers l’Europe et décroche de prestigieux prix, dont celui de meilleure interprète du concours Armel à Szeged (Hongrie) en 2014. Elle donne même des concerts au Brésil ! Entre deux avions ou trains, elle pose ses valises à Lyon, où elle habite, et aime s’arrêter dans la Loire. « J’adore y revenir. C’est mon ancrage, le lieu où se trouvent ma famille et mes amis. » Depuis 2012, elle se produit régulièrement avec le pianiste Ambroise de Rancourt, avec qui elle a remporté en 2016 le concours Mahler de Genève. Marion Grange est aussi très fière de son tout dernier spectacle Die weiße Rose, un opéra contemporain de 1987 dédié à la Résistance allemande contre le nazisme. L’artiste voit dans la musique un moyen d’expression et de partage. « Dans le monde d’aujourd’hui, beaucoup de gens se renferment sur eux-mêmes. Je souhaite leur envoyer un message d’ouverture et de joie. Et les inciter à défendre leurs passions sans peur. » C’est bien connu, la musique adoucit les moeurs.…

>> En 5 dates

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Entrée à la Maîtrise de la Loire

2006
Diplôme d’études musicales au conservatoire de Saint-Étienne

2012
Master de soliste à la Haute École de musique de Genève

2013
1er grand prix Paul Derenne au Concours international d’interprétation de la mélodie française de Toulouse

2014
Prix d’interprétation à l’Armel Opera Competition à Budapest

 

 

 

Crédit photos : Franck Morel

 

 

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