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Étienne Mimard

Étienne Mimard

1862-1944

Fils unique d’un armurier, Étienne Mimard naît le 18 janvier 1862 à Sens, dans l’Yonne, où il suit sa scolarité jusqu’à l’obtention d’un diplôme d’ingénieur en dessin d’imitation et ornements. Fin 1883, il répond à la sollicitation d’un armurier stéphanois du nom de Berger et s’installe à Saint-Étienne. Dès le début de l’année suivante, il s’engage auprès des ateliers Martinier-Collin, à la Manufacture française d’armes de chasse et de tir, qu’il rachète avec Pierre Blachon et dans laquelle il réalise et publie le 15 juin 1885 le premier numéro de Chasseur Français, une revue qui s’avérera très lucrative. À partir de 1887, les cycles s’ajoutent à la fabrication des fusils, si bien que la société change de nom et devient la Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne. Plus tard, elle produit aussi des machines à coudre ainsi que de nombreux articles de pêche et de chasse. L’ensemble de ces produits, ainsi que ceux d’autres entreprises, figurent dans le célèbre Tarif Album, premier catalogue de vente par correspondance pour le grand public en Europe. Étienne Mimard a l’ingénieuse idée de l’envoyer gratuitement aux chasseurs, dont il prend soin de relever le nom dans les registres des titulaires du permis de chasse issus des mairies. Sa diffusion massive permet à son entreprise de vendre par correspondance partout en France mais aussi dans le monde entier. En 1888, Étienne Mimard se marie avec Louise Ernestine Baillat. Après plusieurs voyages aux États-Unis, il modernise le mode de production au sein de la manufacture stéphanoise en introduisant la fabrication en série. Suite au décès précoce de son associé Pierre Blachon en 1914, Mimard devient l’unique patron d’une entreprise qui compte plusieurs milliers d’employés. Décoré de la Légion d’honneur (du grade de Chevalier en 1902 jusqu’à celui de Commandeur en 1930), il occupe de multiples fonctions, que ce soit en tant que membre de la chambre de commerce, de la chambre syndicale du cycle (qu’il fonde et préside) ou dans l’enseignement professionnel. Durant la Seconde Guerre mondiale, Mimard est intransigeant avec l’Occupant, auquel il refuse de fabriquer obus et armes. Il décède le 14 juin 1944, léguant à la Ville de Saint-Étienne la moitié de ses actions, trois ans avant que l’entreprise ne change de nom à des fins commerciales pour adopter celui qui restera gravé dans la mémoire collective : Manufrance.



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