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Pierre Boulez

Pierre Boulez

1925-2016

photo © Deutsche Grammophon / Jörg Reichardt


Pierre Boulez naît à Montbrison le 26 mars 1925. Léon Boulez, son père, est ingénieur. C’est vers l’âge de six ans que Pierre Boulez s’installe pour la première fois devant un piano. Il se familiarise par la suite avec la musique, notamment grâce à la chorale du petit séminaire de Montbrison. Après un passage en classe de mathématique au pensionnat Saint-Louis de Saint-Étienne, et en « maths spé » chez les Lazaristes de Lyon, il décide de se consacrer entièrement à la musique. Il échoue à plusieurs reprises aux concours d’entrée en classe de piano, à Lyon en 1942, puis à Paris en 1943, avant d’être reçu dans la classe d’harmonie d’Olivier Messiaen. Il découvre ainsi un nouvel univers musical : musique sérielle, musique électronique, musique aléatoire… Mais il conserve son esprit frondeur, n’hésitant pas à exprimer son rejet pour la musique de Messiaen.

En 1946, Pierre Boulez compose sa Première sonate pour piano alors qu’il travaille aux Folies Bergères, où il joue des ondes Martenot, un instrument électronique mis au point par Maurice Martenot, entre 1918 et 1928. Il intègre ensuite la compagnie Renaud-Barrault, avec laquelle il collabore entre 1946 et 1956 en tant qu’arrangeur et chef d’orchestre. Il organise avec Jean-Louis Barrault et dirige lui-même, faute de pouvoir rétribuer des chefs d’orchestre, les concerts d’avant-garde du « Petit Marigny ». Il se montre, de ses propres dires, très maladroit, n’ayant jamais eu à prendre la baguette auparavant.

Pierre Boulez remplace Hermann Scherchen en décembre 1957 et dirige pour la première fois un orchestre symphonique dans sa propre composition, Visage nuptial. Il remplace par la suite plusieurs chefs d’orchestre : Hans Rosbaud (1958), Hans Knappertsbusch à Bayreuth en 1965, décédé subitement lors d’une représentation du Parsifal de Wagner. En 1963, il dirige Wozzeck, d’Alban Berg, à l’Opéra de Paris.

Dans les années 1960, Pierre Boulez se montre très critique vis-à-vis de la vie musicale française. Quand en 1962 André Malraux, ministre des Affaires culturelles, lui préfère Marcel Landowski comme directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse pour réformer les institutions musicales, il quitte la France pour s’installer à Baden-Baden, en Allemagne. C’est dans ces années-là que se développe sa carrière internationale. En 1965, il dirige l’Orchestre de Cleveland, puis à partir de 1969, l’Orchestre symphonique de la BBC. En 1971, il est nommé directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York, succédant à Leonard Bernstein. Sa manière de diriger, qui contraste avec celle de son prédécesseur, lui attire parfois de l’hostilité.

En 1976, il dirige la tétralogie de Wagner L’Anneau du Nibelung, mise en scène par Patrice Chéreau. La production fait scandale à l’époque, mais est aujourd’hui bien mieux considérée. La même année, il revient en France et fonde l’Ensemble intercontemporain (EIC), soutenu par l’État, puis l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam), qui voit le jour en 1977. L’Ircam est un laboratoire associé au Centre Georges Pompidou. L’ancien président était un grand amateur de créations contemporaines.

En 1979, il dirige la version complète de Lulu d’Alban Berg à l’Opéra de Paris, dans une mise en scène de Patrice Chéreau. Douze ans plus tôt, il avait pourtant appelé à « dynamiter » l’institution.

À partir de la fin des années 1970, Pierre Boulez devient un personnage incontournable de la vie musicale française. Il est consulté lors de la réforme de l’ORTF, pour la construction à Paris de l’Opéra Bastille, un projet dont il se désengagera toutefois par la suite, et pour celle de la Cité de la musique. Dans les années 2010, il défend le projet de la Philharmonie de Paris, inaugurée en janvier 2015. Cette omniprésence sera parfois critiquée : on le qualifiera d’« Hitler de l’Europe musicale » (Ned Rorem) ou de « stalinien de la musique » (Pierre Schaeffer). Mais d’aucuns estiment qu’il a simplement su s’imposer là où la place était laissée libre. Loin de l’image du tyran, Pierre Boulez a également donné beaucoup de son temps aux étudiants en musicologie. Il décède à Baden-Baden le 5 janvier 2016, à l’âge de 90 ans.

 



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