À VOS CÔTÉS
Mars-Avril 2018
OPÉRATION ORCHESTRE À L’ÉCOLE

Apprentis musiciens

VIOLON, SAXOPHONE, PERCUSSIONS… DANS LE NORD DE LA LOIRE, 84 ÉLÈVES DE CYCLE 3 (CM1, CM2 ET 6E) APPRENNENT À JOUER D’UN INSTRUMENT SUR LES BANCS DE L’ÉCOLE. UNE EXPÉRIMENTATION CO-INITIÉE PAR LE DÉPARTEMENT ET LE CONSERVATOIRE DE ROANNAIS AGGLOMÉRATION. REPORTAGE.

Un mercredi parmi d'autres à l'école publique de Saint-Germain-Lespinasse. Il est 9 h 15, la classe de CM1-CM2 arrive dans la salle de répétition. Une partie des 25 élèves déposent leurs sacs. La séance va commencer. « Rentre plus les lèvres et pose bien tes dents. » Armelle, musicienne intervenante entourée de quatre professeurs du conservatoire, aide les élèves à installer leur matériel. Trompettes, flûtes traversières, percussions : les CM1 s'initient, aux vents tandis que les CM2 expérimentent les instruments cubains. Néna, 10 ans, a opté pour une conga, un grand tambour. « J'adore ! » s'exclame-t-elle. Rafaël, lui, a préféré le saxophone. « J'aime le son qu'il produit. C'est un instrument difficile, avec beaucoup de clés, mais ça me plaît de me lancer des défis. »

À LA PORTÉE DE TOUS

Nathalie Formé, l'institutrice, est ravie. « Les timides sortent de leurs coquilles, ainsi que les élèves scolairement plus en difficulté. » Elle se souvient notamment d'une écolière très réservée. « La première fois qu'elle a soufflé dans une trompette, ça a fait un énorme bruit. Elle est devenue toute rouge ! » Aujourd'hui, la fillette est bien plus à l'aise. « Et puis l'ambiance dans la classe est meilleure : la musique a apporté une cohésion de groupe. » Arthur, lui, a tellement apprécié l'initiation à la trompette qu'il a décidé de l'approfondir à l'école de musique de Saint-André-d'Apchon. Il y retrouve les mêmes professeurs : l'un des objectifs de l'opération est d'inciter les enfants scolarisés en zone rurale à s'inscrire dans une école de musique. « Nous faisons donc en sorte qu'il puisse y avoir une continuité d'enseignement dans le lieu le plus proche de leur domicile », explique Pascale Amiot, directrice du conservatoire de Roannais agglomération.

UN LANGAGE UNIVERSEL

Pendant ce temps, à Renaison, quatre professeurs du conservatoire s'activent à l'école du Colombier. Alors que certains enfants en situation de handicap sont accueillis en unité ULIS, la musique met tout le monde sur un pied d'égalité. Caroline, Laurence, Marie-Claire et Sylvie accordent violons, altos et violoncelles, pendant que les élèves se détendent dans la cour de récréation. « Je suis content quand
c'est le mercredi matin. J'avais un peu peur au départ, mais j'ai fait des progrès. Ça m'apporte de la confiance », témoigne Kilian, en CM1. Il est l'heure de chanter. « Articulez », lance Caroline. « On imagine qu'on a quelque chose de très chaud dans sa bouche. » Pascale Matray, professeur des écoles, écoute attentivement les conseils. Elle apprend le violon en même temps qu'eux. « Comme ça ils voient qu'on peut se tromper aussi ! » Midi : Arthur, Romane et leurs copains partent déjeuner. La maman de Léna se livre à quelques confidences. « Je ne sais pas si c'est lié, mais je trouve que ma fille a mûri depuis qu'elle fait du violoncelle. »

Vincent PoilletVincent Poillet, photographe

« J'ai voulu proposer un autre regard, inédit jusqu'à présent dans la mise en page du magazine. C'est un clin d'œil à mes débuts en tant que photographe. J'ai commencé la photo par la musique et le noir et blanc. Je trouve que les instruments passent très bien avec ce traitement. Les émotions ressortent également. Dans l'imaginaire collectif, tout le monde se représente l'univers des jazzmen en noir et blanc et la musique se prête bien à cette tonalité. »

Crédit photos : Vincent Poillet

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