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ÉPISODE 8

La Semaine du Cycle à Saint-Étienne

Stand de Manufrance

En 1925, dans un contexte de crise économique latent et sous l’impulsion de la Chambre Syndicale de l’Industrie des Cycles et Automobiles, est imaginé un Salon du Cycle qui se déroulerait dans « La patrie de la bicyclette », c'est-à-dire Saint-Étienne. Il faudra attendre deux ans et une assemblée extraordinaire de la Chambre Syndicale en février 1927 pour voir ce projet se réaliser.

Vue du Vélodrome d'Hiver

Traces d’Archives

En 1927 entre le 16 et le 25 octobre se déroula le premier Salon dédié à la petite reine dans « l’immense nef du Vélodrome d’Hiver ». Cette Semaine du Cycle et des Industries Mécaniques Régionales, comme elle fut ainsi nommée, avait pour objectif de mettre en avant la production locale, c'est-à-dire les constructeurs de cycles de la région stéphanoise. Ainsi durant une semaine chacun d’entre eux pouvait exposer à moindre frais ses produits, ses fabrications et ses innovations.

 

Deux albums photos issus du fonds Manufrance illustrent cette Semaine du Cycle à Saint-Étienne. Ils couvrent la première et la dernière des cinq éditions de ce Salon, c'est-à-dire celui de 1927 et de 1931. Les photographies ci-dessous proviennent de celui datant de 1927. Cet exemplaire a été envoyé à la Manufacture d’Armes et de Cycles à l’attention de Jean Fontvieille le 5 décembre 1927, ce dernier étant alors l’un des administrateurs principaux de la société et l’un des successeurs d’Étienne Mimard à la tête de l’entreprise. « Cet exemplaire, est non seulement destiné à perpétuer le souvenir de notre première Semaine du Cycle, mais il doit servir aussi, et c’est son but principal, comme élément de publicité. » Sur la photographie ci-contre, on remarque les différents stands des exposants, montés le long de la piste du Vélodrome.

Pour pouvoir exposer, les fabricants devaient avoir soit leur siège, soit leur usine, soit une agence à Saint-Étienne ou dans le département de la Loire. Ainsi, l’abondance des panneaux publicitaires et des différents noms de constructeurs illustre la richesse de la région dans ce secteur. La photographie ci-dessous montre en détail le stand de La Manufacture d’Armes et de Cycles : son emplacement et sa taille traduisent l’importance de la société dans le bassin stéphanois.

 

 


Stand de Manufrance

Le succès de cette manifestation est considérable, elle entraîne de nombreuses retombées économiques et une visibilité nationale, voire internationale, elle est donc logiquement reconduite l’année suivante. Cette réussite s’explique par le potentiel de la région mais également par l’organisation logistique et matérielle : la mise en place de cars reliant la gare de Châteaucreux au Vélodrome, l’organisation de concerts, de visites d’ateliers et d’usines dans la ville, de bureaux, de logements, de cabines téléphoniques, de bureau d’interprète… ont contribué à donner un rayonnement national à la Semaine du Cycles. Ainsi et malgré une forte concurrence de la Capitale comme en témoigne une circulaire Mimosa datant d’octobre 1927, la Semaine du Cycle prendra place dans le Vélodrome de Saint-Étienne durant cinq années consécutives.

 

En 1930, alors que le Salon est reconnu par Paris, la crise économique va durement toucher l’industrie du cycle en Europe, notamment en Grande-Bretagne. L’année suivante dans ce contexte délicat, Saint-Étienne va organiser sa dernière Semaine du Cycle, marquant le début des années difficiles pour l’une des activités majeures du bassin stéphanois au même titre que l’arme ou la mine.


Dossiers de correspondance

Avancement du tri

Suite au traitement du Service des Achats et grâce à la collecte d'informations auprès d’anciens employés de Manufrance, l'équipe traitant le fonds a décidé de se consacrer aux documents issus du secteur de la Production, soit approximativement deux cent cartons.

Le choix de la Production s'explique notamment par ses similitudes avec le service Achats. Les entreprises de ce secteur, contrairement au service Achats, ne fournissaient pas des produits finis mais des outils, des matériaux voire parfois des pièces permettant à la Manufacture de concevoir et de sortir de ses ateliers ses propres produits; on parle ainsi des produits manufacturés. Ce sont ces armes, ces cycles et ces machines à coudre qui ont fait la réputation de l'entreprise ligérienne en métropole mais aussi à l'étranger, le rôle joué par les fournisseurs fait donc partie intégrante de l’histoire de Manufrance. La photographie ci-contre illustre le nombre considérable des fournisseurs dans la partie production de l’entreprise. À cela s’ajoutent d’autres documents comme la correspondance, les instructions de la Direction industrielle ou les plans de production qui ont permis de comprendre la hiérarchisation et l'organisation des différents services dans ce secteur.


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