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Louis-Antoine Beaunier (1779-1835)

Les plans de l’Atlas Beaunier ont été dressés sous la direction de Louis-Antoine Beaunier. Ce personnage méconnu est un acteur majeur de la Révolution industrielle. Ses travaux ont contribué au développement de la région stéphanoise.

Extrait d'un plan Beaunier
Signature de Louis Antoine Beaunier, Atlas Beaunier, Archives départementales de la Loire, 8 S 418

Un ingénieur des mines

 

Louis-Antoine Beaunier est né à Melun en 1779. Il réussit le concours de l’école des Mines de Paris en 1795. Cette école formait les ingénieurs chargés de contrôler et favoriser la mise en valeur des mines dans le cadre d’une administration spécifique. Le territoire français est divisé en arrondissements minéralogiques en 1799. Beaunier a en charge une partie du Nord-Est de la France à partir de 1802. Il effectue parallèlement plusieurs missions de cartographie et de délimitation de territoires miniers notamment à Sarrebruck et Alès.

 

En 1812 et 1813, Louis-Antoine Beaunier est appelé dans la Loire pour dresser un plan général des bassins houillers de Saint-Étienne qui constitue l’Atlas Beaunier.

 

En février 1813, il est nommé directeur de l’école pratique des mines à Geislautern dans la Sarre. Il y mène des recherches et améliore la qualité de l’acier fondu. En 1815, il est obligé de quitter son poste car la France perd la Sarre.

 

Un nouvel arrondissement minéralogique lui est confié en 1816. Il est chargé, avec Louis de Gallois, de faire appliquer le régime légal des concessions et des exploitations dans le 12e arrondissement dont le siège est à Saint-Étienne. Il est aussi à l'origine de la création de  l’école des Mines de Saint-Etienne dont il devient directeur.


Ligne de chemin de fer de Saint-Etienne à Andrézieux, Atlas Beaunier, Archives départementales de la Loire, 8 S 418

Un industriel ligérien

 

Tout en poursuivant ses missions administratives, Beaunier devient entrepreneur et industriel. En 1817, il participe à la création de l’Aciérie de la Bérardière à Saint-Étienne qui produit des aciers de bonne qualité utilisés par l’armée. Il entreprend son œuvre la plus marquante à partir de 1823 : la construction du premier chemin de fer d’Europe continentale. Celui-ci permet l’acheminement de la houille de Saint-Étienne en direction du port d’Andrézieux sur le fleuve Loire. La ligne est terminée en 1827. La locomotive à vapeur n’est pas encore employée, Beaunier a recours à la traction hippomobile, c'est-à-dire la force des chevaux. Cette réalisation, suivie de la construction des tronçons Saint-Étienne-Lyon et Andrézieux-Roanne par Marc Seguin,  permet le développement du bassin stéphanois.

 

Louis-Antoine Beaunier est nommé inspecteur divisionnaire en 1824, puis Maître des Requêtes au Conseil d’État en 1830. Ces dernières fonctions l’éloignent de la Loire et il s’installe à Paris définitivement à cette date. Il y décède en 1835.

 

La contribution de Louis-Antoine Beaunier à la Révolution industrielle est primordiale. Ingénieur des mines il contribue à l’amélioration de l’extraction de la houille. Celle-ci est nécessaire à la production, par la machine à vapeur, de l’énergie  nécessaire au développement de l’industrialisation. Il est lui-même producteur d’acier, matériau emblématique de la première révolution industrielle. Enfin, il est pionnier dans le domaine des transports : le chemin de fer a favorisé l’essor de l’industrie.


Bibliographie

 

BONNARD, Robert Alexandre de. Notice nécrologique sur M. Beaunier, inspecteur général des mines. In Annales des mines.  Troisième série, Tome VIII, 1835. Paris : Carilian-Goeury, 1835. p 515-540. En ligne sur le site des Annales des Mines.


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