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La guerre à travers la correspondance de la famille Petit de Saint-Etienne

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Correspondance de la famille Petit (1NUM169)

La famille Petit habite à Saint-Etienne, au 10 rue Saint-Roch (aujourd'hui rue Antoine Durafour). Pendant la guerre, elle est composée de Pierre Marie Régis Petit, armurier (Saint-Bonnet-le-Coureau, 1872), de sa femme, Anna, et de leur fils, Jean, écolier (Saint-Etienne, 1903 – Saint-Jean-Bonnefonds, 1982).

Pierre n'est pas parti au front. En 1893, il a été exempté pour « faiblesse générale ». Il n'a pas été rappelé, en 1914, comme les autres réservistes de sa classe. En revanche il est mobilisé, le 3 janvier 1916, pour être détaché à la Manufacture nationale de Saint-Etienne pour y produire des armes (voir son matricule).


Carte postale envoyée par Antoine Gourbeyre à Jean Petit (1NUM169)

Les correspondants de la famille Petit

Plusieurs soldats écrivent à Pierre et Jean Petit, essentiellement des amis de Pierre.

Antoine Barthélemy Gourbeyre, né à Saint-Etienne en 1878, est un proche de Pierre. Il est témoin de son mariage et présent lors de la déclaration de la naissance de son fils.

Il est mobilisé, dès le 1er août 1914, et affecté au 102e Régiment territorial d'infanterie puis au 279e Régiment d'infanterie, le 16 novembre 1915 (voir son matricule).

Un autre ami, Henri Oriol, armurier né en 1889 à Saint-Etienne, a rejoint le 38e Régiment d'infanterie, en août 1914, puis le 75e Régiment d'infanterie, le 4 mai 1915. Il est nommé caporal. Il part pour les Dardanelles en 1915, via la Tunisie et l'Egypte. Il disparait, le 8 mai 1915, après la bataille de Sedd-Ul-Bahr, près de Galipolli en Turquie (voir son matricule).

M. Dupuy, caporal armurier du 105e Régiment d'infanterie est un collègue de travail de Pierre.

D'autres soldats comme Antonin et Jean Bouchand, Léopold Picard ou le frère de Pierre ont écrit quelques lettres.

 

 


Carte postale envoyée par Antoine Gourbeyre à Jean Petit (1NUM169)

La description de la guerre

Antoine Gourbeyre écrit à Jean Petit, au dos d'une carte illustrant un village en ruine : "Tu vois comme c'est beau la guerre ! Bons baisers de la part d'un vieux poilu qui espère bien que tu ne verras jamais cela !! ".

Ce mot laisse penser que la réalité de la guerre est bien connue des civils grâce aux descriptions des soldats et aux cartes postales.

Cependant les illustrations montrent surtout les dégâts matériels causés pas les Allemands dans les nord et l'est de la France. Elles ne représentent pas la réalité du front et des batailles.

Les messages des soldats sont très courts. La place est limitée sur les cartes postales. Les hommes vont à l'essentiel : rendre compte de leur santé. Antoine Gourbeyre écrit le 28 novembre 1914 : "Cher ami. Je vais très bien et je te serre cordialement la main à toi et à toute ta famille". Les descriptions des conditions de vie sont très peu développées et concernent essentiellement le climat.

Le courrier arrive lentement et est très attendu. Le soldat  Dupuy remercie Pierre Petit pour sa lettre. Il n'a pas reçu de lettres de sa femme et de son frère depuis 15 jours. Les colis permettent aussi l'envoi d'objets comme un briquet au soldat Bouchand.

La censure est la principale cause de ce silence sur la réalité de la guerre (pour en savoir plus : voir le site des Archives du Pas-de-Calais). Elle ne peut que renforcer l'incompréhension entre les soldats au front et les civils à l'arrière. Cependant la correspondance contribue à maintenir un lien.

Ces écrits ne donnent qu'une vue partielle des réalités de la vie du front, mais ils nous renseignent sur les rapports entre les soldats et leurs proches.

Et par petites touches, l'opinion des soldats se dévoile, sans doute en échappant à la vigilance de la censure, comme en témoigne la lettre d'Antoine Gourbeyre à Jean Petit.


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