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Etienne Berthon, un poilu peintre, poète et amoureux

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Autoportrait d'Etienne Berthon (1NUM173)

Etienne Berthon est né le 26 décembre 1878 à Saint-Rémy-en-Rollat dans l'Allier. Il est boucher à Bellerive-sur-Allier, lorsqu'il se marie avec Marie Catherine Arnoux, de La Tour-en-Jarez, le 16 mars 1903. Il s'installe ensuite à Saint-Etienne, où il tient la boucherie du centre, 12 rue de la Bourse.

Etienne Berthon a été mobilisé le 2 août 1914. Il rejoint le front en octobre 1914 dans la Somme, puis dans l'Oise et l'Aisne.

Il revient, après la guerre, à Saint-Etienne où il réside jusqu'à sa mort en 1946.

 

 


Ange pleureur de la cathédrale d'Amiens (1NUM173)

Les archives d'Etienne Berthon

Etienne Berthon a laissé des documents et des objets qui révèlent ses talents artistiques.

Tout d'abord, il a peint deux autoportraits : le premier, en soldat, le second, en fumeur de pipe. Ces oeuvres ont été  réalisées lorsqu'il est mobilisé : elles sont peintes directement sur du bois et les cadres ont été grossièrement cloués. Il s'agit d'une forme d'artisanat de tranchée.

Etienne Berthon a également réalisé le portrait de son beau-frère, Louis Marius Arnoux, mort pour la France.

Il a tenu un carnet, illustré de quelques dessins : l'ange pleureur de la cathédrale d'Amiens, le général Joffre et un canal.

Mais ce carnet nous dévoile une autre facette du personnage : il écrit des chansons ou des poèmes. Plusieurs thèmes sont abordés : un hommage aux infirmiers, l'éloignement de sa famille, la nourriture, les hommes restés à l'arrière...

Mais l'amour est son sujet de prédilection, témoignant des difficultés des soldats à vivre séparés de leurs femmes.

Etienne Berthon chante l'amour de sa femme, parfois avec sensualité :

"Bien loin de toi, de ton parfum, l'esprit travaille

En y songeant, je me souviens, des doux instants

où enlacés, en des baisers, mon coeur canaille

avec transports, semait en toi, nos chers enfants".

Enfin tous ses sentiments sont résumés dans une lettre d'adieu à sa femme, à lui faire parvenir, s'il meurt au front.


Carnet d'Etienne Berthon (1NUM173)

La lettre d'Etienne Berthon à sa femme

 

Ecluzier (Somme)

le 18 octobre 1914

Etant en campagne sur le front du combat j'ignore quel sort me sera réservé, si je meurs je demande à ceux qui me relèveront qu'ils soient Français, Allemands ou civil de faire parvenir à ma femme Madame Berthon à Vendat Allier [puis] 13 rue Gambetta Saint-Étienne ce carnet, ma montre, mon porte-monnaie. Ce serai un service que je rendrai moi même à quiconque me le demandera et que l'on ne peut refuser même à un ennemi ce dernier étant tombé.

Chère femme

L'heure est grâve pour nous, il faut s'attendre à mourir d'un instant à l'autre, j'espère que cela ne viendra pas mais, c'est sain de corps et d'esprit que j'écris ces quelques lignes espérant qu'elles te parviendront. Je ne fais pas de testament. Je ne te demande qu'une chose c'est de vivre pour nos chers petits, te faire une raison, te surmonter et rester ce que tu as toujours été une bonne mère comme tu as été une bonne épouse.

Je t'ai aimée et t'ai vénérée, à l'heure grave que nous vivons, mon cœur entier va vers toi et mes chers enfants.

Faites-vous une vie heureuse si possible, accepte les circonstances qui te seront favorables pour réaliser cette chose, même si tu devais contracter une autre union.

Je te laisse absolument libre d'agir selon les circonstances que tu jugeras et mon estime te sera toujours acquise.

J'embrasse mes petits anges, si je meurs ce sera dans l'espoir que ma mort aura servi à leur faire la vie plus facile et qu'eux au moins seront heureux.

Adieu à tous, votre souvenir me guide et je suis soulagé de vous avoir dit ce que ressent mon cœur.

Votre mari et papa qui vous aime plus que tout au monde

E Berthon

Adieu aussi à mes parents je leur souhaite une vieillesse tranquille et que mon père un vétéran ayant vécu l'année terrible sache que son fils est mort sans peur et sans reproche.


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