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Trésors d'Archives

Le dessin humoristique comme objet de réconfort des poilus

Dessin humoristique illustrant le menu de Noël à l’hôpital Pupier à Saint-Étienne en 1917 par Francisque Poulbot (1879-1946).

Archives départementales de la Loire, cote 1 J 1612
Archives départementales de la Loire, cote 1 J 1612

Cote : 1 J 1612

Analyse matérielle : dessin imprimé en couleur, 19 x25 cm.

Pour voir le document en ligne : cliquez ici


Pendant la Première Guerre mondiale, la Loire est loin du front. Cependant, les Ligériens jouent un rôle essentiel en accueillant et soignant les soldats blessés, mutilés ou malades.

Plusieurs hôpitaux provisoires sont aménagés dans ce sens. Des établissements scolaires sont ainsi réquisitionnés, tout comme des établissements industriels comme les usines Épitalon ou des frères Giron, ou encore la chocolaterie Pupier.

Joseph Pupier avait commencé à construire à partir de 1910 une toute nouvelle usine pour la fabrication de chocolat dans le quartier Bellevue. En décembre 1915, bien que l’usine ne soit pas complètement achevée, Pupier met son usine à disposition de la Croix-Rouge pour devenir l’hôpital auxiliaire n°6 et accueillir le service de grande chirurgie. Quatre mois seront nécessaires pour l’aménager et offrir une capacité 250 lits. Le premier convoi de blessés est accueilli le 1er mai 1916 ; 2606 blessés seront accueillis jusqu’en 1918.

Pour le repas de Noël de 1917, un menu illustré de manière humoristique par Poulbot est imprimé. Francisque Poulbot, illustrateur célèbre depuis le début du XXe siècle par ses croquis de gamins des rues de Montmartre, est mobilisé à Paris en 1914. Réformé en 1915, il poursuit cependant le combat avec son talent d’artiste, l’image devenant un support patriotique par excellence. Il ne peint pas la guerre comme d’autres artistes, mais dessine le quotidien de l’arrière sous forme d’affiches ou de dessins de presse. Il réalisera ainsi plus de 130 croquis.

Noël est un moment particulier dans la vie d’un soldat qu’il soit au front ou à l’hôpital, loin de sa famille. Aussi, retrouver un peu de légèreté à ce moment de l’année est bienvenu. À travers le menu de 1917, Poulbot ne met pas en avant l’atrocité des blessures mais par son aspect humoristique avec des soldats joyeux qui ne se portent pas si mal, il apporte réconfort aux blessés et rassure les familles.

Poulbot reçoit pour son engagement avec ses dessins la légion d’honneur en 1920. Il décède en 1946 et est inhumé au cimetière de Montmartre.



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