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Trésors d'Archives

Fiches d’étrangers

Fiches individuelles d’étrangers établies par le commissariat de Saint-Étienne (1920 et 1929).

Archives départementales de la Loire, cote 4 M 1101_138
Archives départementales de la Loire, cote 4 M 1101_138

Cote : 4 M 1101/138

Analyse matérielle : fiche cartonnée, 22 x 15 cm, comprenant une photographie (noir & blanc).

Pour voir le document en ligne : cliquez ici

 

 

La volonté de contrôle des étrangers arrivant dans une ville ou une province est assez ancienne, bien antérieure à la Révolution française. Mais c’est sous la Troisième République, lorsque le flux migratoire augmente et que s’étendent conséquemment les pouvoirs de police, que se renforce cette surveillance à partir de plusieurs dispositions législatives. Le décret du 2 octobre 1888, qui ne s’applique qu’aux chefs de famille (hommes), oblige les étrangers qui résident en France à déclarer sous quinzaine leur présence auprès des autorités municipales. Toutefois, cette mesure n’est pas jugée satisfaisante puisque les « étrangers provisoires » comme les étudiants, religieux ou travailleurs saisonniers, échappent à cet enregistrement.

Ainsi la loi du 8 août 1893 étend ces prérogatives à l’ensemble des étrangers (hommes, femmes et mineurs exerçant une profession), sous huitaine. Cette loi a pour vocation d’améliorer le contrôle et la régulation de la main d’œuvre étrangère qui reçoit, après enregistrement auprès des autorités municipales, un certificat d’immatriculation lui permettant d’exercer un travail. Des fiches individuelles sont tenues auprès des commissariats et, à partir de 1914, on renforce le contrôle en ajoutant une photographie afin de mieux identifier les individus.

Le fichier s’organise par nationalité et les informations renseignées au recto du document comprennent l’état civil, la profession, la date d’arrivée sur le territoire, la provenance et l’adresse. L’intérêt principal de ces fiches est de tenir lieu de déclaration de résidence. On trouve donc au verso les différentes adresses de la personne, si celle-ci est restée sur le territoire.

Les Archives départementales de la Loire conservent ainsi plusieurs milliers de fiches d’étrangers dont une majorité concerne des Espagnols, des Polonais et des Italiens. Parmi ces derniers, on remarque celles d’Amélia et d’Alessandro Cardin, sœur et père de Pierre Cardin. Le prénom du célèbre couturier est cité sur la fiche de son père. Notons également la présence du Chinois Tchaoseyen Johnson (Zhao Shiyan), connu dans son pays pour avoir été l’un des membres fondateurs du Parti communiste chinois. Sa présence à Saint-Étienne s’inscrit dans le mouvement Travail-Études initié en 1912, et surtout à partir de 1920. Ce mouvement encourageait des étudiants de ce pays à venir en France pour s’imprégner de valeurs républicaines et de nouvelles cultures. Mais le contexte économique de l’après-guerre provoqua une hausse du chômage, favorisa de bas salaires, renforçant ainsi les convictions politiques d’une partie des étudiants préalablement séduits par les idées anarchistes ou socialistes.



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