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Trésors d'Archives

Fiches du personnel de MANUFRANCE

Fiches de personnel ayant travaillé à Manufrance entre 1917 et 1968

Archives départementales de la Loire, cote 63 J 831_008

Cote : 63 J 831

Analyse matérielle : fiches en papier cartonné, 15 x 6 cm chacune.

Pour voir les documents en ligne : cliquez ici


En 1885, Étienne Mimard (originaire de Sens dans l’Yonne, 1862-1944) et Pierre Blachon (1856-1914) fondent la Manufacture française d’armes de Saint-Étienne, puis reprennent l’atelier Martinier-Collin, situé place Villeboeuf, et ses 25 employés.

Grâce au rapide succès rencontré par les produits de la Manufacture, notamment le fusil de chasse l’Idéal, l'entreprise emploie 150 employés en 1889 et incite ses fondateurs à déménager leur site sur le cours Fauriel. L’effectif dépasse le millier en 1900, pour atteindre 1750 salariés en 1904, et plus de 2000 en 1905, au fur et à mesure de l’agrandissement de l’usine qui couvre progressivement une superficie de 40 000 m².

L'activité de l'entreprise se diversifie : outre les armes, les ouvriers produisent également des cycles ainsi que de multiples articles de pêche, de chasse et des machines à coudre. La distribution de ces produits se fait par le biais d’un catalogue, le Tarif-Album, et par l’ouverture de dizaines de magasins en France et près de quelques centaines d’agences dans les colonies françaises.

Misant sur la qualité, la devise de Mimard est "Bien faire et le faire savoir". Pour cela, l'entreprise "modèle" se dote d'un personnel "modèle". Elle dispose d'un vivier d'ouvriers qualifiés, certains étant débauchés d'autres armureries, comme la Manufacture nationale d'armes de Saint-Étienne. Mais c'est l'ensemble des employés qui, dès l'embauche, est scruté, surveillé et jugé. Pour ce faire, un fichier est créé, où sont inscrites des annotations sur le niveau intellectuel, l'état de service, la date d'arrivée et les raisons expliquant le départ de chaque salarié. Ce contrôle du personnel témoigne bien du paternalisme de ses fondateurs.

Mais la tenue de ce fichier se poursuit bien après la mort de Mimard, jusqu'en 1981. Malgré les difficultés économiques liées à l'après-Seconde Guerre mondiale et à la rude concurrence, l'entreprise, devenue Manufrance en 1947, emploie jusqu'à 4000 salariés. En 1980, une première liquidation judiciaire est prononcée par le Tribunal de commerce de Saint-Étienne. La seconde liquidation de 1985 sonne le glas d'une entreprise qui a existé pendant près de cent ans et qui a été une vitrine du savoir-faire stéphanois. 


Bien que non exhaustif, le fichier du personnel que nous conservons comprend des milliers de fiches aux annotations originales. Notons la présence d’Amélie Cardin, sœur du célèbre couturier Pierre Cardin, ainsi que la fiche consacrée à Robert Cancet, qui fut meilleur ouvrier de France (M.O.F) en tant qu'ajusteur en 1936. Il devint ensuite inspecteur général dans diverses académies, directeur technique du cabinet d'André Morice, secrétaire d'État à l'enseignement technique, et présida la Société des M.O.F de 1949 jusqu'à sa mort en 1961. Son action permit de structurer le mouvement, de le développer partout en France, en faisant élire des délégués départementaux, si bien que la société des M.O.F obtint la reconnaissance d'utilité publique dès 1952. Un trophée porte son nom depuis 1994, ainsi qu’une rue à Saint-Étienne.



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