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Trésors d'Archives

Massacre à Montbrison (14 juillet 1562)

Estampe représentant la prise de la ville de Montbrison, au pays de Forez, au mois de juillet 1562 (titre original en allemand).

Archives départementales de la Loire, cote 1 Fi 33
Archives départementales de la Loire, cote 1 Fi 33

Cote : 1 Fi 33

Analyse matérielle : estampe, 53,5 x 37 cm, eau forte.

Pour voir le document en ligne : cliquez ici


La présente estampe est extraite d’un recueil intitulé : Histoires diverses qui sont mémorables, touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France en ces dernières années, par Jacques Tortorel et Jean-Jacques Perrissin, publié en 1569. C’est ici la version allemande du document dont le titre français est : La Prinse de la ville de Montbrison au pays de Forest au mois de juillet 1562.

L’évènement décrit par ce document est un des nombreux épisodes sanglants des guerres de Religion en France au XVIe siècle. Il prend place à Montbrison alors capitale du comté de Forez, province récemment rattachée au royaume de France. Cette cité de 4 à 5 000 habitants en déclin n’est alors que l’ombre d’elle-même, vivant dans la nostalgie de fastes passés. Néanmoins il est à noter un fort attachement de la plupart des Montbrisonnais à la religion catholique, malgré la présence d’une petite communauté protestante dans la ville.

Nous sommes au début des guerres de Religion, sous le règne de Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis. Après le massacre de Wassy en mars, les protestants se soulèvent dans tout le royaume. François de Beaumont, baron des Adrets, gentilhomme dauphinois récemment converti au protestantisme, est à la tête de ses coreligionnaires. Homme de guerre endurci par les Guerres d’Italie, il débute une chevauchée meurtrière en avril 1562, au départ de Valence et en passant par Lyon. Là, il apprend l’existence du bastion catholique qu’est alors le Forez, où les protestants sont persécutés. Le 8 juillet, il décide de marcher à la tête de 4 à 5 000 hommes sur Montbrison. Sur son passage, il ravage Feurs. Le 13 juillet, il est devant la capitale forézienne. Le lendemain, il bombarde les remparts avec les cinq canons représentés sur la gravure. Une brèche s’ouvre, puis une seconde et les troupes protestantes s’engouffrent dans la ville. La résistance de la garnison est faible. Montbrison est mise à sac, les églises pillées et saccagées. Un massacre de la population s’engage alors au crie de Tue ! Tue ! Entre trois et huit cents personnes sont passées par les armes. Comme prolégomènes au massacre de la Saint-Barthélémy, dix ans plus tard, on défenestre les personnes présentes dans le donjon de la ville, comme indiqué sur le document. Le baron des Adrets quitte la ville le 16 juillet, mais elle est occupée par les huguenots jusqu’à leur départ le 7 septembre. Malgré un manque flagrant de réalisme, ce document n’en demeure pas moins un témoignage précieux sur les guerres de Religion en Forez.



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