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Trésors d'Archives

La photographie comme outil d’étude et de préservation du patrimoine

Photomontage reproduisant le décor de la chapelle du château de la Bâtie d’Urfé, réalisé par Félix Thiollier (vers 1886).

Archives départementales de la Loire, cote 30 Fi 7_28

Cote : 30 Fi 7/28 

Analyse matérielle : photomontage, tirage sur papier, 25 x 31,5 cm.

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Archives départementales de la Loire, cote CHDIVDEM 80

Cote : tiré-à-part de Le Forez pittoresque et monumental : histoire et description du département de la Loire et de ses confins [Bibliothèque historique, BH1108/2 ]

Analyse matérielle : tiré-à-part sur papier.

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À la fin du XIXe siècle, le château érigé au XVe siècle par la famille d’Urfé, et transformé par le gouverneur Claude d’Urfé (1501-1558) dans un style inspiré de la Renaissance italienne, est à l’abandon. Son mobilier et son décor ont été dispersés tandis que le bâtiment se dégradait peu à peu. Ainsi, le décor de la chapelle, un chef d’œuvre de marqueterie commandé vers 1547 par Claude d’Urfé à l’artiste bolonais Fra Damiano da Bergamo (1490-1549), a été démonté et vendu. Il se trouve aujourd’hui au Metropolitan Museum de New York.

Le Stéphanois Félix Thiollier (1842-1914) utilisa la photographie et le photomontage pour reconstituer ce décor dans la chapelle qui en est désormais privée. Cet érudit, historien amateur, avait participé en 1851 à la mission héliographique commandée par la Commission des monuments historiques, et dont le but était d’inventorier, sous forme d’images, 175 édifices considérés comme emblématiques du patrimoine historique national, à une époque où il n’existait pas de réelles mesures de protection. Tout ce que l’on pouvait faire était inventorier, recenser, photographier et documenter.

C’est durant la Révolution, en 1790, qu’est utilisé pour la première fois le terme de « monument historique » (Aubin-Louis Millin), et que sont prises les premières mesures visant à protéger du « vandalisme » (Abbé Henri Grégoire) révolutionnaire les bâtiments, ainsi que les œuvres et les archives héritées de l’Ancien régime, mais jugées comme appartenant à la Nation toute entière. C’est cette idée qu’exprimera plus tard Victor Hugo dans son pamphlet Guerre aux démolisseurs ! (1832) : « Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté, à tout le monde. »

En effet, il faut attendre 1913 pour qu’une loi offre une vraie protection aux monuments, et en particulier aux bâtiments appartenant à des propriétaires privés. Avant cette loi du 31 décembre 1913 relative aux monuments historiques, qui permet le classement par l’État d’un édifice et d’empêcher toute destruction ou modification sans son accord, chaque propriétaire était libre de faire ce qu’il entendait. Ainsi tout au long du XIXe siècle, de nombreux châteaux, mais également des églises, des abbayes ou des bâtiments anciens, furent démantelés ou détruits de manière tout à fait légale, comme ce fut le cas pour le château de la Bâtie d’Urfé.




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