DOSSIER
Novembre-Décembre 2019
Répit

Prenons soin de nos aidants

ILS JOUENT UN RÔLE MAJEUR DANS L’ACCOMPAGNEMENT DE LEUR PROCHE ÂGÉ OU HANDICAPÉ : LES AIDANTS, NOTAMMENT FAMILIAUX, SONT UN DES MAILLONS FORTS DU MAINTIEN À DOMICILE. CONGÉS, DROIT AU RÉPIT, FORMATIONS…UNE SÉRIE DE MESURES VISE À LIMITER LEUR ÉPUISEMENT. ÉTAT DES LIEUX DANS LA LOIRE.

Un temps quelque peu oubliés de l'aide à l'autonomie, les aidants occupent désormais une place stratégique dans la lutte contre la dépendance. Face au vieillissement de la population, au manque de places dans les établissements spécialisés et à l'allongement de la durée de vie, ils semblent être une réponse de notre société pour garantir la meilleure qualité de vie possible à nos aînés ou à nos proches en situation de handicap. Pour autant, la charge est lourde et il n'est pas toujours aisé d'en mesurer l'impact avant d'endosser ce rôle. Pas facile en effet de concilier vie privée, vie professionnelle et accompagnement de la personne malade, bien souvent bénévolement, tout en se préservant, surtout quand on est encore actif. Si la moyenne d'âge des aidants est de 53 ans, la moitié d'entre eux exercent encore une activité professionnelle et certains sont particulièrement jeunes : dans l'Hexagone, 500 000 aidants n'auraient pas encore atteint la majorité.

chiffre-dossier-aidantsDE NOUVEAUX DROITS

Beaucoup ignorent leurs droits, voire leur statut, souvent par méconnaissance, parfois par déni. Accepter l'aide ne va pas toujours de soi. Pourtant, toute personne qui « accompagne un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance à autrui pour les gestes de la vie quotidienne » est considérée comme aidant. Alors que viennent d'être célébrés les dix ans de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre dernier, les dispositifs d'accompagnement à leur égard se renforcent. Le gouvernement a annoncé cet automne l'indemnisation du congé proche aidant. Il était déjà en place mais n'était pas rétribué. Dès octobre 2020, ceux qui accompagnent un parent atteint de dépendance pourront ainsi aménager leur temps de travail, réduire ou interrompre leur activité pendant trois mois avec une compensation financière de 43 à 52 euros par jour. Pas toujours connu, le droit au répit permet aussi à certains aidants de dégager du temps pour eux pendant que leur parent, enfant, ou conjoint est pris en charge. Une pause salutaire.

LES ACTIONS DANS LA LOIRE

Sur notre territoire, la Maison Loire autonomie peut accompagner l'entourage familial avec des actions complémentaires à celles de l'État. Soutenir les aidants est devenu une priorité de notre collectivité. Prestations, services, soutien psychologique... Plusieurs démarches ont été mises en place dans le cadre du Schéma départemental de l'autonomie 2017-2021 (voir guide pratique). Sans oublier les formations et les conseils de spécialistes, puisque l'aide ne s'improvise pas et que certains gestes relèvent de soins professionnels. L'offre des associations locales et leur soutien s'avèrent également précieux. Sur notre territoire, deux plateformes d'accompagnement et de répit peuvent notamment guider le couple aidants-aidés, Aloess dans l'Ondaine (voir artcile correspondant) et le Pôle de coopération intergénérationnelle dans la vallée du Gier. Objectif : ne laisser personne seul face à la dépendance, ni les malades, ni leurs proches. Car les conséquences peuvent être dévastatrices pour celui qui aide. Un aidant sur cinq risque le burn-out ; un sur trois décède même avant le proche aidé de 60 ans ou plus. Et l'enjeu est de taille : nous avons été, nous sommes ou nous serons tous aidants un jour.

QUI EST L'AIDANT FAMILIAL ?

UN FRANÇAIS SUR SIX ACCOMPAGNE AU QUOTIDIEN UN PROCHE EN SITUATION DE DÉPENDANCE.
AVEC LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION, EN 2030, UN ACTIF SUR QUATRE SERA AIDANT.

58 % sont des femmes (70 % dans la Loire) 52 % exercent une activité professionnelle en parallèle 30 % ont dû aménager leur vie professionnelle 75 % sont anxieux et fatigués physiquement 25 % prennent sur leurs congés pour aider leur proche  10 % ont eux-mêmes plus de 75 ans

 

Pour la société française, la contribution des proches aidants représente 11 milliards d’euros par an d’économies.

Sources : OCIRP – DRESS – Université Paris-Dauphine

BrunelAnnick Brunel
Vice-présidente chargée de l'autonomie

"L'engagement de l'aidant familial entraîne parfois des dépenses importantes, ainsi que de l'épuisement physique et moral. C'est pourquoi l'aide aux aidants est l'une des priorités du Département. Notre collectivité attribue plus de 2,9 millions d'heures d'aides aux personnes âgées, dont 83 % réalisées par des services prestataires et 15 % en emploi direct."

Bonus WebLe saviez-vous ?

Les plateformes d'accompagnement et de répit sont un établissement médico-social bénéficiant d'une autorisation du Département et de l'Agence régionale de santé. Il n'en existe que deux dans la Loire. D'autres associations ou structures peuvent proposer de l'accompagnement pour les aidants, mais ne sont pas des plateformes d'accompagnement et de répit en tant que tels.

Crédit photo : Hubert Genouilhac


Maison Loire autonomie
www.loire.fr/mla
Tél. 04 77 49 91 91 (numéro unique et gratuit)

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