DOSSIER
Novembre-Décembre 2019
Aidants

L'heure du répit avec Aloess

Dans la Loire, deux plateformes de répit apportent aux aidants réconfort, détente et soutien. Des lieux où ils peuvent venir seuls ou avec le proche accompagné. Reportage au Chambon-Feugerolles.

Offrir aux proches de personnes dépendantes des moments conviviaux ou leur permettre de faire une pause, tel est l'objectif d'Aloess, une plateforme de répit installée dans la vallée de l'Ondaine. « Nous ciblons principalement les aidants familiaux qui accompagnent à domicile un parent atteint d'une maladie de la mémoire de type Alzheimer, indique Marie Moulin, coordinatrice et psychologue. Notre dispositif vise à éviter leur épuisement et à diminuer leur stress et leur anxiété. » Il est financé par l'Agence régionale de santé, et soutenu par le Département. La structure, qui intervient sur la filière gérontologique Ondaine et Haute- Loire nord-est, accueille une soixantaine de nouveaux aidants par an.

CONVIVIALITÉ ET DÉTENTE

Méditation, sophrologie, groupes de parole, activités de bien-être, art-thérapie, cuisine, sorties : la structure leur propose de nombreuses activités. S'ils souhaitent du répit, les aidants peuvent choisir de venir seuls ; pendant ce temps, la personne aidée est prise en charge, même à domicile dans certains cas. D'autres préfèrent venir accompagnés du proche qu'ils assistent afin de vivre avec lui des moments privilégiés. « Nous souhaitons que chacun puisse trouver son compte et proposons pour cela des formules hyper-personnalisées. » Une faible participation peut être demandée, en fonction du type d'activité et de la prise en charge.

UNE MAIN TENDUE À ACCEPTER

Pourtant, pas toujours facile de pousser la porte de cette plateforme. Certains ignorent qu'ils sont aidants, d'autres refusent d'être accompagnés ou se montrent trop fatigués pour venir... « Nous contacter, c'est déjà un très grand pas ! La peur du regard des autres est parfois très forte, le déni aussi. » À leur écoute sur ce secteur, une équipe de neuf professionnels, spécialement formés pour les assister, répondre à leurs interrogations et leur réapprendre à se faire plaisir. « Nous leur permettons de prendre du recul, les conseillons sur ce qu'ils peuvent mettre en place ou pour décrypter les différentes phases de la maladie de leurs proches. Nous pouvons aussi travailler sur la relation du couple patient-malade lorsque le lien est grignoté. » Un bénéfice ressenti par tous, comme Jean-Claude : « Ma mère attend ce jour impatiemment et va mieux lorsqu'elle vient ici. »

Paroles d'aidants

Jean, 73 ans : "Je suis plus zen le jour où mon épouse est ici. Le personnel est très compétent et à l'écoute."

Jean-Claude, 67 ans : "Ma mère est toujours contente de venir et moi, je rencontre beaucoup de monde. C'est super sympathique. On a même fêté Noël ensemble."

Martine, 63 ans : "Ça nous permet de souffler et de penser à autre chose. Pour ma maman, c'est un peu notre deuxième famille."

REPÉRER LES SIGNAUX D'ALERTE

Audrey Viricel-Françon
Travailleur médico-social

"Lors de nos visites à domicile de type Allocation personnalisé d'autonomie (APA), on peut repérer des membres de la famille épuisés. Ils le verbalisent par des paroles comme "Je n'en peux plus", "Je ne peux pas tout faire". Il arrive aussi que certains pleurent. Nous disposons d'un questionnaire avec une grille d'évaluation qui permet d'évaluer leur niveau d'épuisement. Parfois, certains n'expriment pas leur mal-être sur le moment : la parole se libère au téléphone ou quand le parent n'est pas à côté. Il faut accepter de lâcher prise et certains ont du mal."

Crédit photo : Hubert Genouilhac


Tél. 04 77 61 65 06
www.aloess.org

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