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Mars-Avril 2020
SOCIAL

Des femmes d'honneur

Dans la Loire, quatre assistantes sociales du Département travaillent en complémentarité avec les forces de l’ordre. Leur point commun ? Protéger. Créé en 2007 entre l’État et notre collectivité, ce dispositif permet d’orienter les victimes dont la situation ne relève pas uniquement d’une réponse policière.

La sécurité publique d'un côté, le service social de l'autre. Depuis cinq ans et dans le respect des missions de chacun, Marie-Claire Dumont fait l'intermédiaire entre deux mondes qui luttent contre la violence. Avec cette assistante sociale dans les locaux, le commissariat de Saint-Chamond prend tout son sens. « Policiers et gendarmes voient toute la misère du monde. Ils sont présents pour protéger. Ils n'ont pas forcément de solution sociale adaptée », souligne Marie-Claire. Comme elle, trois autres assistantes sociales apportent leur expertise en commissariat et en gendarmerie. Elles interviennent sur l'ensemble du Département.

INFORMER POUR AGIR

Victimes de violences conjugales, personnes vulnérables, mineurs en situation difficile... « Les victimes sont toutes de classes sociales et d'âges différents. Aucune histoire ne ressemble à une autre. » Chaque jour, le commissaire et les commandants de police étudient les interventions, les dépositions et confient à Marie-Claire celles qu'ils jugent prioritaires. Cette dernière se charge ensuite d'organiser une rencontre avec la victime au plus vite. Il arrive que les agents de police glissent la carte de visite de l'assistante sociale aux personnes violentées. Certaines d'entre elles appellent rapidement. D'autres, longtemps après. « C'est difficile, elles ont honte et se sentent coupables. Elles veulent protéger la cellule familiale. Ces personnes sont souvent très fortes. »

DES SOLUTIONS ADAPTÉES

Gratuits, confidentiels, les entretiens aident également les femmes et les hommes à surmonter des situations compliquées et à faire valoir leurs droits. Ils permettent aussi d'avoir un regard global sur la famille. Dans le cadre d'une convention signée entre les forces de l'ordre, l'État et le Département, ce dispositif contribue à la détection d'un nouveau public : « 60 % des victimes reçues en 2019 n'étaient pas connues de nos services », précise Marie-Claire Dumont. Cette dernière propose des solutions adaptées aux diverses situations. Par exemple, elle prend rendez-vous avec une sage-femme de la PMI s'il s'agit d'une femme enceinte. Elle oriente les victimes vers des associations, hébergements et des services partenaires du territoire : SOS Violences conjugales, association Sauvegarde 42, hôpital, etc. Les victimes se sentent écoutées, soutenues et orientées. Avec quelques cartes en main, elles partent alors emprunter un nouveau chemin et se reconstruire.

Crédit photo : Hubert Genouilhac 

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