Aller au menu Aller au contenu Aller à la recherche Aller à la page Accessibilité Aller à l'accueil
ACTUALITÉS
Juillet-Août 2020
Confinement

Un langage à décrypter

Dans cette période inédite du coronavirus, génératrice d’angoisses, nous avons demandé à Isabelle Mathey, psychologue à la Protection maternelle et infantile (PMI), quelques conseils pour accompagner au mieux les enfants.

Quels peuvent être les effets d’un confinement sur les enfants ?

Ils sont variables selon les conditions, le tempérament des enfants et le vécu des adultes qui les entourent. Si certains le vivent plutôt bien, d’autres sont plus angoissés ou passent par différentes phases. Le changement peut déstabiliser l’enfant habitué à ses repères quotidiens. Des modifications dans son comportement peuvent alerter. En général, il exprime son mal-être à travers le langage corporel et émotionnel qui nécessite un décryptage. Par exemple, il peut avoir des excès de colère ou des agitations inhabituelles, des troubles alimentaires ou du sommeil. On peut aussi assister à des régressions : retour du pipi au lit par exemple.

Comment leur parler du virus ?

Il faut leur expliquer les événements de manière simple, avec des mots adaptés à leur âge. On peut se servir de supports visuels. Par exemple, la BD Coco le virus*, à l’initiative du CHU de Bordeaux, illustre parfaitement la situation. Il paraît important de répondre aux questions de l’enfant sans se dérober. À ce jour, nous savons que les enfants sont préservés par ce virus et qu’ils ne le transmettent quasiment pas, ce qui contribue à les rassurer.

Comment les accompagner en cette période de déconfinement ?

Cette période est anxiogène pour certains car l’extérieur nous confronte à la réalité de la crise sanitaire. Les masques peuvent être effrayants pour des enfants. Vous pouvez « débriefer » avec eux en fin de journée pour les aider à verbaliser. Nommer son ressenti et se sentir entendu abaisse son niveau de stress. La créativité est aussi une approche ludique qui transforme les peurs et dédramatise la situation. Customiser les masques par exemple…

Et pour les tout-petits ?

Pour eux, il est parfois compliqué de respecter les gestes barrières. Par exemple, un enfant qui vient de tomber, et qui se met à pleurer, aura besoin de la proximité d’un adulte pour être consolé. En effet, en situation de détresse surtout, l’enfant a besoin d’une proximité physique pour se sécuriser. Certains pédiatres tirent la sonnette d’alarme à ce sujet : d’après eux, l’important est surtout de respecter le lavage des mains. La distanciation sociale n’est pas adaptée et peut être délétère pour les tout-petits.

Quels conseils donneriez-vous ?

L’important est de repérer si nous, adultes, allons bien. Le traitement médiatique est anxiogène, il faut savoir prendre du recul. L’enfant est une éponge : il absorbe les émotions de ses parents, il est sensible au discours ambiant. Sa vision du monde s’enracine dans l’enfance. Il trouve une stabilité émotionnelle auprès de son parent pour se sécuriser. Une fois sécurisé, il est davantage tranquille pour explorer le monde qui l’entoure. Il est donc important que les parents prennent soin d’eux. Mais une chose est sûre : chacun fait comme il peut dans cette situation inédite.

www.cocovirus.net à lire ou à écouter sur YouTube.

La direction de la protection de l'enfance du Département a lancé un appel au bénévolat lors du confinement. De nombreuses interventions se sont succédé dans les établissements.

Crédit photo : Vinvent Poillet

Version imprimable - Nouvelle fenêtre Envoyer à un ami Haut de page :