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PORTRAIT
Janvier-Février 2021
SPORT

Anne-Flore Rey, à l’école d’une championne

C’est à Chalmazel qu’Anne-Flore Rey, ancienne compétitrice en Coupe du monde de ski, a planté ses bâtons il y a dix ans. Devenue directrice de l’ESF, elle a trouvé la sérénité dans les monts du Forez où l’amoureuse de la montagne a pris le dessus sur l’athlète dure au mal.

Podcast de l'article 

Ma décision d’arrêter la compétition a été terrible. J’ai cru que je n’avais tout simplement pas été bonne ! » Dans le petit chalet de l’école de ski (ESF) de Chalmazel, Anne-Flore Rey, ancienne championne de slalom, évoque sans détour les regrets que lui a longtemps inspirés sa carrière de skieuse de haut niveau. Dans les monts du Forez, elle enseigne le ski à de chanceux vacanciers et à des clubs ligériens de la plaine tels que le club alpin de Montbrison. Cette Iséroise n’a aucun complexe à enseigner loin des Alpes et de ses vastes domaines skiables. Elle a elle-même commencé modestement à l’âge de 8 ans grâce à un professeur d’école : « Il n’y avait pas de station de ski à Prapoutel, il nous emmenait skier dans les prés ! Nous chaussions de vieux skis en bois, que l’on fixait avec des tendeurs arrière, et nous passions plus de temps à monter à pied qu’à descendre en ski. Lorsqu’on faisait une petite glissade, on était content. »

UNE GUERRIÈRE AU REPOS

Et de petites glissades en petites glissades, Anne- Flore prend bientôt un grand virage : à l’âge de 15 ans, elle intègre l’équipe de France. Elle découvre alors que les performances se construisent aussi loin des pistes : elle enchaîne les heures de vélo, de course à pied, de musculation et de fractionné. Ce travail éreintant finit par payer : le 6 mars 1983, elle dispute sa cinquième édition d’affilée de la Coupe du monde et remporte l’épreuve de slalom géant disputée à Mont-Tremblant au Canada. Mais son élan est ralenti par une blessure, elle se disloque le genou en fin de saison.

" J'ai la neige et le ski dans les veines ! "

Son retour à la compétition sera brutal. Elle qui favorisait la technique se met alors à miser sur la vitesse : « On se posait moins de questions à l’époque. Un trauma crânien, par exemple, c’était seulement si l’on s’ouvrait le crâne ! Et puis j’avais tant envie de réussir… » Anne-Flore renonce quatre ans plus tard, après avoir disputé 9 éditions de la Coupe du monde, insatisfaite de ne pas s’être hissée sur la plus haute marche du podium. Maman de deux enfants, elle fait d’abord la paix avec elle-même en prenant plaisir à transmettre son savoir à de petits prodiges de sa station natale avant de commettre sa plus grave sortie de piste. En 2003, elle descend de la montagne pour devenir restauratrice : « J’ai tenu six ans avant de revendre. Je suis une montagnarde, j’ai la neige et le ski dans les veines ! » En quête de tranquillité et de nature sauvage, elle achète une maison au col du Béal et ne tarde pas à rechausser les skis. En 2010, elle rejoint l’École du ski français de Chalmazel, dont elle devient la directrice en 2017, et prend enfin le recul nécessaire pour apprécier sa carrière : « Le dos, les genoux et les épaules… Je me rends compte aujourd’hui combien c’était dur, ce que je me suis infligé pour réussir. » Rassérénée alors ? Pas tout à fait : « J’appréhende le jour où je ne pourrai plus enseigner ! Heureusement, la montagne est belle et je l’aime en toute saison. »

>> En 5 dates

2017 Directrice de l'École du ski français de Chalmazel

2009 Installation au col du Béal

1987 Monitrice de ski

1983 Vainqueur de l'épreuve de slalom géant de la Coupe du monde

1977 Intégration en équipe de France de ski

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