LOIRE ALTITUDE
Sommaire du dernier numéro
Dans les offices de tourisme de la Loire :
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Château de la Roche, enchanteur à plus d'un titre
Château de poupée, de conte de fée. Faites un voyage dans le temps à Saint-Priest-la-Roche.
Les eaux grises de la Loire prennent à l’été une teinte perlée. Il est facile de s’y mirer depuis la digue ou les terrasses. On pourrait croire le Château de la Roche bâti à même le fleuve. 700 ans que le charme opère en ces lieux.
Élevée au XIIIe siècle par Girard de la Roche, la bâtisse ne sert à l’origine qu’à lever des taxes. C’est un point de péage. Aux passants rencontrés sur le chemin de halage, 30 mètres sous le rocher (le lit naturel de la Loire est alors beaucoup plus bas), le Seigneur réclame un impôt.
La famille de la Rivollière rachète en 1740 cet édifice transformé en maison secondaire jusqu’à ce que la Révolution ne fasse tomber les têtes. Le château passe alors à la bourgeoisie : le Lyonnais François Bouvet investit. Las, il n’est guère plus chanceux. La crue de 1790 ravage le domaine. L’eau engloutit cuisine et salle de bal (seul le grenier en réchappe) et emporte la totalité de son capital. Vissée au roc, reste l’épave. La vision séduit en 1900 Paul Roustan. L’imprimeur roannais ne jure que par le médiéval. Il reconstruit un donjon, ajoute crénelures, machicoulis. Pierres de lave et calcaire jaune servent ses lubies. Deux têtes de Saint-Marc et des bouquets de trèfles se greffent au logis. Leur mission : assurer sa protection, ce qui semble fonctionner avec la crue de 1910. Mais EDF ne s’encombre pas de superstition. En 1950, l’énergéticien exproprie les Roustan : un projet de barrage prévoit de noyer l’édifice. Trente ans passent. La végétation s’installe. Dans la cuisine pousse un arbre. Jamais les lieux n’ont tant fait penser aux contes de fées. La population s’émeut. Il faut briser le sort. EDF finit par lâcher prise : le barrage de Villerest (achevé en 1982) épargnera l’ouvrage, cédé à la commune pour un franc symbolique. Une association se crée pour restaurer et rehausser la digue. Les adhérents oeuvrent durant quinze ans avant de passer le relais à la communauté de communes.
VISITES THÉÂTRALISÉES
Neuf guides costumés assurent aujourd’hui les visites en saison. Dans les pièces flotte le souvenir de Girard, Margarone, Jean-Pierre et François. Les apparitions, sonores et visuelles (prenez garde aux fantômes), sont prétextes aux échanges. Deux escape games aménagés dans les combles, « Esprit es-tu là » et « Alerte submersion », complètent l’offre touristique. La journée d’Halloween constitue, fatalement, un des grands temps forts de l’année (le dernier avant fermeture). Impossible d’accéder aux murder parties sans avoir réservé. À noter également la tenue de nombreux concerts l’été sur les théâtres de verdure. Enchanteurs à coup sûr.
À savoir
Assistez l’été à une poignée de concerts programmés sur les théâtres de verdure, face au Château de la Roche. Jazz, musiques du monde et chanson française enfièvrent les berges les vendredis et samedis soirs en juillet. Assiettes apéritives gourmandes proposées par les producteurs locaux.










