[INSOLITE] Archéologue à Montbrison, il fouille les navires pirates
Christophe Mathevot participe à un programme de recherche sous-marine sur les côtes de Madagascar.
Publié le 27 octobre 2025
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
Archéologue salarié de La Diana à Montbrison, Christophe Mathevot s’attarde volontiers l’été sur le site de La Régardière, à Saint-Bonnet-le-Courreau. Le Moyen-Âge est son domaine. Mais l’homme est aussi depuis trois ans membre de l’Archéologie de la piraterie. Il était ce printemps sur les côtes de Madagascar. Occupé à fouiller une épave de 1720 échouée par sept mètres de fond, sans doute le navire pirate le mieux conservé au monde.

Plongeur scaphandrier, l’enfant de Terrenoire, chercheur associé au CNRS et chargé de cours à l’Université Jean-Monnet, s’est chargé des relevés photogrammétriques. « Autrement dit de l’aspect modélisation 3D », vulgarise-t-il. Objectif : développer les connaissances liées à la flibuste. « Cette thématique est assez novatrice dans le champ de l’archéologie. L’équipe de recherche est internationale. Nous étions déjà en 2021 à l’île Maurice ».
Mystérieuse épave
Durant trois semaines et au rythme de deux plongées quotidiennes, les chercheurs ont désensablé la carène faite de bois tropical. « Seul un canon émergeait des fonds marins, détaille Jean Soulat, chef de projet. Il a fallu nettoyer la zone de fouilles, carré par carré, et prendre des milliers de photos afin de constituer un plan des vestiges. » Le nom de l'épave demeure pour l'heure un mystère. « Une enquête archéologique demande du temps. »
Christophe Mathevot profite lui de ces voyages pour pimenter ses tâches habituelles : exploration du sous-sol forézien mais aussi gestion des collections du musée de la Diana et suivi de travaux au Château de Couzan. « C’est un nouveau terrain de jeu, plus exotique », sourit-il.
Village médiéval de la Régardière
Découvert en 2017 dans les monts du Forez, le site de la Régardière est unique en son genre. Rendus à la lumière, les murs de deux mètres en élévation permettent de reconstituer ce que fut la montagne de Courreau en l’An Mil. C’est un tout un village et son chef-lieu qu’avaient envahi sapins et fougères (10 hectares).
Maison de maître, aire de battage des céréales, fournil, étable, bassin de rétention… « On ne s’attendait pas à trouver du bâti aussi bien conservé », s’enthousiasme Christophe Mathevot qui milite pour un classement et cherche des fonds en vue de prolonger les recherches.









