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Maison JB Clair : un domaine où se perpétue l'effervescence
Depuis 130 ans, la Maison JB Clair, à Renaison, produit un vin effervescent unique dans la région. Une histoire de famille et de couple.
Publié le 4 juin 2026
Ils se sont rencontrés à plus de 1 000 km au nord de la Côte roannaise en 1997, lors d’un séjour Erasmus en études agricoles à Leeuwarden (Pays-Bas). Elle, Claudine Clair, est l’héritière de ce domaine historique de la Côte Roannaise où l’on produit du vin depuis 1536. Elle a oeuvré 20 ans au service de la Chambre d’agriculture, pour aider les vignerons à développer leur exploitation puis rejoint son mari à la tête de la société.
Lui est italien : Guido D’Antonio l’a retrouvée ici en 2001, avant de se former plusieurs années aux techniques de vinification et de reprendre les rênes de l’exploitation en 2007. Ensemble, ils ont modernisé et agrandi le domaine, qui compte dorénavant 6,5 hectares, répartis entre Ambierle, Villemontais et Renaison.
Quatre grandes caves voûtées
Leur trésor, ce sont quatre caves immenses semi-enterrées à flanc de colline, construites en 1896 par l’arrière-grand-père Jean-Baptiste (le J.B de Clair). Il eut l’idée géniale d’embaucher des ouvriers qui finissaient de construire le barrage voisin pour y bâtir un caveau des mêmes pierres granitiques. Les trois maçons, originaires de la Creuse, ont donné leur nom aux caves : Gillet, Tachon, Lebraud figurent ainsi en lettres capitales au fronton de chacune des entrées. Fidèles au domaine, ils ne sont jamais repartis.
Guido et Claudine produisent aujourd’hui des vins « tranquilles » en AOC Côte Roannaise, rouge ou rosé (Gamay), ou des blancs rafraîchissants (Chardonnay) en Vins de Pays d’Urfé. Mais leur nectar, ce sont six vins effervescents aux bulles très fines, qui perpétuent la méthode apprise par l’aïeul auprès de spécialistes d’Épernay : la méthode champenoise, dite traditionnelle.
La première fermentation est faite en cuve inox, comme pour les vins tranquilles. Mais on y incorpore au printemps un levain rehaussé de sucre : on embouteille alors les milliers de quilles serties de capsules, allongées 18 têtes bêches avec 19 autres, empilées sur 18 étages, calées grâce à des lattes de sapin Douglas issues du Domaine. Durant neuf mois minimum, trois ans pour les cuvées millésimées, le levain dévore le sucre dans chaque bouteille et produit du gaz carbonique : c’est la deuxième fermentation.
Un mois avant la commercialisation, chaque bouteille est posée sur un pupitre aux trous obliques pour le remuage : un quart de tour par jour est nécessaire pour que le flacon finisse tête en bas, le dépôt collé à la capsule. Étape finale, le dégorgement : congelée à -24 degrés, la tête est décapsulée, la glace qui a emprisonné le dépôt expulsée et une liqueur d’expédition introduite : à 1% du volume pour le Brut, 4% pour le demi-sec. Bouchage, lavage, étiquetage : bonne dégustation et bienvenue au caveau !









