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On rembobine le fil de l'industrie textile ligérienne

L’industrie textile a durant cinq siècles nourrit bon nombre de Ligériens. Pourquoi, comment ? La réponse en « Terre de tisseurs » dans les montagnes du matin.

Publié le 4 juin 2026

1831 : c’est la révolte sur les pentes de la Croix-Rousse. Le sang coule dans les rues de Lyon. Les canuts ont pris les armes pour réclamer meilleure rétribution. Les patrons renâclent. Leur attention se porte sur le département voisin. On travaille le chanvre dans la Loire depuis le Moyen Âge. D’abondantes cultures, en Roannais et Forez, servent la confection de toiles (dont on fait torchons, draps et chemises). Les perspectives de carrière sont limitées en campagne : bon nombre de paysans alternent cultures et tissage. Indépendants, ils oeuvrent à domicile. On les dit qualifiés, dociles et laborieux. Une aubaine pour les soyeux.

Chanvre, puis soie

Ainsi les matières nobles envahissent-elles les montagnes du matin. Les donneurs d’ordre nourrissent tout un écosystème : professions dédiées à la conception et à la maintenance des machines, au négoce… La population double fin 19e.

Les clochers, entre Charlieu et Panissières, résonnent d’un assourdissant BIS-TAN-CLAC. Derrière fenêtres et hauts plafonds manoeuvrent des régiments de métiers à bras. Ils sont 80 000 !

Les usines se développent. On en compte 12, en 1870, à Panissières pour la seule production de linge de table damassé. C’est toute la montagne qui vit du tissage et de son commerce. Mais les deux conflits mondiaux secouent cette belle manufacture, bientôt frappée par la concurrence de l’Asie du Sud Est. Crises, fermetures, délocalisations… L’industrie subit, comme partout, les revers de la mondialisation.

Deux musées pour voir et comprendre

Qu’en reste-t-il, aujourd’hui ? « Une dizaine d’entreprises, recense Lysiane Therrat-Plane, chargée de projet « Terre de tisseurs » à la communauté de communes Forez Est. Linder, spécialisée dans les tissus, rideaux et voilages décoratifs, emploie 180 personnes (elles étaient 800 dans les années 80, N.D.L.R.). Les autres sont de taille plus modeste et travaillent pour les grands noms du luxe. »

Deux musées conservent le souvenir du passé. À Bussières, une trentaine de bénévoles, dont certains « anciens Linder », entretiennent (et actionnent !) au Musée du tissage et de la soierie une flotte de neuf métiers (pick-pick, velours, cravate, éponge, broché, grande largeur). L’idéal pour juger des évolutions techniques.

À Panissières, le Musée de l’aventure textile occupe l’ancienne Manufacture Loire-Piquet. Fermé en 2022, il rouvre au public en septembre 2026. « Nous avons repensé le parcours de visite pour détailler cette aventure humaine, évoquer, notamment, les conditions de travail, annonce Julie Desnoyer, responsable du site. Nous avons imaginé des choses à toucher et à manipuler. Cela plaira aux enfants. Nous voulons faire le lien entre passé et présent ».

S'y rendre

Musée du tissage et de la soierie

Espace Pierre-Berchoux - 125 Place

Vaucanson Bussières Le musée est labellisé Tourisme

et handicap (parcours optimisés et supports de visite adaptés)

04 77 27 33 95

museedutissage.com

 

Musée de l’aventure textile

7 rue Jacquard – Panissières

07 84 32 74 56

museedelaventuretextile.fr

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