LOIRE ALTITUDE
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Yannick Tabard : coques en stock
Yannick Tabard encadre les sorties kayak à Saint-Just Saint-Rambert. 40 ans et plus que cet initié pratique le fleuve.
Publié le 4 juin 2026
D’un coup de pagaie, il se propulse à 10 m. Le monoplace déborde l’île du Rossignol, charmant coin de Loire où il venait enfant se rafraîchir l’été. Le fleuve n’a pas – plus - de secret pour Yannick Tabard. « Je le pratique toute l’année », glisse le kayakiste, très investi au sein du club B2LF (dont il est la figure historique) et au service de la base de loisirs, créée par ses soins en 1998 à Saint-Just Saint-Rambert.
Longtemps, le Forézien a chevauché rapides autrement plus coriaces. « Mon truc, c’était l’eau vive, la haute rivière : l’Ubaye, le Guil… », sourit-il. Jeune encadrant breveté, Yannick Tabard a 17 ans lorsque les Francas lui versent ses premières paies. Ce fils d’instit’ s’établit rapidement guide de rafting. Il enquille les heures en saison pour ensuite voyager à l’international. Un rien lui suffit : une couverture en laine de yack pour traverser le Zanskar, une place en bateau-stop pour franchir la mer des Caraïbes. Avec la trentaine s’éteignent ses pulsions nomades : il rentre au port.
Une pratique inclusive
Petit anneau crocheté à l’oreille gauche, regard clair, le quinqua a conservé l’entrain de sa jeunesse. Mais aussi un corps d’athlète, amputé de quelques centimètres ; les bateaux, chargés à dos d’homme, ont eu raison de sa colonne. L’adrénaline ? Il se sèvre. « Je fais moins de rivière sportive, confesse-t-il. Parce que l’engagement est conséquent. Je me suis tourné vers le kayak de mer. On peut naviguer par grosse houle, c’est moins gênant que les pierres ».
Parce qu’elle n’a pas l’impétuosité d’un Giffre ou d’une Dranse, la Loire n’a jamais été sur-fréquentée. Yannick Tabard s’est battu pour en faire un pôle de pratique. Nommé un temps conseiller technique de la Fédé, il a gagné en 2008 sa place sur les berges. Désertés par les ouvriers d’Hugo Soie, les locaux de la promenade du Guitay ont été aménagés pour accueillir 8 000 personnes à l’année (scolaires, touristes…)
Un éducateur sportif, deux vacataires et 7 CDD apportent leur concours en période d’affluence. Un conseil d’administration veille au respect du projet associatif. « Nos prix sont modestes, nous ne voulons pas d’une activité élitiste », assène le directeur. Plus fédérateur que compétiteur, le Forézien ne s’est jamais prêté au jeu de la performance. Son truc à lui : le contact et le partage. « Handisport et sport adapté ont toute leur place au sein du club. Le matériel et les parcours sont ajustés, mais les sorties sont communes. Nous privilégions l’inclusion, l’entraide et la bienveillance ».









