[INITIATIVE] Un décor de cinéma en Roannais
Stéphane Chemin ressuscite une rue commerçante des années 20 à Saint-Just-en-Chevalet.
Publié le 5 octobre 2026
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
Les bras se lèvent à son passage. Il a, pour chacun, un petit coup de klaxon. Impossible d’ignorer sa Peugeot noire de 1934. Réparateur de voitures anciennes, Stéphane Chemin a gagné en 18 mois le cœur de Saint-Just-en-Chevalet. On le sollicite pour son expertise technique. Plus encore, on demande à voir son petit musée.
L'entrepreneur a concrétisé route de Roanne un rêve de jeunesse : reconstituer, sur près de trente mètres, une rue commerçante des années 20. « J’ai commencé par reproduire le magasin Bouclon, confie-t-il. Ce réparateur de cycles avait sa boutique en centre bourg ». Trouver des vélos ? Pas un problème pour ce fondu de route qui pourrait équiper tout un peloton : 500 biclous s’entassent au sous-sol de son garage. Une trentaine égayent aujourd'hui les abords de son échoppe, dont d’incroyables pièces de collection. Mais là ne s'arrête pas la reconstitution.
Oranges et citrons débordent des caisses des Économats du centre. On s’attarde auprès des vieux pots d’onguent de la pharmacie Leroy, on s’accoude au zinc chez Jeannot. « Je ne me limite pas aux devantures, chaque magasin a son univers : le garage Danton, la boutique de photographie Charpenet, le kiosque à journaux… »
De veilles horloges égrènent les heures. Les interrupteurs sont d’époque, le mobilier aussi, jusqu’aux vitrages et linos chinés en brocante ou récupérés en déchèterie. Le sexagénaire a le souci du détail et le goût de l’accumulation, une manie héritée de son père, du temps où passaient Les Brigades du tigre sur le petit écran. « J’étais fasciné par cette période », glisse-t-il.
Sollicité par le 7e art
Ses collections lui ont ouvert les portes du cinéma. Sollicité une première fois en 1988 par les équipes de Michel Mees (La Maison dans la dune) en quête de vieilles berlines, Stéphane Chemin n’a cessé d’enchaîner les tournages et de côtoyer les acteurs : Depardieu, Deneuve, Darrieux… jusqu’à l’ami Romain Duris, doublé à moto dans le film Arsène Lupin et retrouvé au printemps sur le décor de Fantomas. Exigez une anecdote : sans surprise, il les collectionne.









