[PORTRAIT D'AGENT] Sorties de route : il veille au grain

Niall Doran répertorie les zones accidentogènes sur les routes départementales. Ses analyses statistiques et rapports de terrain débouchent, au besoin, sur des aménagements.

Publié le 5 octobre 2026

   

Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.

Niall Doran est lecteur de presse. C’est à la rubrique Faits divers qu’il s’intéresse : dramatiques froissements de tôle et sinistres embardées. Ce chargé de projets « sécurité des déplacements» fait dans l’analyse de données. Son job : dégager des statistiques en matière de sécurité routière. « Mes sources ne se limitent pas aux journaux. Je dispose d’un accès au fichier des forces de l’ordre. Elles me renseignent sur les circonstances des incidents : conditions de circulation, taux d’alcoolémie… Cela me permet d’établir une liste de tronçons dangereux, en fonction de l’accidentologie et de la fréquentation ».

Les secteurs prioritaires font l’objet d’aménagements spécifiques : ajout de glissières, de panneaux signalétiques, enlèvement d’obstacles…

Sorties de route et collisions mortelles retiennent tout particulièrement son attention. Les visites terrain sont dans ces cas systématiques. Niall Doran étudie la configuration des lieux, la visibilité. Rédige un rapport assorti de photographies.

 

Il est rare qu’on arrive à mettre le doigt sur quelque chose. La plupart du temps, les responsabilités sont humaines et les infrastructures totalement hors de cause.

 

Mais il suffit parfois d’un bête changement de panneau. Le 5 juin 2026, une Citroën et un semi-remorque entrent en collision sur la RD 482 à Vougy. L’automobiliste y laisse la vie. À l’écran, Niall Doran compte deux incidents du même type, plutôt récents, quand rien ne s’était passé dans le secteur pendant 10 ans. Sur place, il enregistre plusieurs dépassements risqués. Mais c’est en réunion avec le service technique départemental et la commune que tout s’éclaire.

Les limites d’agglomération ont été repoussées quelques mois plus tôt. Conséquence : des automobilistes contraints de patienter avant de pouvoir doubler et plus enclins à écraser l’accélérateur, même en l’absence de visibilité. « Nous allons prendre des mesures de vitesse et puis nous verrons ce qu’il est possible de faire », déclare l’agent, entré au Département en 2022.

Niall Doran était auparavant technicien de rivière. Venu à la fonction publique par le biais d’un BTS gestion et maîtrise de l’eau. « Une reprise d’études, à la trentaine, Parce que mes premiers boulots étaient plutôt alimentaires : centres d’appel, saisies informatiques… J’ai même travaillé comme formateur d’anglais ».

D’accent, ce natif d'Irlande diplômé en langues étrangères n'a plus. Très à l’aise dans ses fonctions, il effectue en plus tous les cinq ans l’inspection d’une trentaine de passages à niveaux. Et assure un rôle de veilleur pour le PC routes. « Nous prenons l’astreinte téléphonique à tour de rôle. » Au bout du fil : élus, pompiers, gendarmes et policiers requérant déviations ou déblaiements par suite, bien souvent… d’accidents. 

 

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Le nombre de passages à niveau contrôlés tous les 5 ans. « Les visites d’inspection sont organisées avec la SNCF. On vérifie la conformité des installations, la lisibilité de la signalétique d’approche… »

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