[ÉCHAPPÉE BELLE] Salle héraldique de la Diana : un chef-d'œuvre daté de 800 ans
La Société historique et archéologique du Forez veille à Montbrison sur un petit bijou d’architecture. Pensé pour affirmer au Moyen-Âge la puissance des comtes de Forez.
Publié le 5 octobre 2026
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
Il fait frais sous les voûtes de la salle héraldique. Les lames de parquet craquent sous le poids des corps. Une odeur de patine émane des reliures. L’ensemble est classé aux Monuments historiques mais le plafond retient, le premier, l’attention, couvert de 1 728 écussons.
À bien y regarder, 48 motifs s’y répètent en longues bandes, divisées en 36 compartiments. Des blasons, rien que des blasons.
Qui pour commander, en son temps, la réalisation d’un tel décorum ? Mystère… Des prélèvements soumis à examen dendrochronologique ont permis de dater murs et charpente de 1280. « Pour le reste, nous en sommes réduits à formuler des hypothèses, observe Justine Wendelin, guide-conférencière et bibliothécaire à La Diana. Peut-être a-t-on édifié cette salle pour le mariage de Jeanne de Montfort et de Louis de Savoie, seigneur de Vaud ? À moins qu’il n’ait été question des noces de son fils, Jean 1er, et d’Alix de Viennois, fille du dauphin ? Il est probable, en tous cas, que le clergé en ait eu l’usage relativement tôt ».
6 000 francs or pour reprendre le bien à l'aubergiste
Bordée d’un cloître, la pièce avoisine au Moyen-Âge le clocher de Notre-Dame. Les hommes en soutane parlent de « salle du doyen ». On y reçoit les nouveaux chanoines, on y tient des réunions de prière et régulièrement des réunions politiques (les États de Forez s’y déroulent en 1465 et 1483). Il s’y donne même des opéras, le chanoine Loïs Papon y faisant jouer La Pastorelle.
Reçu en 1536 à Montbrison, le roi François 1er acte sa donation au Chapitre. Mais le bien est confisqué à la Révolution. Un aubergiste s’en saisit pour entreposer foin et carrioles. Peintures et boiseries menacent ruine jusqu’à susciter l’intérêt d’un certain Duc de Persigny. Originaire de Saint-Germain-Lespinasse, cet érudit, ministre de l’Intérieur, jette les bases d’une « Société historique et archéologique en Forez » avant d’offrir 6 000 francs or à la commune pour permettre le rachat de la salle dont il fera le siège de son assemblée.
La Ville, à ce jour, en est toujours propriétaire. « Les menuiseries sont du 19e, comme la cheminée décorative », précise Justine Wendelin avant de revenir aux armoiries. La voûte, toujours. Les blasons sont « d’azur semé de fleur de lys d’or » (les connaisseurs reconnaîtront les armoiries de Philippe Le Bel, les autres consulteront la feuille disposée à leur intention), « de gueules au dauphin pâmé d’or » (pour le Comte de Forez, Jean 1er), « d’or au lion rampant de sable » (pour la famille de Beaujeu). « Cet armorial témoigne des relations entre le Comté de Forez, la Savoie et le Dauphiné », décrypte Justine Wendelin. Où lire, de façon très imagée, le jeu des alliances et des forces en présence sous l’Ancien Régime.
Infos pratiques

Y ALLER
Située 7, Rue Florimond Robertet à Montbrison, la salle héraldique de la Diana se trouve dans le voisinage immédiat de la Collégiale.
VISITER
La salle est accessible les mardis, jeudis et vendredis de 14 à 17 h, les mercredis et samedis de 9 h à midi et de 14 à 17 h. Justine Wendelin renseigne les curieux. Plusieurs documents sont également mis à la disposition des visiteurs. Tarif unique : 2 €. À noter la présentation, cet automne, d’une exposition temporaire consacrée à l’historienne et résistante Marguerite Gonon. Renseignements au 04 77 96 01 10. ladiana.com
SE RESTAURER
Mise en scène
04 77 76 28 13
Apicius
09 82 38 34 65
Le Contre & Sens
04 77 58 61 87
SE LOGER
Une odeur de Tilleul
04 81 17 05 10
Les parfums de Madeleine
04 77 58 79 79
Renseignements
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