Loire magazine Le magazine du département de la Loire n°171 octobre décembre 2026 Département de la Loire 2 rue Charles de Gaulle 42022 Saint-Étienne cedex 1 Tél. 04.77.48.42.42 E-mail: info@loire.fr loire.fr Directeur de la publication : Georges Ziegler, président du Département de la Loire Directeur de la rédaction : Manuel Poncet Rédaction en chef : Laetitia Chapuis, Peggy Chabanole Rédaction : Manuel Poncet, Laetitia Chapuis Version braille et texte accessible Association Donne-moi tes yeux contact@donnemoitesyeux.fr Éditorial Sur quoi repose notre système d’incendie et de secours et quel rôle joue le Département ? Depuis la départementalisation des Sdis (Services Départementaux d’Incendie et de Secours) il y a 30 ans cette année, nos pompiers ligériens sont regroupés au sein de 71 casernes couvrant l’ensemble de nos communes. La Loire compte 2 800 sapeurs-pompiers, dont 80 % sont des volontaires. Je veux insister sur ce volontariat unique au monde, qui permet de réaliser plus de 50.000 interventions par an dans la Loire. Concrètement, notre système repose donc sur deux jambes : les pompiers professionnels et les volontaires. C’est ce qui fait sa force, qu’il faut entretenir et développer toujours. Conscient de l’importance du Sdis sur le territoire, le Département a mis en place des « ponts » entre nos structures pour travailler conjointement et améliorer les conditions de travail et d’engagement. Ainsi, les pompiers en formation à proximité d’un collège peuvent désormais s’y restaurer. Dans la même optique, nos agents garagistes peuvent entretenir les véhicules des pompiers. Nous agissons ensemble, rapprochons les équipes et rationalisons la dépense publique. Comment améliorer encore le service à la population dans la Loire comme ailleurs ? La France et la Loire ont connu un été caniculaire. Une période, nous le savons, propice aux incendies. Bien trop souvent d’origine humaine, ces feux qui dévastent nos paysages doivent être combattus et les auteurs dénoncés et punis. Les pompiers ont payé un très lourd tribut et je veux rendre hommage à leur bravoure et leur sacrifice. L’amélioration du service à la population commence par la lutte contre ces comportements encore trop fréquents, graves et dangereux. Au-delà, il faut non pas repenser mais entretenir, fidéliser et redynamiser l’engagement volontaire et citoyen. Le volontariat, c’est l’affaire de tous ! Sans l’apport fondamental des sapeurs-pompiers volontaires, la chaine de secours ne serait plus opérationnelle. En cela, nous encourageons les conventions de disponibilité entre les employeurs, tel le Département d’ailleurs, et les casernes pour permettre aux salariés-volontaires de pouvoir quitter le travail pour intervenir en urgence avec les pompiers quand cela est nécessaire. Comment se dessine l’avenir de la profession ? Plus qu’une profession, je parlerais de vocation ! On ne naît pas pompier, on le devient et ce travail, nous l’engageons d’ores-et-déjà dans nos centres de secours, avec près de 250 jeunes sapeurs-pompiers, mais aussi au sein de nos sept classes collèges de cadets de la sécurité civile. Ce vivier de jeunes engagés représente près de 10 % de nos effectifs, ce qui démontre leur poids important. Pour autant, et parce que les JSP d’aujourd’hui seront peut-être nos pompiers de demain, il est indispensable d’accompagner le renouvellement en permanence. J’aime à le rappeler : agir ensemble pour protéger l’avenir… voilà ce qui guide notre action conjointe entre le Département et le Sdis, dont l’histoire s’écrit et s’écrira encore au pluriel ! Avec vous, pour vous, ensemble ! Georges Ziegler, président du Département de la Loire L'actu en bref nord Le Coteau / insolite Renaissance en grande pompe Attention, pompes factices ! Nombreux sont les curieux à faire le voyage en Roannais pour admirer l’ancienne station Ozo, avenue de la libération au Coteau. Une poignée de bénévoles restaurent ce bâtiment, hier mangé par les ronces et la végétation. 56.000 euros ont été investis par les adhérents de Cars, utilitaires et compagnie dans l’étanchéité de la toiture et les huisseries. Leurs corvées se comptent en milliers d’heures : entre 10.000 et 15.000 annuelles, annonce fièrement le président Thierry Doillon. Des airs de carte postale Le site a retrouvé son lustre originel, typique des années 50. 350 stations de la marque, implantées le long des grands itinéraires, jalonnent à l'époque les cartes routières. Toutes sorties du même moule : profil futuriste et totem pointé vers l’azur. Des modèles de robustesse. « Quand le barrage de Malpasset éclate, en 1959, le bâtiment Ozo de Fréjus est le seul à rester debout », sourit Thierry Doillon. À cette date, cela fait déjà deux ans que la distribution de carburant a débuté en Roannais. On s’arrête à toute heure, en bordure de la RN7, faire le plein de super, de gazole ou d’essence ordinaire. La nuit, une petite sonnette permet de réveiller les gérants, logés sur place. Repris par Total en 1961, l’établissement résiste 20 années avant de plier boutique. Abandonné, squatté, le site, propriété de l’Agglomération, séduit un jour les membres d’Automusée. Une nouvelle association est créée ; la station classée par la Fédération française des véhicules d’époque. Ouverte à la visite, elle sert plusieurs fois l’an de lieu de rassemblement aux collectionneurs. Le 6 septembre dernier, ils étaient près d’un millier. Réunis pour effectuer les montées historiques de Vendranges et du Pin Bouchain ; en costumes d’époque et tout disposés à prendre des passagers. + d’infos Cars-et-bus.fr Roannais tourisme organise une visite de la station le 30 octobre à 14 h. Tarif unique : 6 €. roannais-tourisme.com Rentrée scolaire Roanne Le Président Georges Ziegler, la vice-présidente à l’Éducation Clotilde Robin, et le conseiller départemental chargé de la coordination des travaux dans les collèges, Jordan Da Silva ont visité, mardi 8 septembre, le collège Jules-Ferry à Roanne. L’occasion pour les élus de saluer élèves, agents, personnels administratifs et enseignants à l’aube d’un nouveau cycle d’apprentissages. De faire le point, aussi, sur les chantiers engagés dans l’enceinte du gymnase : reprise des étanchéités, des armoires électriques et de l’éclairage. Coût de l’opération : 457.000 euros. Roannais / collectionneur Un décor de cinéma Stéphane Chemin ressuscite une rue commerçante des années 20 à Saint-Just-en-Chevalet. Les bras se lèvent à son passage. Il a, pour chacun, un petit coup de klaxon. Impossible d’ignorer sa Peugeot noire de 1934. Réparateur de voitures anciennes, Stéphane Chemin a gagné en 18 mois le cœur de Saint-Just-en-Chevalet. On le sollicite pour son expertise technique. Plus encore, on demande à voir son petit musée. L'entrepreneur a concrétisé route de Roanne un rêve de jeunesse : reconstituer, sur près de trente mètres, une rue commerçante des années 20. « J’ai commencé par reproduire le magasin Bouclon, confie-t-il. Ce réparateur de cycles avait sa boutique en centre bourg ». Trouver des vélos ? Pas un problème pour ce fondu de route qui pourrait équiper tout un peloton : 500 biclous s’entassent au sous-sol de son garage. Une trentaine égayent aujourd'hui les abords de son échoppe, dont d’incroyables pièces de collection. Mais là ne s'arrête pas la reconstitution. Oranges et citrons débordent des caisses des Économats du centre. On s’attarde auprès des vieux pots d’onguent de la pharmacie Leroy, on s’accoude au zinc chez Jeannot. « Je ne me limite pas aux devantures, chaque magasin a son univers : le garage Danton, la boutique de photographie Charpenet, le kiosque à journaux… » De veilles horloges égrènent les heures. Les interrupteurs sont d’époque, le mobilier aussi, jusqu’aux vitrages et linos chinés en brocante ou récupérés en déchèterie. Le sexagénaire a le souci du détail et le goût de l’accumulation, une manie héritée de son père, du temps où passaient Les Brigades du tigre sur le petit écran. « J’étais fasciné par cette période », glisse-t-il. Sollicité par le 7e art Ses collections lui ont ouvert les portes du cinéma. Sollicité une première fois en 1988 par les équipes de Michel Mees (La Maison dans la dune) en quête de vieilles berlines, Stéphane Chemin n’a cessé d’enchaîner les tournages et de côtoyer les acteurs : Depardieu, Deneuve, Darrieux… jusqu’à l’ami Romain Duris, doublé à moto dans le film Arsène Lupin et retrouvé au printemps sur le décor de Fantomas. Exigez une anecdote : sans surprise, il les collectionne. + d’infos Le musée, privé, est accessible aux heures d’ouverture du garage. La visite est gratuite. Se faire indiquer l’adresse par les commerçants de Saint-Just-en-Chevalet. N°1 Le premier Criterium des fous aura lieu samedi 31 octobre à Saint-Just-en-Chevalet. Un événement que les organisateurs veulent festif et déjanté. Au programme : du vélo bien sûr mais aussi quelques démonstrations, beaucoup de jeux, de costumes et de rires. Vivans / forêt Une deuxième vie pour le chêne Président Arbre emblématique de la Forêt départementale de Lespinasse, le chêne président n’est plus. Victime de dépérissement, il s’est éteint récemment. Ses branches sèches ont été élaguées pour éviter qu’elles ne tombent sur les promeneurs mais l’arbre reste de belle taille avec un diamètre de 1,15 m et plus de 20 m de hauteur. L’abattre ? Il n’en est pas question. Le Département réfléchit à le valoriser par le biais d’une œuvre artistique. D’autant que le végétal occupe le coeur d’un théâtre de verdure. Un appel à projet, doté de 15.000 €, a été lancé. Un nouveau chêne président sera désigné à proximité. 24 Originaire de Sevelinges, Mattéo Ruberti s’est qualifié pour les championnats du monde d’Ironman le 11 octobre à Hawaï. Le jeune autiste de 24 ans disputera la compétition avec les valides (3,8 km de natation, 180 km de vélo, 42,1 km de course). Zoom sur le canton du Coteau Superficie : 427,7 km2 Nombre d'habitants : 33.244 Nombre de communes : 29 À savoir : Le canton est à cheval sur trois intercommunalités : Roannais agglomération, Forez-Est et Pays entre Loire-et-Rhône (Copler). Beaucoup de communes sont implantées au-delà de 600 mètres d’altitude et concernées par la Loi Montagne. Paroles d'élus Daniel Fréchet, vice-président à l'eau et à l'environnement Véronique Chavero, vice-présidente à l'attractivité et au tourisme Les joindre : secrétariat au 04.77.48.42.34. Vous les croisez au quotidien : Daniel Fréchet et Véronique Chaverot vous représentent au conseil départemental. Quel projet récent du Département dans votre canton vous tient particulièrement à cœur ? Daniel Fréchet : Nous avons œuvré sur l'ensemble de notre canton à l’aménagement des centres-bourgs, c’est important pour la qualité de vie dans les communes. À Neulise, Commelle-Vernay, Saint-Symphorien-de-Lay, Violay… Nous avons pu accompagner les élus : rénover des écoles, sécuriser des passages piétons, construire un pôle enfance et une micro-crèche, aménager des ronds-points, réhabiliter des monuments historiques. Véronique Chaverot : Je rejoins Daniel sur l’accompagnement des communes, qui est essentiel. Mais je retiens aussi la rénovation du château de La Roche. Il y a eu un consensus politique à toutes les étapes du projet, entre la Région, le Département, la Copler, l'EPL (Établissement Public Loire) et la commune, pour que le château recouvre ses lettres de noblesse. Et il a retrouvé ses deux visages, sa majesté quand la Loire est haute et cette harmonie avec les gorges de la Loire tout autour quand le fleuve est bas. Qu’est-ce qui vous semble remarquable dans ce canton ? (VC) Le développement économique, qui profite à tous, est remarquable. Ce fut longtemps un canton sinistré mais il est désormais facilement accessible. À tel point qu’il y a tellement d’entreprises dans la zone de Balbigny que le projet de ZAIN (Zone d’Activité d’Intérêt National), entre l' A72 et l' A89, est devenu crucial. (DF) Oui, et cette réussite économique se conjugue avec une qualité de vie dans la plupart des communes : les écoles et centres de loisirs fonctionnent bien, les associations sportives et culturelles ont obtenu des terrains et des salles polyvalentes, les centres-bourgs sont restés ou redevenus des lieux de vie. Pourquoi j’ai choisi de m’engager en politique (au Département) ? Véronique Chaverot : J’ai besoin de rester en contact avec les habitants et les élus locaux, d’être sollicitée, stimulée, questionnée. Et je ressens une grande bienveillance sur le terrain, à l’image de ce qui m’anime. J’ai essayé de transposer au Département ce que j’ai fait concrètement sur ma commune. Daniel Fréchet : C’est le prolongement naturel de l’engagement en tant que maire : dynamiser le territoire au niveau départemental, trouver des subventions, défendre le milieu associatif et le mouvement sportif pour, au final, améliorer le bien-être des habitants. Je me suis engagé pour l’eau aussi depuis plus de 20 ans, sur tous les terrains. Et je suis fier de notre binôme avec Véronique Chaverot : nous formons une belle équipe, complémentaire et efficace. Ils vous conseillent L'endroit où ils aiment se ressourcer : (DF) J’aime me balader le long des bords de Loire, de Commelle-Vernay au château de la Roche : la lumière et les paysages y sont magnifiques. Je recommande aussi les crêts de Neaux : un Espace Naturel Sensible avec un joli parcours qui conduit à une madone et un panorama splendide sur les plaines et monts alentours. (VC) J’ai une intimité avec la Tour Matagrin (Violay). J’aime me promener dans les bois et arriver sur ce point culminant, à plus de 1.000 mètres d’altitude, sur le Mont Boussuivre. D’en haut, on a une vue à 360° sur le Roannais, le Pilat, le Forez, le Beaujolais, les Alpes, le Bugey, la plaine de Lyon… C’est important de se reconnecter à la nature, de s’y sentir tout petit mais à sa place. Un monument, un site à visiter : (DF) Le château de Saint-Priest-de-la Roche est emblématique du territoire. On peut le découvrir en kayak ou l’explorer grâce aux visites théâtralisées. Mais ce sont surtout les soirées d’été qui marquent maintenant les esprits, avec ces gradins au bord de l’eau et les apéros concerts jazz ou musique du monde les vendredis et samedis soir. (VC) J’ai un coup de cœur pour le château de la Roche mais beaucoup de lieux méritent le détour : on a deux Villages sport nature, Violay et Cordelle ; Perreux, Village de caractère et bientôt Lay. Le musée de Bussières, sur l’histoire du tissage et de la soierie, est un trésor, la tour Matagrin une vigie naturelle. Et ce patrimoine est à seulement 30 minutes de Lyon, d’où notre force et notre attractivité. Daniel Fréchet et Véronique Chavero C’est un canton essentiellement rural, très dynamique sur le plan économique et touristique. Historiquement, les communes sont à la fois agricoles et industrielles. Très bien desservies par les infrastructures de transport, dont l’autoroute A 89, les zones d’activité économique affichent complet et le taux de chômage frise le plein emploi. L'actu en bref centre Forez, insolite Avez-vous vu cet aigle immense ? Un pygargue à queue blanche séjourne depuis trois ans dans le Forez. Il mesure 2m10 d’envergure. C’est le plus grand aigle d’Europe et il est de retour en Forez. Né dans la Brenne, du côté de Châteauroux, en 2023, « James » a pris ses aises dans la Loire. Ce pygargue à queue blanche aime à séjourner du côté de Marcilly-le-Châtel. « C’est assez incroyable, sourit Stéphane Meyer, directeur de la Volerie du Forez. Cet oiseau revient chez nous tous les printemps. Il dort à 50 m en contrebas des tours, côté ouest, dans le bois voisin. Dès que les thermiques s’y prêtent, il prend de la hauteur pour voler en paire avec nos oiseaux. Il passe en plein spectacle ! Il est né sauvage et pourtant sa distance de fuite à l’Homme est très réduite ». L’été venu, le pygargue s’échappe vers le Nord pour s’établir en forêt d’Orléans. « Sans doute y rencontrera-t-il un jour une femelle, auquel cas nous ne le reverrons plus. Mais ses allées et venues prouvent que notre bassin se prête à l'installation de l’espèce ». Riche de 300 étangs, la Loire a beaucoup à offrir : poissons et grands cormorans (dont les pygargues sont des prédateurs naturels - une excellente nouvelle pour les pisciculteurs). « Il est certain que le département sera recolonisé », avance Jacques-Olivier Travers, patron des Aigles du Léman. Investi dans le suivi naturel des populations, l’homme gère, en sus, un programme de réintroduction. 40 jeunes pygargues ont été relâchés par ses soins, dont l’un parrainé par la Volerie. « Nous avons financé une balise », indique Stéphane Meyer. À son envol, en 2023, « Forez » a passé une nuit à Roanne. Puis l'oiseau a filé en Camargue et séjourné longtemps à Saint-Tropez. Il vit aujourd’hui entre la Tchéquie et l’Autriche. Une espèce à découvrir à la volerie Les fauconniers de Marcilly ont leurs propres objectifs de reproduction. Un mâle et une femelle pygargues habitent les volières. Stéphane Meyer espère les voir s’accoupler début 2027. En visite au château Sainte-Anne, le public ne pourra que s’émerveiller de la majesté de ce rapace. Un seigneur s’il en est. + d’infos La Volerie du Forez est ouverte durant les congés de la Toussaint. volerieduforez.fr 6 Candidatez cet automne aux Trophées de l'attractivité. Le Département récompense 6 projets innovants susceptibles de faire briller la Loire. Le concours est ouvert aux collectivités, associations, entreprises et personnalités ligériennes. Inscriptions du 9 novembre au 11 janvier 2027. + d'infos sur loire.fr Patrimoine Saint-Étienne-le-Molard La charpente de la Bâtie d’Urfé est en mauvais état. De nombreux désordres impactent la toiture du corps de logis, au droit de la chapelle. L’opération de confortement structurel devrait en coûter plus de 500.000 € à la collectivité qui a sollicité, de ce fait, une subvention de 300.000 € auprès de la Mission patrimoine de Stéphane Bern. Le Président, Georges Ziegler, a visité le site fin août en compagnie du préfet de la Loire et sensibilisé les services de l’État aux richesses de cette propriété historique. Le groupe Urgo investit dans la Loire. À Veauche aujourd’hui, à Andrézieux-Bouthéon demain. Veauche / économie Panser l’avenir Une ampoule, un bobo : les pansements Urgo soulagent bien des maux. Moins connus sont les dispositifs pensés pour favoriser la cicatrisation et le retour veineux tels qu’UrgoK2. Un système de compression constitué de deux bandes textiles fabriquées dans la Loire, selon une stratégie chère à Jean Le Lous. Ancien pharmacien militaire, le fondateur a connu le manque de compresses et de gazes en zone de guerre. Ses produits, décide-t-il en 1958, seront made in France. Son fils, en 1997, fait le pari de la diversification. Il rachète une usine veauchoise en faillite pour investir le champ du textile médical. En 2013, mis au point par les équipes de R&D, UrgoK2 propulse les locaux sur le devant de la scène. Le succès est immédiat. Deux fois, en 2017 et 2020, l’usine est agrandie. Le groupe investit 30 millions d’euros dans de nouveaux espaces. Métiers à tisser, à tricoter, intègrent les derniers standards d’automatisme et d’ergonomie. Les effectifs triplent. Ourdisseurs, tricoteurs, tisseurs, gareurs, conducteurs de machines veillent sur des quantités astronomiques de fil : chaque bobine d’élasthanne emporte 60 km de fibres. « Nous produisons 135.000 km de bandes par an, sourit Philippe Kamanova, directeur du site. L’équivalent de 3,4 fois le tour du monde ». Impossible de pousser encore les murs. C’est pourquoi le groupe projette l’élévation d’une deuxième usine sur la commune d’Andrézieux-Bouthéon. Son intention ? Doubler la mise. Début d’exploitation en 2028 14.000 m2 de surfaces seront édifiés sur la ZAIN Sud Loire (35.000 m2 à terme). 60 millions d’euros dépensés. 200 recrutements effectués dans les 10 ans, sans compter les emplois indirects : 115 chez les partenaires outilleurs et fournisseurs. « Nous voulons faire de ces sites une référence mondiale », argue Philippe Kamanova. Forcément, on applaudit jusqu’au sommet de l’État. Emmanuel Macron a fait d’Urgo l’une de ses « cathédrales industrielles » (les procédures, à ce titre, seront accélérées). Le soin n'attend pas. N°1 Premier site français spécialisé dans la réparation et le recyclage de bijoux fantaisie, Restor a vu le jour à Montbrison à l’initiative d’Alexandra Blin. Dans son atelier, la jeune femme reçoit, répare, transforme, redore et réexpédie tous types de pièces. restor-bijoux.fr Loire, casernes Bonne nouvelle pour les gendarmes Le saviez-vous ? Huit casernes de gendarmerie appartiennent dans notre département au groupe Deux Fleuves Loire Habitat. Le bailleur social s’attache à moderniser son parc. Isolation, menuiseries, ventilation et chauffage ont été repris, courant 2025-26, à Boën-sur-Lignon. L’office public a désormais le regard tourné vers Saint-Just-en-Chevalet dont la caserne, construite en 1925, est la plus ancienne du département. Son projet : doter les forces de l’ordre d’un nouveau bâtiment, proche du centre-ville, pour reconvertir l’existant, fin 2028, en résidence intergénérationnelle. Un troisième projet concerne, lui, la ZAC de Châteaucreux à Saint-Étienne avec une livraison de chantier prévue mi 2027. Zoom sur le canton d’Andrézieux-Bouthéon Superficie : 161,6 km² Nombre de communes : 15 Nombre d'habitants : 46 193 À savoir : C’est le canton le plus peuplé de la Loire. La population y est en forte augmentation (plus de 1.500 habitants en 6 ans). Paroles d'élus Vous les croisez au quotidien : Sylvain Dardoullier et Nicole Bruel vous représentent au conseil départemental. Les joindre : secrétariat au 04.77.48.42.25. Quel projet récent du Département dans votre canton vous tient particulièrement à cœur ? Nicole Bruel : On a pu aider tous les villages et villes du canton ces dernières années pour faire aboutir les projets les plus divers, comme l’aménagement du parvis de la gare de Montrond-les-Bains ou la bibliothèque de Bellegarde-en-Forez. Routes, bâtiments, culture… Chaque commune avait un montant alloué de 100.000 € minimum pour son projet phare, ce qui a permis de finaliser des chantiers ou de débloquer des situations. Sylvain Dardoullier : Au-delà de tous ces projets, l’aménagement du rond-point de la Gouyonnière, qui s’est achevé l’an dernier, a marqué les esprits. La création d’une voie supplémentaire et la mise en place de feux tricolores ont sûrement évité un ou des accidents graves sur l’autoroute, embouteillée aux heures de pointe. C’est un dossier complexe, où le Département a réussi à mettre tout le monde autour de la table (État, Saint-Étienne Métropole, communes). Qu’est-ce qui vous semble remarquable dans ce canton ? (NB et SD) L’animation dans les villes et les villages. Il se passe toujours quelque chose, quelle que soit la saison. Le tissu associatif est très développé et les bénévoles ne comptent pas leur temps. Il faut aussi saluer la qualité des entreprises de notre canton : SNF, Desjoyaux, Pasquier, JDE Café, Nestlé Purina… La liste est impressionnante. Certaines sociétés sont des leaders mondiaux dans leur domaine. Pourquoi j’ai choisi de m’engager en politique (au Département) ? Sylvain Dardoullier : C’est le prolongement logique de mon engagement au niveau de la commune (Aveizieux), depuis 2001. Ça s’est fait naturellement, après l’élection de Paul Salen comme député (2015), à l’issue d’une réflexion en famille. L’échelon départemental consolide des réalisations, le Département a un potentiel et une « force de frappe » énorme quand il entreprend des projets. Nicole Bruel : Je ne viens pas du milieu politique. C’est le prolongement de mon engagement associatif et mutualiste. J'agis dans le même état d’esprit : être au service de nos concitoyens. Ils vous conseillent L’endroit où ils aiment se ressourcer : (SD) L’incontournable, c’est la balade des bords de Loire, du sud au nord, que ce soit en vélo ou à pied : d’Andrézieux-Bouthéon à Montrond-les-Bains, on plonge immédiatement en pleine nature et on accède à des points de vue magnifiques grâce aux passerelles et aux escaliers. On peut faire ça en famille : il y a des panneaux pédagogiques vraiment intéressants. (NB) Oui, les bords de Loire sont exceptionnels : c’est reposant, intime. Il y règne souvent une grande fraicheur. Actuellement, l’automne est une très belle saison mais ce que je préfère c’est le printemps, quand la nature s’éveille et qu’apparaissent en deux jours des centaines de fleurs et de jeunes pousses. On se sent privilégiés. Un monument, un site à visiter : (NB) Le château de Bouthéon : c’est tout de même le 2e site le plus visité dans la Loire. Il est beau, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le parc est extraordinaire avec ses animaux et il y a beaucoup d’animations pour les enfants et les adultes, dont des expositions. Celle actuellement en cours, « Le Forez de Marguerite [Gonon] », est hors du commun. Les entreprises peuvent y faire des séminaires et le château accueille des manifestations d’ampleur régionale, dont la Fête de la courge (26.000 visiteurs en 2025). L’an prochain, on y fêtera le bicentenaire de la 1ère ligne de chemin de fer en France ! N'oublions pas Chamboeuf, célèbre pour sa culture des roses (la commune a obtenu une fleur d'or en 2024). Tous les villages du canton ont leur charme. (SD) Il y a tant de choses, rendez-vous compte ! Deux villes d’eau et deux casinos : Saint-Galmier et Montrond-les-Bains, le berceau de Badoit et un hippodrome plein de charme, avec des courses en nocturne. Effectivement, le château de Bouthéon est un incontournable. J’aime beaucoup la Verrerie de Veauche, qui peut se visiter. Elle travaille pour les marques les plus prestigieuses de champagne et de cognac. Le promontoire de Saint-Bonnet-les Oules offre une vue magnifique sur les monts du Lyonnais, tout comme le château de Bellegarde-en-Forez. Sylvain Dardoullier, conseiller départemental délégué au patrimoine Nicole Bruel, conseillère départementale déléguée à l'enfance C’est un très beau canton, vivant et dynamique, avec une dominante rurale et aussi des villes en plein essor. Il est très animé, il s’y passe toujours quelque chose. S’y épanouissent de très belles entreprises, pour la plupart des réussites entrepreneuriales locales. L'actu en bref sud Saint-Étienne / handicap Vis ma vie pro Travailleurs en milieu ordinaire, ils font la promotion de leur métier auprès de jeunes handicapés. Damien a 35 ans. Il excelle dans le tri et l’étiquetage. Ce jeune bibliothécaire porteur d'un TSA (trouble du spectre de l’autisme) apprécie l'ordre et le rangement. Sonia, Julien et Joshua l’écoutent, ce jeudi, parler de ses missions. Tous ont fait le déplacement à Carnot dans le cadre d'un « Vis ma vie pro en milieu ordinaire » organisé par Prisme 21 Loire. Historiquement tournée vers la trisomie 21, l’association accompagne aujourd’hui l’ensemble des TND (troubles du neurodéveloppement) et fait le constat de jeunes en manque de perspectives. « On leur demande très tôt de choisir un domaine d’activité, remarque Camille Reynaud, coordinatrice des projets. Les meilleurs sont envoyés en CAP, les autres en Esat (Établissement et Service d’Aide par le Travail) ou en IMPro (Institut Médico-Professionnel). Les débouchés sont peu variés : restauration, blanchisserie, conditionnement… À défaut de trouver une activité qui leur plaise vraiment, beaucoup perdent en motivation. » Le but de la rencontre du jour : ouvrir le champ des possibles. L’association organise deux réunions professionnelles du même type par mois. Chez Neyret, Décathlon, au collège Antoine-Guichard Huit ont déjà eu lieu en 2026 : chez Neyret, Biocoop, Décathlon, à l’École des Mines, au collège Antoine-Guichard de Veauche (le Département emploie un agent en situation de handicap à la restauration). « De nombreuses entreprises ont une démarche inclusive, souligne Camille Reynaud. 35 embauches en CDI ont été finalisées par notre SAT hors les murs (Service d’aide par le travail) depuis sa création. Nous piochons dans ce vivier pour établir notre programme de visites. Les accueillants jouent le rôle de pairs aidants. » Remarquable et remarquée, l’expérimentation sera généralisée à la France entière en 2028. + d’infos Les rencontres de deux heures sont ouvertes à l’ensemble des personnes en situation de handicap, éloignées de l’emploi ou pas encore insérées professionnellement. prisme21loire.org Saint-Étienne / livres jeunesse Une collection d’ouvrages pour les enfants placés Éditée chez Soleil vert, Anne-Sophie Saliba donne vie à deux lapereaux : Galurin et Mélusine. Galurin et Mélusine vivent en famille d’accueil. Convocation au tribunal, visites médiatisées rythment les journées de ces deux jeunes héros (des lapins) nés de l'imagination d’Anne-Sophie Saliba. Douze ans déjà que l’aventure a commencé pour cette enseignante passée par la protection de l’enfance. L’autrice est en 2011 assistante familiale à Montluel, dans l’Ain. Les enfants placés à son domicile réclament un conte qui traite de leur quotidien : elle pense trouver quelque récit en médiathèque mais ne déniche rien. Ses pensionnaires la mettent au défi de rédiger une histoire, ce dont elle s’acquitte entre une lessive et deux repas. Sollicité sur un forum, un illustrateur propose ses services. Le premier opus est édité chez Amalthée, repris et refondu par Faralonn. Six tomes viennent enrichir la collection entre 2018 et 2024. « Et puis mes éditeurs ont déposé le bilan », annonce l’autrice aujourd’hui installée à Saint-Étienne. Elle s’en ouvre au collectif Haut les mots dont elle est membre : artistes et paroliers conviennent de l’aider. Le chanteur Hugues Rambier fonde à ce titre la maison d’édition Soleil vert. L’oreille du gouvernement Pari gagnant : 4.000 exemplaires sont écoulés en l’espace de six mois. Imprimés à Bordeaux, les ouvrages (9 tomes aujourd’hui) rentrent massivement dans les foyers. Et les Stéphanois ont l’oreille attentive du gouvernement. Reçus par le cabinet de Sarah El Hairy, haute commissaire à l’enfance et encouragés à Paris, ils espèrent grossir leurs tirages en 2027. La petite maison n’exclut pas d’ouvrir son catalogue à d’autres auteurs, d’autres genres -« J’aimerais traiter de questions peu abordées », indique Hugues Rambiermais la priorité va pour l’heure à Galurin et Mélusine. Trois nouvelles parutions sont annoncées. + d’infos Commandes possibles en librairie ou sur editions-soleilvert.com Environnement Parc du Pilat Deux parcours pédestres invitent à la découverte de Salvaris, site équipé, ces quatre dernières années, de panneaux d'accueil, d'œuvres artistiques et dispositifs sonores. Le Département a investi 390.000 € dans la préservation et la valorisation de cet Espace Naturel Sensible. Le Président Georges Ziegler a salué fin juin la qualité des aménagements réalisés avec le concours de l'École Supérieure d'Art et Design de Saint-Étienne, du Parc naturel régional du Pilat, du bureau d'études Wabi-Sabi et de plusieurs entreprises ligériennes. Daniel Fréchet, vice-président chargé de l’Environnement et Nadia Semache, conseillère départementale, étaient à ses côtés. + d’infos : loire.fr/salvaris Saint-Étienne / musique haut de gamme(s) Le Brass Band Loire Forez fête ses 20 ans cette année. L’ensemble fédère 32 musiciens amateurs et élèves du conservatoire stéphanois, joueurs de cuivres et percussions. Julien Servanin en est le directeur musical (connu, entre autres, pour avoir contribué à l’enregistrement de la bande originale du Fabuleux destin d’Amélie Poulain). Trois temps forts ont été pensés pour marquer cet anniversaire : le premier dimanche 11 octobre à l’église de La Terrasse à Saint-Étienne en présence de l’ensemble de cuivres et percussions de l’Orchestre philarmonique de Radio France ; le deuxième dimanche 4 avril à La Comète dans le cadre d’un Tribute to Queen et le dernier, dimanche 23 mai à la collégiale de Montbrison, autour du Magnificat de Jean-Sébastien Bach, avec la participation du choeur Symphonia. + d’infos Billetterie sur bblf.fr Saint-Chamond / basket Recrue de taille Il y a deux ans, Timothé Vergiat offrait un incroyable moment d’émotion à La France : une médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Paris 2024 en basket 3x3. Il fait aujourd’hui partie de l’équipe du SCABB. Recruté en juin, l’arrière de 28 ans a rejoint le club en provenance de l’ADA Blois. Le joueur, faut-il le rappeler, est originaire de Roanne. Il porte le numéro 9. 10.000 Le nombre de paires de bretelles fabriquées chaque mois par l’entreprise Gérard Boyer à Villars. La manufacture fête ses 80 ans en 2026. 9.000 références figurent à son catalogue. Zoom sur le canton de Saint-Étienne 3 Superficie : 110,1 km² Nombre de communes : 2 (Roche-la-Molière et Saint-Genest-Lerpt) ainsi qu’une partie de la commune de Saint-Étienne Nombre d'habitants : 42 342 À savoir : Le canton englobe notamment l’ancienne commune de Saint-Victor-sur-Loire. Le conseiller départemental André Provéra a succédé en juin 2026 à Pierrick Courbon, dont il était le suppléant. Paroles d'élus Vous les croisez au quotidien : Arlette Bernard et André Provera vous représentent au conseil départemental. Les joindre : secrétariat au 04.77.59.32.03. Comment le Département intervient-il sur votre canton ? Arlette Bernard : Le Département est présent dans beaucoup de domaines et à tous les âges de la vie mais il a une compétence clé : la protection des enfants en danger et leur prise en charge par des professionnels de l’Aide sociale à l’enfance. Les enfants peuvent être accueillis à Saint-Genest-Lerpt au Foyer départemental de l’enfance et de la famille de la Loire, qui fonctionne 24 h sur 24, 365 jours par an. Les plus jeunes, de la naissance à trois ans, sont confiés à la Pouponnière, dans le cadre d’un accueil provisoire ou d’une décision judiciaire. Elle accueille 20 enfants, répartis en quatre unités de vie (deux jusqu’aux 18 mois de l’enfant, deux de 18 mois à trois ans) et la prise en charge est pluridisciplinaire (médecin, éducateur, puéricultrice, etc.). Le lieu comporte aussi un espace d’accueil pour les parents. André Provera : Il existe aussi une unité à Roche-la-Molière pour les trois-six ans, implantée discrètement dans une maison de ville, à proximité du centre. C’est un petit cocon, dans un environnement apaisant, qui favorise l’éveil, l’autonomie et la vie en groupe. On trouve aussi dans le canton la Maison du Grand-Clos, pour les trois-six ans également, une maison individuelle avec six chambres qui comporte une salle de jeux et un espace extérieur à l’abri des regards, pour préserver l’intimité des enfants. Quelle est la particularité du collège du Puit de la Loire, qui vous tient à cœur ? (AB) Ce collège qui accueille 500 élèves a longtemps été sous-estimé, alors qu’il a des locaux spacieux, dans un cadre arboré (parc de deux hectares) et qu’il est très bien équipé en matériel informatique et multimédia. Outre les classes classiques de collège, il propose une Segpa (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté) aux jeunes désireux d’acquérir un diplôme de niveau CAP en quatre ans, dans les domaines «Hygiène alimentation services » et « Espace rural environnement ». Une dizaine de jeunes sourds, au sein même des classes, y bénéficient d’une unité d’enseignement « Plein vent », avec l’intervention de divers professionnels. L’établissement comporte enfin une classe Ulis pour les élèves en situation de handicap. La fin de l’année scolaire a été riche en évènements festifs… (AP) Oui, il y a eu les représentations à la Comète des ateliers artistiques, l’inauguration d’une exposition de la Segpa sur les femmes célèbres, la remise de diplômes aux élèves de la seule « classe Défense » du département et la seconde place (sur 100) d’une classe de troisième aux Olympes de la parole ! Preuve de l’investissement des enseignants, de la principale Mme Hani, et surtout des élèves. Ils vous conseillent L'endroit où ils aiment se ressourcer : (AB et AP) Le plateau de la Danse est un écrin de verdure qui domine le bourg médiéval de Saint-Victor et la Loire. On peut y admirer la Presqu’île du Chatelet, la Tour de Chambles, le château d'Essalois et la magnifique base de loisirs. Un établissement à découvrir : (AB et AP) L’école de musique de Roche-la-Molière est devenue en mai un Conservatoire à rayonnement communal ! C’est le couronnement de plusieurs années de travail réalisées par l'équipe de direction, Hervé Freycenéon en tête, et les élus de la ville. Et le fruit d’une aventure humaine formidable, avec la complicité bienveillante de Daniel Kawka, célèbre chef d'orchestre et compositeur, parrain de l'établissement depuis la création de l'école de musique. Roche-la-Molière rejoint donc les municipalités de Rive-de-Gier, Saint-Chamond et Andrézieux-Bouthéon dans la liste des structures reconnues par l'État. Ça pourrait ouvrir la voie à de nouveaux financements, notamment du Département et de la Direction régionale des affaires culturelles. Le nouveau conservatoire accueille pour l'heure 420 élèves, dans les cours, ateliers et pratiques collectives et compte 13 professeurs de musique, enseignant sur un éventail d'instruments qui ne cesse de progresser. Une convention avec le collège, proche du conservatoire, pourrait bientôt voir le jour. C’est essentiel car la musique est une école de la vie : elle permet de s'écouter et d'écouter les autres, elle développe la sensibilité et le respect de chacun. C’est un véritable rempart pour lutter contre l'intolérance... André Provera, conseiller départemental Arlette Bernard, conseillère départementale C’est un canton vivant, jeune et dynamique, qui comprend des quartiers populaires de Saint-Étienne, une ville résidentielle, une autre de tradition ouvrière et un bourg médiéval qui surplombe les gorges de la Loire. Cette diversité fait son charme. Le dossier PMI Avec la PMI, apprivoiser bébé Les services de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) accompagnent les parents sur le chemin de la petite enfance. 148 professionnels de santé conseillent gratuitement les familles. Aline est née le 18 septembre. Avec ses 2,9 kilos, elle est sortie toute fluette de la maternité. Il faut la peser très régulièrement ; une source d’angoisse pour ses parents. Léa, la maman, finit par composer le numéro d’Allo PMI (Protection Maternelle et Infantile) : « Et si Aline, nourrie au sein, ne prenait pas suffisamment ? » Au bout du fil, une infirmière puéricultrice la conseille. La rassure. C’est le rôle du Département que d’accompagner les familles dans leur découverte de la parentalité. La PMI est née en 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. On s’inquiète à l’époque des forts taux de mortalité infantile (50 décès pour 1.000). Consultations et visites à domicile doivent faire rempart. De fait, les ratios chutent. En 1965, le nombre de décès n'est plus que de 22 pour 1.000. Il tombe à 9,6 en 1980. Trois ans plus tard, l’État confie la gestion de cette politique aux Départements qui entreprennent de diversifier les actions préventives. Le soutien aux parents débute aujourd’hui dès la grossesse. Les sage-femmes de PMI réalisent, au même titre que les professionnelles libérales, les entretiens prénataux précoces. « Toutes ont été formées à la santé environnementale : aux habitudes de consommations, aux polluants, précise le Dr. Jorielle Viricel, médecin départemental de PMI. Car nous savons que l'alimentation de la maman et les produits cosmétiques ou d'entretien utilisés ont des incidences sur la santé du futur enfant ». Permanences et consultations gratuites Chamboulées par l’arrivée d’un bébé ? Les familles sont encouragées à prendre contact. Il y a la ligne Allo PMI (accessible du lundi au vendredi de 8h30 à 17 h) mais aussi 53 sites de permanences où recueillir les conseils de puéricultrices. Pour évoquer les questions d'alimentation, sommeil, pleurs, jeux, développement… « Nous avons des conseillères en lactation pour tous les sujets liés à l’allaitement, précise Jorielle Viricel. Les infirmières se déplacent si besoin au domicile ». 40 médecins reçoivent par ailleurs en consultation. « Attention, ces derniers ne se substituent pas aux médecins traitants. Ils assurent principalement des consultations de suivi à huit jours, deux semaines, un, deux, trois, quatre, cinq, six, neuf et vingt-quatre mois…Et veillent au bon développement de l’enfant jusqu’à 6 ans.» Leur intervention vient en complément des généralistes et pédiatres, Des ressources bien utiles quand se font jour, un peu partout, les problématiques de désertification médicale. « Ce service est offert sur l'ensemble du territoire ligérien », précise Jorielle Viricel. L’accès à la PMI est gratuit et ouvert à tous, rappelle un rapport parlementaire. « Mais les interventions sont renforcées en direction des enfants et des familles vulnérables. On parle d’universalisme proportionné ». Ce qui explique une plus forte représentativité de la PMI dans le Sud Loire : les populations y sont plus importantes et souvent plus en difficulté. Animations collectives Nombreuses sont, dans ce cadre, les actions collectives organisées autour de thématiques variées : le portage en écharpe, le massage, la lecture, le jeu… Ce vendredi matin, trois poussettes quittent le centre-ville de Saint-Étienne pour gagner la fraîcheur du parc Jean-Marc à Villars. Le propos du jour : la motricité. Mathilde et Chloé, infirmières puéricultrices, invitent les mamans à faire le tour des allées ombragées. Les gamins s’échappent en courant vers balançoires et toboggans. Déballés sur un carré d’herbe, pêche à la ligne, jeux de construction et d’imitation occupent les fratries un temps. Puis chacun se lève pour tenter d’incarner chat, chien, flamant, éléphant. Les dos s’étirent, se courbent. « Le yoga est un bon moyen de tempérer les moments d’excitation à la maison, explique Mathilde. Les mamans peuvent venir aussi. On a le droit de jouer quand on est grand » . L’objectif de cette rencontre hors les murs ? Créer du lien, de la confiance, éviter la stigmatisation, donner des idées : de lieux où revenir, d’activités à reproduire. Les agents de la PMI investissent pareillement les centres sociaux, les ludothèques, les médiathèques... « Toutes les familles ne connaissent pas leur quartier. Et beaucoup n’osent pas. Se disent : "Ce n’est pas pour moi", constate Chloé. À chaque fois, nous semons de petites graines ». Porteront-elles un jour des fruits ? Les études scientifiques affirment que oui, comme en atteste cette analyse du programme américain Nurse-Family Partnership spécialisé dans les visites à domicile pré et post-natales. « D’ici 2031, les actions menées entre 1996 et 2013 devraient permettre d’éviter environ 500 décès de nouveau-nés, 10.000 naissances prématurées, 4.700 avortements, 42.000 incidents de maltraitance d’enfants, 36.000 incidents de violences conjugales ». Sans compter la réduction des coûts pour le système de santé et le moindre recours aux aides sociales. « Cet accompagnement en proximité des familles permet de sensibiliser les parents aux besoins fondamentaux de leurs enfants, conclut Jorielle Viricel. Il favorise une meilleure santé physique, psychique, affective pour un développement optimal. Sur le long terme on est toujours gagnant à faire de la prévention ». 5.896 enfants de moins de 6 ans vus en consultation, 4.674 accompagnés par une infirmière puéricultrice, 17.158 vaccins réalisés en 2025. 148 : le nombre de professionnels de santé affectés à la PMI Loire. Les effectifs sont pluridisciplinaires. Ils englobent médecins (40), sage-femmes (9), infirmières puéricultrices (83)… 803 : le nombre d'appels passés en 2025 à la PMI Loire. Le numéro à épingler sur le frigo : Allô PMI Loire 04.77.49.76.76. Nicole Bruel, conseillère départementale déléguée à l'enfance : « Faire grandir les enfants et les jeunes dans un environnement favorable est notre priorité. Il s’agit de donner à tous les meilleures chances de réussite. » « Moins d’écrans, plus d’interactions » Séverine et Delphine sont infirmières à la PMI. Toutes deux sensibilisent les parents aux risques encourus par leurs enfants à trop consommer d’écrans. Télévision, tablette, smartphone… Les écrans ont envahi nos quotidiens. C’est un problème ? Oui et il concerne tous les âges, tous les milieux, socio-démographiques et culturels. On connaît bien aujourd’hui les recommandations nationales : pas d’écran avant trois ans ; des contenus et des temps adaptés selon les âges (pas d’écran le matin, pendant les repas, avant le coucher). En pratique, qu’en est-il ? Les parents ont entendu le message mais tous ne l’appliquent pas. Comment abordez-vous la question avec les familles ? Les grands discours moralisateurs ne fonctionnent pas. Nous avons créé un photolangage que nous proposons lors d’animations dans les écoles. Les familles sont invitées à choisir deux images qui leur parlent, ou les dérangent. Le jeu est prétexte à l’échange. C’est l’occasion pour nous de proposer des alternatives aux écrans : une pause lecture, une balade en forêt, une recette à quatre mains… Pourquoi faut-il limiter les temps d’exposition ? Parce qu’ils génèrent des troubles du sommeil, de l’attention et de la vision. Créent des retards d’apprentissage et, avant tout, des retards de langage. Nous faisons régulièrement face à des enfants qui ne parlent pas, dont le regard est fuyant, incapables d’entrer en communication. Certains consomment, en petite section, jusqu’à 5 heures d’écran par jour ! D’autres se réveillent et s’endorment avec la télévision, allumée 24h/24. Un vrai sevrage est alors nécessaire. Comme pour la nicotine, le processus s’accompagne de crises et de colères. Mais les bénéfices sont perceptibles en 3 ou 4 mois : l’enfant recommence à jouer, apprend du vocabulaire. Heureusement que les choses sont réversibles. Des espaces de jeux et d’écoute Chez Trampoline, les parents discutent pendant que les enfants jouent. Bienvenue dans l’un des 17 LAEP de la Loire soutenus par le Département. Mais quand va-t-il enfin dormir ? » La question n’appelle pas de réponse. C’est autre chose que l’on vient chercher chez Trampoline : de mêmes yeux cernés, un même état de fatigue, la rencontre d’un soutien bienveillant. Porté par le centre social de Montbrison, le LAEP (Lieu d’Accueil Enfants Parents) est ouvert aux moins de quatre ans et à leurs accompagnants : parents et grands-parents. L’entrée y est libre, gratuite, anonyme, et la confidentialité des échanges garantie. Six univers récréatifs égayent la pièce : tapis destiné aux nourrissons, coins dinette, puzzles, motricité, jeux symboliques, bibliothèque et tipi. « Le LAEP introduit les plus jeunes à la vie en collectivité et favorise la rencontre de familles qui ne se seraient jamais croisées autrement », déclare Adeline Crépet, directrice du centre social. Deux accueillantes, installées sur de petites chaises, se joignent aux conversations sur l’alimentation, les modes de garde, les frustrations. Expliquent, rassurent. Isabelle Layes et Annick Fritsch sont formées à l'écoute. « Nous ne portons aucun jugement, n’imposons rien. » Sortir de l’isolement Certains adultes profitent d’un thé ou d’un café pour dire leurs joies, leurs inquiétudes. Leurs galères. Leur cafard. Les professionnelles orientent au besoin vers les services de la PMI (Protection Maternelle et Infantile), Allô, Parents en crise ou Maman blues. « Le LAEP est un espace de prévention mais aussi un lieu de veille, glisse Adeline Crépet. Nous y sommes à l’écoute des préoccupations parentales. » En découlent des animations ciblées, comme cet atelier sommeil organisé en 2025 hors du LAEP. Ouvert quatre demi-journées par semaine, Trampoline accompagne une centaine de familles à l’année. « C’est plus difficile depuis le covid. Les gens ont du mal à sortir de chez eux. » Aux tentations de repli s’ajoute la baisse de la natalité. Le LAEP demeure néanmoins prisé. On vient de Noirétable, Saint-Bonnet-le-Château et de toute la plaine du Forez profiter de ce temps d’échange privilégié. + d’infos csmontbrison.centres-sociaux.fr, 04.77.96.09.43 Retrouvez la liste et les coordonnées des LAEP sur petiteenfanceloire.fr Les structures ne dépendent pas du Département mais bénéficient d'un accompagnement financier. Carnet bleu Un nouveau site internet pour la PMI Loire Vous allez donner la vie ou êtes jeune parent ? Le nouveau site web de la PMI Loire vous informe et vous oriente... Trouvez le lieu de consultation le plus proche de chez vous, jetez un œil aux vidéos dédiées aux modes d’accueil, à l’alimentation, à la contraception… Faites le plein de conseils et de suggestions. À découvrir sur petiteenfanceloire.fr PMI, aux côtés des jeunes parents, d’avant la naissance à 6 ans La Protection Maternelle et Infantile est un service du Département de la Loire Toutes les réponses à vos questions, en un clic : conseils, informations pratiques, vidéos et adresses utiles sur petiteenfanceloire.fr 53 centres de PMI (Protection maternelle et infantile) accompagnent les jeunes parents dans la Loire. Conseils, animations, rendez-vous, suivi. Tout est gratuit. Pour qui ? Toutes les familles, sans distinction. Grossesse Les sage-femmes de PMI réalisent des suivis de grossesse en complément des suivis effectués par les sage-femmes et médecins libéraux. 698 femmes enceintes ont bénéficié de cette prise en charge en 2025. Naissance Remis en maternité, le carnet de santé est édité par les services du Département. Les centres de PMI échangent avec les hôpitaux. En cas d’hospitalisation du nouveau-né, les parents se voient systématiquement proposer une visite. Vous avez choisi d’allaiter mais ne savez pas comment vous y prendre ? Des conseillères en lactation vous reçoivent pour vous guider. Nourrisson Permanences de puériculture : les infirmières du Département accompagnent les jeunes parents dans la découverte de la diversification alimentaire, la motricité, la parole… Les rencontres ont lieu sur rendez-vous dans les locaux du Département, ou bien directement à domicile. Suivi de croissance, vaccinations : les familles peuvent demander à voir un médecin en consultation jusqu’aux 6 ans de l’enfant. À savoir : 21 examens de santé sont programmés et pris en charge à 100% par l’Assurance maladie entre la naissance et les 6 ans de l’enfant. Actions collectives : les centres de PMI organisent des temps de partage thématiques : balades poussette, sorties nature, ateliers massages, portage, jeux... L’occasion d’échanger entre parents et professionnelles. Jeune enfant Crèches, assistantes maternelles… Pas d’accueil sans agrément de la PMI. Le Département contrôle le bon fonctionnement des structures, publiques comme privées. Il évalue les candidats au métier d’assistant maternel, s’assure de leurs conditions d’exercice et les accompagne dans leur pratique professionnelle. 123 contrôles ont été réalisés en 2025 dans les Établissements d’Accueil du Jeune Enfant et 379 visites de suivi chez les assistants maternels. Tous les enfants de moyenne section bénéficient d’un bilan de santé à l’école maternelle. Réalisées par des infirmières du Département, ces visites tendent à repérer d’éventuels problèmes de vue, d’audition, retards de langage ou de développement. Plus de 8.000 enfants sont vus chaque année. À votre service La force vive des jeunes sapeurs-pompiers Parmi les 2800 sapeurs-pompiers du Département, 80 % sont volontaires. Mais un quart d’entre eux s’est investi très tôt dans la filière des jeunes sapeurs-pompiers : une vocation qui débouche sur un engagement. C’est une rentrée supplémentaire que vivent cet automne 170 jeunes Ligériens de 12 à 17 ans, moins scolaire, plus civique, solidaire et sportive que celle des autres élèves : celle des jeunes sapeurs-pompiers (JSP), engagés pour quatre ans dans une formation qui les conduira au Brevet national. Réunis en juin dernier à l’Hôtel du Département, les 44 jeunes diplômés de la promotion 2026, soit 21 filles et 23 garçons, ont suivi un parcours en quatre cycles, qui les amène de l’apprentissage du matériel et des gestes qui sauvent (cycle 1) à la mise en situation opérationnelle (cycle 4). « Les jeunes se retrouvent en moyenne une fois par semaine, hors vacances scolaires, généralement les mercredis après-midi ou samedis matin. Ils sont formés au plus près de leur domicile, au sein des 13 sections locales réparties sur l’ensemble du département », résume le commandant Philippe Robert, chef du service fidélisation et développement du volontariat au sein du Sdis (Service Départemental d’Incendie et de Secours), qui travaille en lien avec l’Union départementale des sapeurs-pompiers. Des rencontres agrémentées parfois de temps forts collectifs, comme des manifestations sportives départementales ou des camps brevet JSP de trois jours, organisés chaque année au mois de mai pour passer les épreuves certificatives. Formés au « prompt secours », les JSP sont de véritables ambassadeurs des gestes qui sauvent dans leurs établissements et donnent l’exemple en tant que serre-file lors des exercices d’évacuation. Ils contribuent à diffuser la culture de la sécurité auprès des plus jeunes. « Ils développent aussi des valeurs citoyennes, d’engagement, de solidarité et d’éthique, qui les accompagneront toute leur vie. Et deviennent au fil des mois de véritables équipiers de sapeurs-pompiers, lors des missions de lutte contre les incendies, de secours d’urgence et de protection des personnes ». Des équipiers fidèles : une fois diplômés, 95% d’entre eux concrétisent leur engagement en devenant sapeurs-pompiers volontaires. + d’infos : p.robert@sdis42.fr, pompiers.fr/jeune-sapeur-pompier 3 nouvelles sections de JSP vont rouvrir cette année dans la Loire : l’Ouest stéphanois (La Ricamarie, Roche-la-Molière), la Vallée du Gier et le secteur Forez Est (entre Feurs et Chazelles-sur-Lyon) Rénovation des collèges : les opérations d’ampleur se succèdent Le collège Charles-Exbrayat, à La Grand-Croix, sera le prochain à bénéficier d’une restructuration d’envergure. Murs et mobiliers mobilisent d’importants budgets en collège. Il s’agit, pour le Département, d’assurer de bonnes conditions d’apprentissage aux quelque 39.000 élèves inscrits dans les 76 établissements ligériens. 14 millions d’euros ont, ces dernières années, servi la restructuration des établissements Jacques-Brel à Chazelles-sur-Lyon, Gambetta à Saint-Étienne, Louis-Grüner à Roche-la-Molière. Une nouvelle opération d’ampleur est projetée à La Grand-Croix, au profit du groupe Charles-Exbrayat. Échelonnés sur quatre ans, entre 2027 et 2030, les travaux modifieront considérablement le cadre de vie des jeunes et des personnels avec la création d’une salle polyvalente de 250 m2 et la refonte de la restauration scolaire. « Une ouverture est prévue sur l’extérieur, annonce la direction de l’Éducation. De manière générale, les espaces seront redistribués, les circulations simplifiées ». Un projet soutenu par la banque des territoires Et là ne se limiteront pas les changements apportés à l’existant. Cour de récréation et parkings seront désimperméabilisés et renaturés de manière à limiter les risques de ruissellement et d’inondations en cas de fortes intempéries. Installation de panneaux solaires, reprise de l’isolation, de la ventilation, achèveront de répondre aux défis énergétiques, environnementaux et climatiques ; « des enjeux immédiats auxquels les collectivités doivent apporter des réponses concrètes et durables ». 18 millions d’euros ont été provisionnés pour mener à bien ce chantier. Un prêt de 10 millions d’euros, consenti par la Banque des territoires à des conditions très avantageuses, contribuera à régler la facture. « Ensemble, nous investissons dans l’éducation et la transition écologique, deux piliers essentiels au territoire », se félicite Antoine Saintoyant, directeur de l’organisme bancaire. Et Georges Ziegler, président du Département, d’abonder : « Investir dans nos collèges, c’est investir dans la réussite de nos jeunes et dans l’avenir de notre département ». À noter que le Département recevra 1,36 millions d'euros du Fonds Vert pour la qualité énergétique et environnementale de ce projet de restructuration. Travaux Chantiers post-inondations dans le Pilat : vers un rétablissement complet de la circulation Lourdement affecté par la crue du 17 octobre 2024, le réseau routier départemental a dû subir nombre d’interventions. Deux ponts restent en travaux sur la commune de Chavanay. Fin de traitement prévue en mai 2027. Pont de Chorieux Montant de l’opération : 1 million d’euros (à comparer avec ce qu’en coûterait une éventuelle reconstruction du pont de Veauche : 30 millions d’euros). Réouverture complète à la circulation : octobre 2026 Construction d’un nouveau pont, l’ancien ayant été emporté par la crue Opération d’envergure menée cet été à la confluence du Régrillon et de la Valencize avec la mise en place d’un nouvel ouvrage voûte. Deux piliers supportent à présent le tablier, une banquette bétonnée de trois mètres d’épaisseur servant de base à l’ensemble. « Nous avons mené les travaux au sec sans perturber l’écoulement de la rivière grâce à l’emploi temporaire d’un batardeau », indique Davy Gardette, responsable du service départemental des ouvrages d'art : une conduite d’1,5 m de diamètre, destinée à canaliser les eaux. Pont sur la Valencize Montant de l’opération : 720.000 euros Réouverture complète à la circulation : mai 2027 Confortement de l’ouvrage, daté de 1835 et fissuré en son milieu Ici, point besoin de reconstruire mais nécessité de renforcer la pile centrale et de reposer une dalle qui vienne soulager la voûte. La circulation, depuis la crue, s’effectue de manière alternée pour les véhicules légers. L’ouvrage est interdit aux poids lourds -et aux campings cars- de plus de 3,5 tonnes. Deux portiques et deux pré-portiques en défendent l’accès. Beaucoup tentent cependant de passer en force. « Nous intervenons quotidiennement pour remettre les chaînes, déplorent les agents départementaux. Et il faut régulièrement changer les portiques. » Les accrochages accaparent les services dont les interventions ont dépassé cet été le millier d’heures. Sans parler des coûts _nanciers. C’est pourquoi chaque dégradation s’accompagne d’une demande de dédommagement. Réparation / consolidation de 8 murs de soutènement sur la RD7 entre Pélussin et Chavanay courant 2025. Pour connaître les itinéraires de déviation et les restrictions poids lourds : inforoute42.fr 3.000 agents à vos côtés Médiation : un conflit avec le département ? Deux médiateurs vous conseillent de manière indépendante et gratuite Vous n’êtes pas d’accord avec une décision rendue par l’un de nos services ? Roland Lonjon et Marie Ravailler vous aident à résoudre vos différends. Médiateurs bénévoles, ils ont fait leur entrée en janvier au Département. Le premier a fait toute sa carrière à la Fédération du BTP (bâtiment et travaux publics). Retraité, il exerce aujourd’hui la profession de médiateur judiciaire en libéral. « J’interviens à la demande des tribunaux judiciaires, des cours d’appel, des tribunaux administratifs pour faciliter la discussion et la recherche de solutions. Les deux parties trouvent un accord à l’amiable dans plus de 70 % des cas. C’est tout l’intérêt de la médiation : permettre à des particuliers de régler eux-mêmes un problème en quelques semaines quand il leur faudrait des mois voire des années pour obtenir un jugement. » Marie Ravailler est issue du tourisme. Spécialisée dans la production de voyages et de rando, elle porte un réel intérêt aux actions qui permettent de favoriser et de retisser du lien social. Principalement sollicités pour des affaires d’ordre social (incompréhension de décisions liées au RSA, recouvrement de prestations…), Roland Lonjon et Marie Ravailler sont joignables par mail et par courrier. Attention, sont exclus de leur champ d’intervention : les marchés publics, les ressources humaines, les demandes de subvention et toute situation déjà traitée par un autre dispositif de médiation ou par le Défenseur des droits. + d'infos : loire.fr Contact : Par courrier : Département de la Loire Médiation départementale, 2 rue Charles de Gaulle, 42022 Saint-Étienne, mail : mediation@loire.fr Santé : l’hiver arrive. Pourquoi le vaccin contre la grippe est important Le vaccin contre la grippe est gratuit pour les plus de 65 ans. Les médecins recommandent ce vaccin aux personnes âgées. Ce vaccin a quatre avantages : -Il protège de la maladie. -10.000 personnes meurent de la grippe chaque année en France. -Il permet d’éviter une hospitalisation. -Il limite les complications. La grippe multiplie par 5 les risques de faire une crise cardiaque ou un AVC. Un AVC c’est un Accident Vasculaire Cérébral. C’est la perte subite d’une fonction du cerveau. La maladie augmente aussi les risques de démence. Dans les trois cas, il s’agit d’ennuis de santé très graves. -Se faire vacciner, c’est protéger les autres. Il existe un vaccin contre la grippe mais aussi contre le covid, le pneumocoque et le zona. Dans la Loire, les médecins aimeraient convaincre tous les patients de se faire vacciner. La moitié des seniors vivent sans protection. Vous avez plus de 65 ans ? Vous pouvez demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien. Portrait d’agent Sorties de route : il veille au grain Niall Doran répertorie les zones accidentogènes sur les routes départementales. Ses analyses statistiques et rapports de terrain débouchent, au besoin, sur des aménagements. Niall Doran est lecteur de presse. C’est à la rubrique Faits divers qu’il s’intéresse : dramatiques froissements de tôle et sinistres embardées. Ce chargé de projets « sécurité des déplacements » fait dans l’analyse de données. Son job : dégager des statistiques en matière de sécurité routière. « Mes sources ne se limitent pas aux journaux. Je dispose d’un accès au fichier des forces de l’ordre. Elles me renseignent sur les circonstances des incidents : conditions de circulation, taux d’alcoolémie… Cela me permet d’établir une liste de tronçons dangereux, en fonction de l’accidentologie et de la fréquentation ». Les secteurs prioritaires font l’objet d’aménagements spécifiques : ajout de glissières, de panneaux signalétiques, enlèvement d’obstacles… Sorties de route et collisions mortelles retiennent tout particulièrement son attention. Les visites terrain sont dans ces cas systématiques. Niall Doran étudie la configuration des lieux, la visibilité. Rédige un rapport assorti de photographies. « Il est rare qu’on arrive à mettre le doigt sur quelque chose. La plupart du temps, les responsabilités sont humaines et les infrastructures totalement hors de cause ». Mais il suffit parfois d’un bête changement de panneau. Le 5 juin 2026, une Citroën et un semiremorque entrent en collision sur la RD 482 à Vougy. L’automobiliste y laisse la vie. À l’écran, Niall Doran compte deux incidents du même type, plutôt récents, quand rien ne s’était passé dans le secteur pendant 10 ans. Sur place, il enregistre plusieurs dépassements risqués. Mais c’est en réunion avec le service technique départemental et la commune que tout s’éclaire. Les limites d’agglomération ont été repoussées quelques mois plus tôt. Conséquence : des automobilistes contraints de patienter avant de pouvoir doubler et plus enclins à écraser l’accélérateur, même en l’absence de visibilité. « Nous allons prendre des mesures de vitesse et puis nous verrons ce qu’il est possible de faire », déclare l’agent, entré au Département en 2022. Niall Doran était auparavant technicien de rivière. Venu à la fonction publique par le biais d’un BTS gestion et maîtrise de l’eau. « Une reprise d’études, à la trentaine, Parce que mes premiers boulots étaient plutôt alimentaires : centres d’appel, saisies informatiques… J’ai même travaillé comme formateur d’anglais ». D’accent, ce natif d'Irlande diplômé en langues étrangères n'a plus. Très à l’aise dans ses fonctions, il effectue en plus tous les cinq ans l’inspection d’une trentaine de passages à niveaux. Et assure un rôle de veilleur pour le PC routes. « Nous prenons l’astreinte téléphonique à tour de rôle. » Au bout du fil : élus, pompiers, gendarmes et policiers requérant déviations ou déblaiements par suite, bien souvent… d’accidents. + d’infos : loire.fr/3000agents 30 Le nombre de passages à niveau contrôlés tous les 5 ans. « Les visites d’inspection sont organisées avec la SNCF. On vérifie la conformité des installations, la lisibilité de la signalétique d’approche… » Le Département vous répond Lu sur nos réseaux Mon fils a 14 ans. Il utilise quotidiennement les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Nous parlons un peu harcèlement et deepfakes (hypertrucages : ce sont souvent des contenus multimédias falsifiés) à la maison mais je ne maîtrise pas suffisamment le sujet pour le guider dans ses pratiques. Où trouver de l’information ? Le Département vous répond Le Département a conçu deux parcours d’auto-formation accessibles aux 12-18 ans. Le premier explore la thématique des réseaux sociaux, de la cybersécurité et des cyberviolences. Le second est dédié à l’intelligence artificielle : ses usages, sa place dans le monde professionnel, son impact environnemental, ses risques… 100% funs, ces cours en ligne sont accessibles gratuitement sur inscription. Deux sessions sont proposées cette fin d’année : à partir du 19 octobre et du 21 décembre. + d’infos : loire.fr Loire Mag est distribué dans chaque boîte aux lettres du territoire, y compris celles disposant d’un autocollant « Stop pub». Si vous ne le recevez pas : assurez-vous qu’il n’a pas été jeté par un membre du foyer et remplissez le formulaire à l’adresse loire.fr/webzine TV & podcast Loire Mag joue les prolongations... Nos partenaires radio et TV développent quatre sujets abordés dans nos pages. Interviews d’élu, reportages… Retrouvez l’émission réalisée par TL7 et le podcast de RCF Saint-Étienne sur loire.fr/webzine ; tl7.fr et rcf.fr/saintetienne Séances publiques 12/10/26 : décision modificative n°2 04/12/26 : décision modificative n°3 Annuaire utile MDPH / Maison Loire autonomie : numéro unique 04.77.49.91.91 Maison de l’habitat : 04.77.59.96.50 (Saint-Étienne), 04.77.78.39.94 (Roanne), 04.77.96.56.66 (Montbrison) Archives de la Loire : 04.77.93.58.78. Les tribunes Groupe union pour la Loire Hommage à ceux qui nous protègent Alors que l’été s'achève, les épisodes de canicule à répétition que notre territoire a subis nous rappellent à la réalité : le dérèglement climatique est devenu notre quotidien. La Loire, à l’instar d’autres nombreux départements, a vu le thermomètre s'affoler, éprouvant nos organismes, nos infrastructures, nos récoltes et nos paysages. Face à cette épreuve collective, notre Département a su tenir bon, fidèle à sa vocation première : protéger et accompagner chacun d'entre nous. Dans cette bataille contre les fortes chaleurs, notre priorité a été claire : veiller sur nos aînés. Dans les Ehpad et les résidences autonomie de tout le département, la vigilance a été de chaque instant. On ne répétera jamais assez ce que nous devons aux personnels soignants et aux agents départementaux. Leur bienveillance et leur professionnalisme ont fait toute la différence en prenant soin de nos seniors. Malheureusement, les incendies ont fait suite à la chaleur et puisque d'autres visages familiers se sont retrouvés en première ligne, nous voulons rendre ici un hommage sincère et appuyé aux femmes et aux hommes du Service Départemental d'Incendie et de Secours (Sdis) de la Loire. Nous saluons leur force déployée au sein des 71 casernes qui couvrent l’ensemble des communes et qui ont ainsi pu garantir des secours de proximité, du nord au sud, en ville comme dans nos villages les plus retirés. Derrière cette présence, ce sont 2.800 sapeurs-pompiers qui veillent sur nos familles jour et nuit. Et il y a ce chiffre qui force l'admiration et résume à lui seul l'esprit de notre territoire : 80 % d'entre eux sont des volontaires. Ces citoyens engagés concilient vie professionnelle, vie de famille et don de soi pour porter assistance aux autres. Cette année plus qu’une autre, nous saluons leur courage puisqu’aux 50.000 interventions ligériennes, sont venus s’ajouter des déplacements en Haute-Loire, en Gironde et dans le Var. Plus que jamais, la coopération et la solidarité sont au cœur de l'engagement de nos pompiers ligériens qui n'hésitent pas à porter secours aux départements plus touchés que le nôtre. Nous avons ici dans la Loire la chance de pouvoir compter sur une relève passionnée : 250 jeunes sapeurs-pompiers s'entraînent chaque week-end pour apprendre les gestes qui sauvent. Cet esprit civique s'apprend dès le plus jeune âge, à l'image du travail mené dans les sept classes collèges de cadets de la sécurité civile déployées dans notre territoire. Alors que les aléas climatiques risquent de s'intensifier, notre groupe politique réaffirme sa feuille de route : continuer d'investir pour la protection de tous, soutenir sans réserve nos agents et donner à nos pompiers les moyens d'agir à la hauteur de leur dévouement. Face aux chaleurs de l'été comme aux tempêtes de demain, la Loire reste une terre solidaire, debout et reconnaissante envers celles et ceux qui nous protègent. Antoine Vermorel-Marques, président du groupe Union pour la Loire, Député, Le groupe de la droite, du centre et des indépendants Groupe Loire en commun Enfance et jeunesse : une rentrée à nouveau fragilisée En septembre 2025, notre groupe avait déjà déploré les coupes sévères décidées par l’exécutif départemental à l’égard de la politique enfance et jeunesse. Cette rentrée scolaire est à nouveau marquée par des choix départementaux que nous désapprouvons parce qu’ils mettent en difficulté de nombreuses structures indispensables au bien-être et à l’épanouissement des enfants et des adolescents ligériens. Les LAEP (Lieu d’Accueil Enfants-Parents) connaissent une baisse de 30 % des heures financées. Pourtant, on sait l’importance de la prise en charge de l’enfant par le soutien accordé aux parents, dans leur apprentissage du lien qu’ils vont construire et qui permettra l’épanouissement de la famille. La droite ligérienne décide aussi de diminuer les subventions des associations qui accompagnent la rencontre parents/enfants dans le cadre d’une décision de justice. Les actions de prévention et de lutte contre les abus sexuels se voient aussi privées de moyens. De plus, des actions menées auprès des adolescents, priorité départementale par la compétence « collèges », sont aussi malmenées : les collégiens eux-mêmes sont impactés par cette privation de moyens puisque, cette année, le soutien aux sections sportives des collèges est supprimé. Enfin, l’Éducation populaire est mise à mal avec une nouvelle baisse de 30 % du PLA (Plan Local d’Animation) accordé aux centres sociaux. L’exécutif n’a pas été à l’écoute de notre amendement et a préféré s’enfermer dans un choix qui mettra en difficulté des structures pourtant essentielles à la cohésion sociale. Accompagner l’enfance et la jeunesse aujourd’hui, c’est prévenir les dommages sociaux de demain. Sanctuariser la politique jeunesse doit être une urgence pour notre département. Le groupe « Loire en commun » Une page d’histoire 1846 : l’inimaginable crue de la Loire Les 17 et 18 octobre 1846, des pluies diluviennes traversent le département. Les ruisseaux et le fleuve gonflent dans des proportions historiques. De quarante heures, on n’a vu la lumière. Le crachin a tourné à l’averse puis à la cataracte. Tout est spongieux. Le ciel, plein comme une outre, les sols, troués de flaques. Au seuil de leur maison, les Ligériens sondent les nues. Il y a de l’inquiétude dans leurs regards. De l’angoisse. Car dans les champs, les ruisseaux d’ordinaire si sages virent aux affreux torrents. La Loire ne coule plus, elle roule. À midi, ce samedi 17 octobre 1846, elle atteint 6 mètres au-dessus de l’étiage sous le pont du Pertuiset. Jusqu’ici contenu, le fleuve se déchaîne. Dans toute sa longueur entre Saint-Rambert et Feurs, il arrache entrepôts de bois et charbon, enlève buttes et végétaux, ponts et bateaux. Les eaux virent au bistre puis au noir. En rive droite, elles pénètrent les étables. Les cris des bêtes ne durent qu’un temps ; le déluge noie tout : consciences et beuglements. 14m40 au-dessus de l’étiage Engagée sur la route royale 89 à Feurs, la diligence de Bordeaux marque un arrêt brutal. La voiture a butté dans une ornière au franchissement de l’allée de Bigny, submergée. Le conducteur envoie chercher quatre chevaux à Feurs pour libérer l'attelage. Mais rien n’y fait. Le cocher et quatre des passagers sont emportés lors de la manœuvre. De l’eau jusqu’aux épaules, les survivants se réfugient sur le toit. Ils y passeront la nuit avant de trouver le salut. À 18 heures, la Loire atteint 14m40 à Unieux. De mémoire d’homme, on n’a jamais connu pareil niveau et sinistre plus « épouvantable ». La nuit est tombée précocement, précipitée par la grisaille. Le maire de Montbrison demande à faire garder les ponts du Vizézy. L’éclairage, décrète-t-il, sera maintenu jusqu’au jour. Et la digue céda… À Roanne, la ville s’endort dans une relative tranquillité. Les habitants se croient à l’abri du drame, gardés par une digue, de construction récente, entre le fleuve et le Renaison. Mais à 23h30, petits et grands se redressent vivement sur leur sommier, réveillés par le son d’une sirène. Les parents n’ont que le temps d’attraper leurs mômes, mi-ensuqués, mi-ébahis, et de gagner les étages. La digue a cédé. Une vague déferle sur la cité. Construites en pisé, les habitations ne résistent pas. Pas plus que les caissons de marchandises stockés au port. 200 navires disparaissent. 33.000 pièces de vin. 3.000 pièces de trois-six (eau-de-vie). Au petit jour, la ville est méconnaissable. Ensevelie sous les décombres. Un tiers des bâtiments se sont écroulés dont le « superbe » hôtel de la Poste ; un cratère de dix mètres a remplacé l'édifice que contemple, incrédule, le directeur M. Peillon. Par chance, le « séisme » a fait très peu de victimes. On dénombre seulement deux morts dans la sous-préfecture. Mais les ambulances de l’hôpital et du Phénix (un établissement de bienfaisance) ont transporté jusqu’à 1 200 blessés. Les dégâts sont immenses. Les pertes évaluées à plus de 2 millions de francs, sans compter le nombre d’âmes privées de domicile et de pain. Le préfet commande l’ouverture de quêtes et souscriptions. Lui-même offre 600 francs pour secourir les indigents. Bon nombre d’industriels et de nobles font preuve d’un élan similaire : le baron de Perron offre 3.000 francs, M. Genissieux, à Saint-Étienne, 17.000 francs. Bientôt c’est la France tout entière qui promet son aide aux sinistrés. Les 23 et 24 octobre, le conseil des ministres se réunit à Saint-Cloud. Le Roi débloque 1,4 million de francs pour les dépenses urgentes de secours, 2 millions pour les travaux de voirie. L’inondation de 1846 reste à ce jour la plus grosse crue jamais enregistrée dans le département (les débits furent deux fois supérieurs à la crue de 2003). Un épisode dont personne ne souhaite la réédition. Sources : Le Journal de Montbrison et du département de la Loire, L’Écho de la Loire, Le Mémorial judiciaire de la Loire, le Mercure ségusien, éditions d’octobre 1846. 2 millions de francs représenteraient aujourd'hui 80 millions d'euros. Le salaire d'un ouvrier était de 100 francs par mois. 3 choses à savoir sur... Souricière « Une masse liquide d’environ deux mètres de haut » déferle sur la commune de Veauchette le samedi 17 octobre à 17 heures. Les habitants affolés s’enfuient vers les hauteurs. Mais madame de Sasselange, sa fille, et une de leurs amies demeurent prisonnières du château. La nuit est exceptionnellement longue pour ces trois femmes qui, de leurs fenêtres, ne voient plus surnager que le clocher du village. Pris au piège également : plusieurs mariniers de Saint-Just qui, emportés par les flots, conviennent de s’amarrer aux piles et câbles du pont d’Andrézieux. « Ils purent croire un instant leurs bateaux sauvés, écrit L’Écho de la Loire dans son édition du 18 octobre. Mais la culée du pont ayant cédé, les bateaux furent entraînés avec le tablier et 52 personnes se trouvèrent cernées par l’eau sur la culée ». Le sauvetage s’organise en barque. Tout le monde en réchappe. Sur un arbre perché Espérant récupérer quelques bois et meubles charriés par le fleuve, un habitant de Bouthéon se voit acculé par la Loire. Il se réfugie dans un arbre. Depuis la berge, femme, enfants, badauds, le supplient de tenir bon. On allume un feu à la nuit « pour qu’à sa clarté il voit que ses parents, ses amis, ses concitoyens sont là ». Treize heures s’écoulent avant qu’il ne soit possible d’approcher son perchoir. Trop tard. Malmené par l’angoisse, le froid, les contractures, le malheureux décède le jour suivant. Ainsi soit-il Pareilles calamités n’ont qu’une explication, croit savoir le cardinal-archevêque du diocèse. Aux hommes, Dieu fait payer « la violation du saint jour du dimanche, le débordement des mœurs, le culte de la matière, le mépris de l’autorité de l’église... » « Souvenez-vous, écrit-il, que l’aumône a la puissance de désarmer le bras de Dieu et d’apaiser sa colère ». Et le prélat de donner l’exemple : 3.000 francs seront versés à Roanne pour les habitants les plus nécessiteux. Octobre 1907 : la crue emporte le nouveau pont suspendu d’Andrézieux, déjà victime de l’inondation de 1846. Il sera remplacé par un pont de pierres sur piliers. Septembre 1866 : la levée principale de Roanne est rompue. Mai-juin 1856 : Montbrison est inondée par la Loire. Octobre 1846 : correspond à l’extension maximale des inondations dans le Forez (4.900 m3/s à Villerest). Décembre 2003 : le débit de la Loire atteint 2.900 m3/s à Villerest. Échappée belle Montbrison : salle héraldique de la Diana, un chef-d’œuvre de 800 ans La Société historique et archéologique du Forez veille à Montbrison sur un petit bijou d’architecture. Pensé pour affirmer au Moyen Âge la puissance des comtes de Forez. Il fait frais sous les voûtes de la salle héraldique. Les lames de parquet craquent sous le poids des corps. Une odeur de patine émane des reliures. L’ensemble est classé aux Monuments historiques mais le plafond retient, le premier, l’attention, couvert de 1.728 écussons. À bien y regarder, 48 motifs s’y répètent en longues bandes, divisées en 36 compartiments. Des blasons, rien que des blasons. Qui pour commander, en son temps, la réalisation d’un tel décorum ? Mystère… Des prélèvements soumis à examen dendrochronologique (la dendrochronologie permet de dater le bois grâce à l'étude des cernes ou anneaux) ont permis de dater murs et charpente de 1280. « Pour le reste, nous en sommes réduits à formuler des hypothèses, observe Justine Wendelin, guide-conférencière et bibliothécaire à La Diana. Peut-être a-t-on édifié cette salle pour le mariage de Jeanne de Montfort et de Louis de Savoie, seigneur de Vaud ? À moins qu’il n’ait été question des noces de son fils, Jean 1er, et d’Alix de Viennois, fille du dauphin ? Il est probable, en tous cas, que le clergé en ait eu l’usage relativement tôt ». 6.000 francs or pour reprendre le bien à l’aubergiste Bordée d’un cloître, la pièce avoisine au Moyen Âge le clocher de Notre-Dame. Les hommes en soutane parlent de « salle du doyen ». On y reçoit les nouveaux chanoines, on y tient des réunions de prière et régulièrement des réunions politiques (les États de Forez s’y déroulent en 1465 et 1483). Il s’y donne même des opéras, le chanoine Loïs Papon y faisant jouer La Pastorelle. Reçu en 1536 à Montbrison, le roi François 1er acte sa donation au Chapitre. Mais le bien est confisqué à la Révolution. Un aubergiste s’en saisit pour entreposer foin et carrioles. Peintures et boiseries menacent ruine jusqu’à susciter l’intérêt d’un certain Duc de Persigny. Originaire de Saint-Germain-Lespinasse, cet érudit, ministre de l’Intérieur, jette les bases d’une « Société historique et archéologique en Forez » avant d’offrir 6.000 francs or à la commune pour permettre le rachat de la salle dont il fera le siège de son assemblée. La Ville, à ce jour, en est toujours propriétaire. « Les menuiseries sont du 19e, comme la cheminée décorative », précise Justine Wendelin avant de revenir aux armoiries. La voûte, toujours. Les blasons sont « d’azur semé de fleur de lys d’or » (les connaisseurs reconnaîtront les armoiries de Philippe Le Bel, les autres consulteront la feuille disposée à leur intention), « de gueules au dauphin pâmé d’or » (pour le Comte de Forez, Jean 1er), « d’or au lion rampant de sable » (pour la famille de Beaujeu). « Cet armorial témoigne des relations entre le Comté de Forez, la Savoie et le Dauphiné », décrypte Justine Wendelin. Où lire, de façon très imagée, le jeu des alliances et des forces en présence sous l’Ancien Régime. La salle héraldique accueille le siège de la Société historique et archéologique du Forez. Les deux portent le nom de la Diana. Ajouts La salle héraldique a fait l’objet d’une restauration complète au 19e siècle, entre 1862 et 1866. Confiés au cabinet de Viollet-le-Duc, les travaux ont partiellement modifié son apparence. Les coloris des blasons, par exemple, ne sont plus d’origine. « Les pigments médiévaux étaient beaucoup plus chatoyants », note Justine Wendelin. Ajoutée par le duc de Persigny, la cheminée monumentale n’a jamais servi. Elle est purement décorative. Ouvertures Les deux fenêtres datent du 19e. Les ouvertures forment deux rosaces polylobées rappelant la cathédrale et le caractère sacré du Roi de France. Construites en pisé, les deux façades ont été renforcées avec de la brique. Ouvrages Près de 7.000 ouvrages sont exposés en vitrine le long des murs : Histoires du Forez, du Velay, du Bourbonnais, études généalogiques et journaux anciens. Ils ne représentent qu’un quart des collections conservées par la Diana. À voir, entre autres, le Recueil de mémoires de Mazarin, un exemplaire de l’Astrée d’Honoré d’Urfé et la seconde édition des Métamorphoses d’Ovide, datée de 1516. Y aller Située 7, Rue Florimond Robertet à Montbrison, la salle héraldique de la Diana se trouve dans le voisinage immédiat de la Collégiale. Visiter La salle est accessible les mardis, jeudis et vendredis de 14 à 17 h, les mercredis et samedis de 9 h à midi et de 14 à 17 h. Justine Wendelin renseigne les curieux. Plusieurs documents sont également mis à la disposition des visiteurs. Tarif unique : 2 €. À noter la présentation, cet automne, d’une exposition temporaire consacrée à l’historienne et résistante Marguerite Gonon. Renseignements au 04.77.96.01.10. ladiana.com Se restaurer Mise en scène 04.77.76.28.13. Apicius 09.82.38.34.65. Le Contre & Sens 04.77.58.61.87. Se loger Une odeur de Tilleul 04.81.17.05.10. Les parfums de Madeleine 04.77.58.79.79. Toutes les sorties dans la Loire : loiretourisme.com Made in Loire Récits d’entreprises C'est où ? À Saint-Étienne C'est quoi ? Le fusil sagittaire, des armes de chasse mais aussi des armes de défense C'est qui ? L’armurier Verney-Carron, racheté en 2025 par le groupe Rivolier installé à Saint-Just Saint-Rambert boulevard Thiers Verney-Carron se remplume. Le plus vieil armurier stéphanois, dernier fabricant français d’armes de petit calibre, a décroché cet été un contrat de 15 millions d’euros avec le ministère de l’Intérieur pour fournir 6.000 lanceurs GLC-40 aux forces de l’ordre. « Cela va nous permettre de gagner en visibilité et en crédibilité, se félicite Alexandre Van Robais, directeur général du groupe Rivolier, actionnaire majoritaire de l’entreprise rachetée, en juin 2025, à la barre du tribunal de commerce. Une étape cruciale dans la sortie de crise ». Verney-Carron a longtemps fait partie des fleurons ligériens. Fondée en 1820, la maison sert initialement le monde de la chasse, avant de se diversifier dans la sécurité intérieure (son Flash-ball est utilisé par la police et la gendarmerie jusqu’en 2016), et le matériel de guerre (sous-traitant du Giat, elle contribue un temps à la fabrication du Famas, le fusil d’assaut de l’armée tricolore). Un marché abandonné pour l’heure, Rivolier refusant de s’éparpiller. Deux grands piliers ont été identifiés : les armes non létales, donc, avec le GLC-40 mais aussi le Cobra, adopté par les CRS, et le Flash-ball super-pro 2, apprécié des polices municipales. « Notre image de marque colle à celle du maintien de l’ordre. Nous capitalisons sur cet atout, d’autant que ces produits sont dans leur majeure partie fabriqués à Saint-Étienne. » Deuxième axe de développement : l’historique arme de chasse. « Nous avons réduit et modernisé notre gamme. Repensé certains designs, certains canons. Retravaillé notre positionnement prix pour gagner en compétitivité et retrouver du volume dans le marché français », indique Alexandre Van Robais. Le sanglier étant un gibier prisé, les carabines trustent les ventes mais le fusil Sagittaire reste l’emblème de la marque. Une arme légère quasi-intégralement conçue dans les ateliers du boulevard Thiers (seul le travail du bois est sous-traité). L’expression d’un grand savoir-faire. + d’infos : verney-carron.com Par ici les sorties Nos 10 coups de cœur Tous azimuts : rendez-vous sportif Attendez-vous à croiser quelques athlètes carte et boussole en main du 24 au 26 octobre : Saint-Étienne accueille les championnats de France d’orientation. La compétition s’invite en ville le samedi avec une épreuve de sprint dans le cadre verdoyant du Jardin des plantes (proximité de la place Villeboeuf), puis se déplace en hypercentre entre les places Chavanelle et Jean-Jaurès. Le dimanche, les athlètes ont rendez-vous dans les forêts du Bessat pour le Criterium national avant les Championnats de France nocturnes prévus lundi 26 octobre en soirée. Samedi 24, dimanche 25 et lundi 26 octobre, championnats de France de course d’orientation, Saint-Étienne et Le Bessat, cne2026.nose42.fr Made in Loire : salon Tout ce que la Loire fait de mieux s’affiche à Roanne les 27, 28 et 29 novembre. Artisans, entrepreneurs, start-ups : plus de 100 exposants donnent à voir produits emblématiques et concepts atypiques. Cinq univers s’offrent à la curiosité des visiteurs : gastronomie, tourisme et culture, innovation, emploi et formation, boutiques et artisanat. Et aussi : démonstrations culinaires, dégustations, ateliers participatifs, ateliers DIY (Do it yourself) … Vous pensez bien connaître le territoire ? Vous pourriez être surpris. Du 27 au 29 novembre, Origine loire, 2e édition, Le Scarabée, Riorges 5€ pour les adultes, gratuit pour les étudiants (sur présentation d’un justificatif) et les - 18 ans. origine-loire.fr Girls on fire : soirée entre cop’s « Parce qu’il n’y a pas que les mariages pour danser. Parce qu’un jeudi soir sans enfant, c’est rare. Parce que t’as le droit de t’amuser. Même (surtout) si t’es crevée. » Les soirées Mam’s Clubbing du magazine Crocoule ! exhortent au lâcher-prise. Au bar, comme sur la piste, des filles et rien que des filles, ravies de fuir pour quelques heures charge mentale et sempiternels « Mamaaan ! ». Au programme : maquillage, paillettes et tattoos, cocktails en tous genres, surprises et défis, disco à gogo et petite restauration. La formule fait des centaines d’adeptes (une liste d’attente est en place) et le décor change tous les trois mois (L’Orbital à Saint-Étienne ce 15 octobre). Un endroit où ne penser qu’à soi. Fin des réjouissances à 23 heures : passé l’horaire, les héroïnes ne tiennent plus. Et pas question de faillir au réveil : on est une « mam », ou on ne l’est pas. Jeudi 15 octobre, Mam’s clubbing #5, L’Orbital à Saint-Étienne, de 18h à 23h30 Tarif : 15 € Billets et liste d’attente sur crocoule.org A noter aussi le premier Kidz clubbing prévu dimanche 1er novembre à L'Orbital. Une super fiesta d'Halloween imaginée pour les 2-11 ans. Figure de la résistance : exposition Nombreuses furent les femmes à résister aux nazis. Peu virent leur nom conservé par l’Histoire. Apprenez, cet automne, le rôle joué par Marguerite Gonon sous l’Occupation. Cette native de Poncins, fille d’instituteur, prit avec le Comte de Neufbourg la tête de l’Armée secrète de Feurs. Elle se fit ensuite connaître par son érudition et sa connaissance de l’histoire forézienne. 2026 marquant les 30 ans de sa disparition, le Château de Bouthéon lui consacre une exposition rétrospective en partenariat avec La Diana et les Archives départementales. À voir : documents officiels et privés, photographies, notes de travail, extraits audio et audiovisuels, témoignages et objets personnels. Jusqu’au 3 janvier 2027, le Forez de Marguerite au Château de Bouthéon Plein tarif : 6 €. Dès 12 ans. chateau-boutheon.com Goûter médiéval : dégustation Jambons rôtis à la broche, carpes en sauce, tartes au flan, pain perdu, épices confites… S’ils contenaient peu de graisses et de sucres, les mets seigneuriaux étaient variés au Moyen-Âge. Moins gâtés étaient les paysans nourris de soupes, racines, bouillies de seigle et petit épeautre. Goûtez à cette cuisine d’un autre temps les 23 et 30 octobre au château de Montrond-le-fort. Au menu : visite du monument, anecdotes culinaires et dégustation de spécialités d’époque. Également dans le cadre des Détours gourmands de Forez Est : visite-découverte de l’entreprise Chocolartisan (pâte à tartiner) et atelier des sens autour du caramel chez Nigay. Vendredis 23 et 30 octobre de 14h30 à 16h, Détours gourmands à la table du moyen-âge au Château de Montrond-les-Bains De 17 à 1 h, plein tarif : 7 €, moins de 12 ans : 5 €. Gratuit pour les moins de 6 ans, réservation obligatoire, rendezvousenforez.com L’horreur sous la roche : animations halloween Vous aimez vous faire peur ? Le Château de la Roche organise une murder party (un cluedo géant) du 27 au 31 octobre. "1901. Abel Monseigne rapporte au château un mystérieux artefact aborigène. L’objet serait maudit. Une semaine plus tard, Abel disparaît sans laisser de trace". Les joueurs ont deux heures pour mener l'enquête et garantir le doux repos des morts. Ambiance ténébreuse de circonstance. Aux mêmes dates, spectacle de marionnettes pour les plus jeunes : Le retour de la sorcière. À ne pas manquer non plus la nuit d’Halloween : balade contée en lisière de forêt à Cervières (Pierre branlante et autel de la Baronnie) et visite « Assassins, crimes et guillotine à Montbrison ». Inscriptions obligatoires sur rendezvousenforez.com Du 27 au 31 octobre à 18h30 et 21h, murder party « l’horreur sous la Roche » au Château de la Roche – Saint-Priest-la-Roche Tarif : 25 € par personne (à partir de 16 ans), réservation obligatoire sur chateaudelaroche.fr Création textile : défilé Huit équipes de professionnels concourent, du 13 au 15 novembre, aux « 48 heures de la création textile » dans les montagnes du matin. Leur défi : bâtir en deux jours -et en public- un costume intégrant six coupons de tissus fournis par les entreprises locales. Les créations défilent ensuite à l’issue d’un grand spectacle à Montchal : neuf tableaux imaginés par la costumière Olivia Klein sur le thème des contes et légendes. Organisée par les musées de Bussières et Panissières, cette biennale s’accompagne d’un marché textile (à Bussières), de visites d’entreprises en activité et de nombreuses animations aux musées. Du 13 au 15 novembre, 48 heures de la création textile à Bussières, Panissières, Montchal Pass à 3 € pour la totalité de la manifestation, hors défilé-spectacle, défilé les 14 et 15 novembre à Montchal : 18 €, terredetisseurs.com De saison La 17e Fête Vieilles pierres jeunes plantes a lieu les 10 et 11 octobre au Domaine de Saint-Marcel-de-Félines. Vente de végétaux, outils, poteries, mobilier et artisanat d’art, produits du terroir. Ateliers et conférences pour apprendre à planter, tailler, greffer… 5 €, gratuit pour les moins de 12 ans. Créations Bijoutiers, céramistes, ébénistes, graveurs, luthiers… Une trentaine d’exposants ont rendez-vous les 14 et 15 novembre à Feurs dans le cadre du salon Artimuse, événement qui met à l’honneur l’art et l’artisanat d’art. Salle de l’Eden. Samedi de 14 à 19h, dimanche de 10 à 18h. Entrée à prix libre. Frissons Attention : traversée de « zones qui font peur ». Non chronométrée, la « Halloween run » est une course accessible à tous et se déroule de nuit (une évidence), la veille du Sainté trail urbain. 5 km ; déguisements fortement conseillés. Départ de la salle Omnisports à Saint-Étienne. Tarifs : de 15 à 45 €, lacycloloire.com Ovations Portés par la MJC de Charlieu et un collectif de bénévoles, les Férires marient seuls-en-scène, musique et théâtre. Des spectacles d’humour à voir du 13 au 21 novembre au Théâtre Saint-Philibert mais aussi hors les murs. Charlieu. De 5 à 15 €. mjc-charlieu.fr Tambour battant : festival Ce ne devait être qu’une soirée dans une ancienne laverie industrielle. Et puis les dates se sont multipliées. La Laverie fête ses dix ans du 9 au 11 octobre, promettant, comme au premier jour, de brasser publics et disciplines sur les pelouses du parc François-Mitterrand. Plusieurs concerts et surprises sont à l’agenda. Mais aussi : un show de l’Oxyput compagnie questionnant la raréfaction des ressources pétrolières, ainsi qu’une fête foraine, absurde et déjantée. Vous aimez l’art de rue : le grand, le magistral ? Ne manquez surtout pas la prestation de la Bruital compagnie, Wanted Live band. Un petit chef d’œuvre de sons, de mimiques et de bouffonnerie. Du 9 au 11 octobre, vendredi de 18h à minuit, samedi de 18h à 2h, dimanche de 14h à 20h30, la laverie fête ses 10 ans au Parc François-Mitterrand à Saint-Étienne. Prix libre (au chapeau), programme complet sur la-laverie.fr Brique après brique : anniversaire 20 années ont passé depuis l’ouverture de l’église Saint-Pierre à Firminy. Dernière réalisation née dans l’esprit du Corbusier, l’édifice bénéficie cette année d’une programmation exceptionnelle. 48 heures de festivités sont prévues les 28 et 29 novembre. Aux mélomanes, les organisateurs proposent deux temps musicaux : un concert de Festyvocal et un intermède de l’Ensemble orchestral contemporain. Les curieux auront le choix d’une conférence ou de visites à deux voix tandis que les plus jeunes (mais pas que !) assisteront le Ligérien Bertrand Barbe, champion de LegoMasters®, dans le cadre d’un atelier lego® participatif. 28 et 29 novembre, 20 ans de l’église Saint-Pierre – Le Corbusier à Firminy, gratuit, 04.77.61.08.72, programmation complète sur sitelecorbusier.com Sacré souffle : exposition Versailles et la Maison blanche sont clientes. Propriété de Saint-Gobain, la verrerie de Saint-Just fête ses 200 ans. Dépositaires d’un savoir-faire ancestral, les cueilleurs-souffleurs réalisent, à la bouche, feuilles et plaques de verre prisées des cathédrales et monuments historiques. 250 couleurs composent la palette chromatique de l’entreprise mise en lumière cet automne par le Musée des civilisations. Découvrez le travail de la matière en fusion. Admirez des vitraux d’exception. À noter que la Verrerie organise plusieurs visites d’usine fin 2026 (à partir de 12 ans, accès aux différentes étapes de production, renseignements sur verreriedesaintjust.addock.co). Les 10 et 11 octobre, lectures musicales sur site, allée Saint-Laurent, à l’initiative de la Passerelle. Du 1er octobre 2026 au 31 octobre 2027 matière, geste, couleur. la verrerie de Saint-Just, 200 ans d’excellence au Musée des civilisations Daniel Pouget – Saint-Just Saint-Rambert. Plein tarif : 5 €, stjust-strambert.fr L’agenda complet de vos sorties sur loire.fr/agenda À table ! Crémeux de cœur de courgettes à la verveine Spaghetti de courgettes, œuf parfait, croûtons et fleurs de jardin Une recette de Boris Fontimpe, La fabuleuse cantine à Saint-Étienne et Lyon 6 portions 1h Ingrédients Environ 2 kg de courgettes, soit 1,4 kg de cœurs de courgette (chair centrale, pour le crémeux) et 600 g de courgettes fermes (extérieur, pour les spaghettis) 1 cuillère à soupe d'huile de tournesol 3 prises de sel fin (pour la cuisson du crémeux) 1 jus de citron (pour le crémeux) ou 160 g d'eau de légumes lactofermentés (alternative au citron dans le crémeux) 12 g de jeunes feuilles de verveine fraîche (ou de feuilles de menthe fraîche en remplacement) 6 œufs (calibre moyen, très frais) 3 prises de sel fin (assaisonnement des spaghetti) 1 prise de sucre (assaisonnement des spaghetti) 1/2 citron (jus, pour les spaghettis) 2 cuillères à soupe d'huile d'olive 30 cubes de pain de campagne de 1 centimètre de côté (5 par assiette) 12 pétales de fleurs de jardin comestibles (capucine, bourrache, pensée, cosmos...) Quelques gouttes d'huile d'olive de qualité (pour la finition) La préparation 1. Le crémeux : Faire revenir dans une casserole les cœurs de courgette avec l'huile de tournesol. Les dorer légèrement, ajouter le sel fin, et cuire à feu doux jusqu'à non-résistance de la chair. Il faut que la pointe du couteau rentre facilement dans la chair du crémeux avant de mixer. Mixer les courgettes avec le jus de citron et les feuilles de verveine fraîche jusqu'à l'obtention d'une crème lisse et onctueuse. 2. L'oeuf parfait : Plonger les oeufs dans l'eau à 63 degrés et cuire pendant 58 minutes. 3. Les spaghetti de courgettes : Tailler les courgettes (l'extérieur) avec une mandoline ou avec un économe pour faire des tagliatelles. Assaisonner avec le sel fin, le sucre, le jus de citron et l'huile d'olive. Mélanger et réserver au frais. 4. Les croûtons : Tailler le pain de campagne en cubes de 1 centimètre de côté, puis les passer au four 10 minutes à 170 degrés. Réserver. Le dressage Dresser une louche de crémeux, les spaghettis au centre en les roulant en forme de nid, placer l'œuf parfait au centre des courgettes, les croûtons autour (5 par assiette) et les pétales de fleurs de jardin comestibles. Terminer en ajoutant quelques gouttes d'huile d'olive de qualité et de la fleur de sel sur l'œuf. Le portrait Les bains solides Jean-Louis Desjoyaux 250.000 bassins enterrés portent la signature de l'entreprise Desjoyaux dans le monde. À 73 ans, le patron revient sur ses succès et ses passions, qui n’ont pas toutes à voir avec la natation. En 5 dates 22 juillet 1953 : naissance à Saint-Étienne. 3 mai 1971 : sortie du système scolaire, 8 jours avant le bac de français. Le 30 novembre de la même année, Jean-Louis Desjoyaux reçoit sa première fiche de paie. Juin 1987 : premier spot TV. 25 mai 1991 : emménagement sur le site industriel de La Fouillouse et introduction en bourse. Août 2007 : accession au titre de leader mondial de la piscine enterrée (le groupe emploie actuellement 300 salariés et enregistre 100 millions d’euros de chiffre d’affaires). Jean-Louis Desjoyaux a fait une croix sur l’international. D’autres l’ont remplacé sur les tarmacs - ce dont il se réjouit. Finis les déplacements à l’étranger. Le septuagénaire a même renoncé à la Bretagne. Aux plages de Quiberon, il préfère désormais Cassis et ses calanques. « La distance est moindre, explique-t-il. En quatre heures de route, je suis au bureau ». Ses collaborateurs - tous l’appellent par son prénom - savent son attachement viscéral à l’entreprise, son refus catégorique de penser retraite. Même si le successeur est tout trouvé : son aîné, formé et adoubé. « Nicolas est aujourd’hui directeur commercial. Nous formons un duo au top ». Avec une fille, Fanny, investie à la direction du marketing et de la communication, on imagine les débats stratégiques animer les repas dominicaux. Petite dénégation amusée. « Nous évitons de parler boulot », assure le patriarche, habillé ce jour d’un simple polo, couleur bleu piscine. Le numéro 1 mondial des bassins enterrés quitte ses verres ronds pour évoquer le passé. L’essentiel de l’histoire tient en dix objets statufiés et 30 cadres photos, exposés dans son bureau. Le premier : une huile sur toile ; un autoportrait du paternel, occupé à carreler une margelle. « Papa était boulanger, raconte Jean-Louis Desjoyaux. Comme son père et son arrière-grand-père. Il a changé de métier après s’être marié. » Bac moins 1 La famille de son épouse possède une entreprise de maçonnerie et de carrelage rue Xavier-Privas à Saint-Étienne. Jean-Louis Desjoyaux accompagne très tôt son grand-père sur les chantiers (il n’a pas six ans). Puis aide à charger les camions de carreaux et ciment blanc. À Valbenoîte et au collège Saint-Michel, il se lie d’amitié avec un certain Pierre Gagnaire. Mais les cours l’indiffèrent : il envoie tout balader à huit jours du bac de français. Son père, qui, depuis 1968, facture en son nom propre à l’Étrat, le prend à ses côtés. Jean-Louis apprend sur le tas. Le gros des commandes émane à l’époque de Casino, occupé à construire des hypers, mais une petite activité annexe s'invite dans les bilans : en 1966, Jean Desjoyaux a fait cadeau à ses enfants d’une piscine enterrée. L’aménagement, creusé de ses mains, a séduit un ami, des voisins. Et le patron s’est lu un avenir dans les lignes du bain. Il a industrialisé les process, misé sur une structure en polyester puis en polypropylène. « Une idée venue d'une luge. Cette luge », souffle l’héritier, l’index tendu vers la relique. « Maman l’avait achetée un hiver au supermarché et mon père, pensant qu’elle avait fait une grosse dépense, avait piqué une colère, mais la matière ne valait rien ». Un plastique recyclable et recyclé, il fallait y penser. Les usines de La Fouillouse en traitent aujourd’hui 15.000 tonnes à l’année. Non content de servir l’univers du loisir, Jean-Louis Desjoyaux investit de nouveaux marchés : l’étanchéité de toitures, la vente de palettes… « Je ne me suis jamais considéré comme un pisciniste mais comme un industriel ». Exigeant avec les autres, le patron l’a d’abord été avec lui-même. « Je crois bien avoir lu tous les bouquins d’économie parus ces quarante dernières années. » Innover reste une passion. Un bloc de post-it repose les nuits à ses côtés. L’industriel y couche ses réflexions. « Pareil en voiture. » Aux murs encore, quelques maillots de foot et clichés témoignant de vieilles amitiés. « Mon grand-père était un proche de Jean Snella, entraîneur des Verts, et moi un admirateur de Mekhloufi. Gamin, j’ai joué en pupille et en minime à l’ASSE ». Spectateur, mais aussi acteur des matchs sur gazon, il s’adonne encore les dimanches au soccer et continue de présider le club de l’Étrat sportif. Ce que ne disent pas ses cloisons de plâtre : sa résidence à Chalain-le-Comtal où 150 Charolaises, confiées aux soins de sa benjamine, Marie, paissent en proximité d’étangs. Poulets, agneaux, gibier d’eau (l’homme est chasseur) agrémentent sa table. Le Forézien vient de racheter l’historique boulangerie familiale de Cuzieu pour y vendre du pain sous l’enseigne « Papi Jean ». Et la famille possède des vignes, assorties d’un chai, sur la commune de Chavanay. Le nom de ce domaine où s’approvisionner en Condrieu et Côte rôtie ? Les Terriens. « Des gens du cru, voilà bien ce que nous sommes », conclut Jean-Louis Desjoyaux. Sans affinité aucune pour tout produit hors-sol.