[DOSSIER 2/5] Une agora, au coeur du département

À l’image des 577 députés du Palais Bourbon, les débats et les votes des 42 élus de l’Assemblée départementale rythment la vie démocratique de la Loire. Place à la démocratie locale.

Vendredi 9 décembre, 11 h 05. Sujet suivant, n°22-3-DECE-1-2 : Régie autonome financière de la station de Chalmazel. Le président Georges Ziegler invite Arlette Bernard, élue d’opposition à s’exprimer : « Produire de la neige de culture est une aberration économique et environnementale. C’est une hérésie de continuer à investir dans la neige à une altitude située entre 1 100 m et 1 640 m ». L’élu en charge du dossier, le vice-président Jean-Yves Bonnefoy hausse les sourcils. Avant sa prise de parole, le président interpelle l’assemblée : « Vous imaginez la chance que c’est pour un gamin sans moyen de skier là-bas pour 4 € seulement ? Et s’il va dans les Alpes, vous rendez-vous compte du gâchis et de l’ampleur du bilan Carbone ? » Pierre-Jean Rochette, élu de Boën-sur-Lignon, demande la parole : « Nous allons vers la transition écologique avec détermination. Mais nous n’abandonnerons pas ces territoires ruraux de moyenne montagne à qui vous ne proposez rien. »

EXPRIMER SA CONVICTION

Sans surprise, les six élus d’opposition voteront contre une majorité unie. Chacun peut exprimer sa conviction dans un climat parfois tendu par l’enjeu mais toujours respectueux. C’est la dernière session de l’année qui se déroule. À la tribune haute, les quatre premiers viceprésidents et Georges Ziegler au centre. Plus bas, devant eux, les cinq vice-présidents suivants dans l’ordre protocolaire. Les 32 autres élus sont répartis de chaque côté et en face, l’opposition à gauche. À droite, sur une grande table, la secrétaire générale suit attentivement les débats que ses collaboratrices retranscrivent en temps réel. Chaque délibération est, en effet, suivie d’un vote, et l’ensemble fera l’objet d’une publication officielle après le contrôle de légalité des services de l’État (Préfecture). 

ICI, L’ABSENTÉISME EST RARE

Contrairement aux usages parlementaires, ici, l’absentéisme est rare, seuls deux élus ont été empêchés ce jour-là. Au fond de la salle des séances, l’équipe de direction générale des services et la directrice de cabinet écoutent, rapports en main, prêtes à intervenir en coulisses pour des questions ou éclaircissements. L’ensemble des dossiers a été préalablement travaillé, négocié et amendé au sein des quatre commissions spécialisées où se répartissent les élus : solidarités humaines ; aménagement et développement du territoire ; société, citoyenneté et attractivité ; fonctions transversales et affaires générales. Chaque élu a d’ailleurs reçu les rapports au moins douze jours avant le vote.

CES RÉUNIONS SONT PUBLIQUES

Cette assemblée, dite ‘‘délibérante’’, se réunit au moins une fois par trimestre, soit six à huit fois par an. À l’instar d’un Conseil municipal, ses réunions sont publiques, c’est-à-dire ouvertes à tous. Pour plus d’efficacité, l’assemblée délègue à la Commission permanente une partie de ses compétences, sauf en matière budgétaire. Cette seconde formation, dont les débats sont privés, regroupe dans la Loire l’ensemble des élus. Elle gère, à raison d’une fois par mois, les affaires courantes : subventions, conventions, etc.

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