LOIRE ALTITUDE
Sommaire du dernier numéro
Dans les offices de tourisme de la Loire :
|
||
Un air d'Islande dans les Hautes Chaumes
Un nouveau GR© de Pays traverse les Hautes Chaumes, ponctuées d’anciennes fermes d’estive, au berceau de la Fourme de Montbrison.
Le souffle régulier, le pied alerte, nous allons d’un bon pas, perdus dans nos pensées. Doux moments d’introspection qu’encouragent le silence et plus encore l’uniformité du paysage. Incroyables plateaux des Hautes Chaumes.
Dômes brûlés l’hiver, terres dorées l’été se succèdent ici sur près de 8 000 hectares. Certains leur prêtent des airs d’Islande, d’autres de Mongolie, nous ne saurions trancher. Le chemin monte dru depuis le col du Béal. Le sol est inégal ; le tapis d’herbe a ses bosselures.
La trace mène au mont Procher, premier palier dans l’ascension vers Pierre-sur-Haute, point culminant du département (1634 m !).
C’est par le nord que nous abordons le sommet coiffé de radars militaires. Par le sud que nous contournons antennes et tunnels pour redescendre vers le plat de la Richarde. Dans la combe reposent six anciennes jasseries. Elles sont nombreuses ces ruines et ces bâtisses habitées de souvenirs à border le GR©P.
TÂCHES ROUTINIÈRES
Femmes et enfants montaient autrefois passer l’été dans la montagne. Les troupeaux de vaches laitières suivaient en estive. Le genêt brûlait dans l’âtre, réchauffant les paillasses. Aux gosses on confiait l’entretien de l’étable (aménagés en surplomb, petites rigoles et réservoirs aidaient à l’évacuation des bouses vers les fumades), la garde des bêtes, la cueillette de l’arnica et des airelles. Aux femmes incombaient la traite, la fabrication de beurre et de fourmes, amassées au cavon. L’eau n’a cessé de chanter aux burons de la Richarde. Le filet translucide court parallèlement aux logis. Le violet des bruyères se mêle au vert des pelouses. La chapelle de la Nativité vaut le détour (pause pique-nique tout indiquée en cet endroit). Le soleil baigne le parvis et ses bancs de bois. Le regard balaie les environs. Noyé dans un voile de brume : le massif du Cantal et du Sancy. Le Puy de Dôme émerge de la mer de coton. Le temps s’écoule-t-il encore ? La course des ombres indique que oui. Les sonnailles confirment : la « chaume » est terminée. Si les jasseries ont perdu leur vocation agricole, le pastoralisme est resté. Ovins et bovins courent toujours la montagne. Ils seront nombreux à croiser notre route d’ici à la Jasserie de Garnier.










