[INTERVIEW] Trois questions à une aidante étudiante
Marie-Amélie Curiot héberge à Firminy sa grand-mère atteinte de troubles cognitifs. Études et boulot ont été mis en pause.
Publié le 29 septembre 2025
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Se perdre entre la piscine et la place du marché ? Impossible ! Cela dit, Suzanne se fait attendre. Le doute brièvement s’installe, rapport aux troubles cognitifs. Mais la voici, élégante, dans sa robe à pois blanc. Jamais Marie-Amélie Curiot n’a paru inquiète, ayant pris soin de l’équiper d’une montre géolocalisée. « Je voulais qu’elle retrouve un peu de liberté », explique la jeune femme, 25 ans, aidante de sa grand-mère. Aïeule et petite-fille vivent aujourd’hui sous le même toit. Une nécessité.
Quand Suzanne a-t-elle emménagé avec vous ?
L’hiver dernier, au terme d’une semaine d’hospitalisation. Les soignants avaient suggéré une USLD (Unité de Soins de Longue Durée) mais je savais à quoi ressemblerait son quotidien en établissement : je suis titulaire d’un Bac pro ASSP (Accompagnement, Soins et Services à la Personne). J’ai eu l’occasion de faire plusieurs stages en Ehpad. Ma mère résidant dans le Sud, nous avons convenu que « Nana » viendrait chez moi. Elle a pris ma chambre. Je me suis installée dans le salon.
Cette décision a dû impacter votre quotidien…
J’avais repris des études en septembre à Saint-Michel (Saint Étienne) pour m’orienter vers la profession de conseillère en économie sociale et familiale. Mon directeur de stage m’a proposé d’aménager mes horaires mais j’ai dû laisser tomber, comme il m’a fallu démissionner d’un petit job chez Assadia. Je vis désormais du RSA. Je ne peux pas m’absenter huit heures d’affilée. Nana reste relativement autonome mais il faut être présente pour lui rappeler de manger, l’empêcher de sortir aux heures chaudes, insister pour qu’elle aille à ses rendez-vous chez le kiné…
Avez-vous fait appel à des tiers pour vous soulager ?
Oui, j’étais d'accord sur le principe. Les premières aides ont été mises en place en juillet. Une très bonne amie, ancienne colocataire, m’assiste également aux côtés de Nana. Il est clair que la situation me freine dans ma vie professionnelle et personnelle mais Nana m’a élevée. J’aurais trop mal vécu de l’abandonner. Je reprendrai mes études quand la situation aura évolué.
© Pierre Grasset










