[GRAND ÂGE] "Il le fait exprès, non ?"
L’Ehpad de la Renaudière (Saint-Chamond) forme les aidants aux pathologies neurodégénératives, autrement dit aux maladies de mémoire.
Publié le 29 septembre 2025
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
Alzheimer. Parkinson. Maladie à corps de Lewy. Le diagnostic est tombé. Douloureux. Violent. Et dans la confusion, personne n’a tout saisi, tout bien compris. « Or, accompagner une maladie qu’on ne connaît pas, c’est toujours plus compliqué », remarque Jade Trignano. La jeune femme accueille les aidants en formation à l’Ehpad de la Renaudière. L’idée : documenter et contextualiser les pathologies neurodégénératives.
Parler des causes, décrypter les phénomènes physiques (à grand renfort d’imagerie médicale) et déconstruire les idées reçues du type : « Il le fait exprès, c’est sûr ». Le discours de la coordinatrice de secteur, psychologue de formation, sonne d’autant plus juste qu’aux données scientifiques se mêlent histoires de vie. « J’ai été aidante de ma grand-mère », confie l’intervenante, victime des statistiques : femme, aînée, formée au paramédical. « Mes frères m’ont fait comprendre que j’étais l’élue », plaisante-t-elle.
Apathie, hallucinations, comment gérer ?
Autour de la table ce 13 juin, quatre femmes, conjointes et filles, en quête de réponses et d’outils. La formatrice parle d’anxiété, de désinhibition, d’agressivité… De symptômes inhérents à la maladie. Apathie ? « Cela ne signifie pas que votre proche ne ressent rien, simplement qu’il a perdu la capacité d’exprimer ses émotions ». Phases on/off ? (absence soudaine de mobilité) « Une chute de dopamine. L’information, tout à coup, ne passe plus dans le cerveau ». Fabulation ? « Il ne vous ment pas délibérément ». Hallucinations ? « Il pense voir des chatons : sa réalité n’est plus la vôtre mais vous partagez le même registre émotionnel. Demandez-lui quels sentiments lui inspirent ces animaux : de la joie, de la peur ? ».
En 2h30, les participants revoient leur manière de fonctionner. « Avec une maladie de mémoire, votre proche met cinq fois plus de temps à réagir », rappelle Jade Trignano. Mieux communiquer devient une nécessité. Le b.a.-ba : réduire les risques de distraction, capter l’attention, établir un contact visuel ou tactile, poser des questions à choix fermé…
© Hubert Genouilhac










