[GROUPE DE PAROLE] Le concept téléphonique
Pas le temps de vous déplacer ? Les ateliers Connect’aidants fonctionnent à distance.
Publié le 29 septembre 2025
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
Un prénom, une voix. Les ateliers Connect’ aidants garantissent l’anonymat. Les participants partagent une heure de leur temps depuis leur chambre ou leur salon. « Tout se fait par téléphone, précise Alexandra Prudhomme. Les gens peuvent se connecter de tout le territoire. »
Aide-soignante employée par le Ssiad (Service de Soins Infirmiers à Domicile) de Saint Héand, cette professionnelle travaille en direction des aidants depuis sept ans. Elle rejoue sa prise de conscience, en 2018 : « Les accompagnements à domicile avaient gagné en lourdeur et en complexité. Nous venions pour les aidés mais les situations familiales suscitaient pas mal d’interrogations. J’ai découvert qu’il existait un diplôme inter-universitaire d’accompagnement des aidants, que j’ai obtenu en 2019. Petit à petit, mon poste a évolué. La moitié de mon temps leur est aujourd’hui consacrée ».
La jeune femme organise des cafés-rencontres, tient des permanences à l’Ehpad Saint-Louis, organise des visites conseil à domicile, et anime une vingtaine d’ateliers Connect’aidants à l’année. Un modèle développé par l’association nationale Avec nos proches qu’elle est la seule, ou presque (*), à proposer en région Auvergne-Rhône-Alpes. « J’ai été formée par leurs soins. Un de leurs bénévoles m’accompagne sur chaque atelier. Le format est toujours le même : un jour, une heure, une thématique ».
« Je me suis dit que j’allais mourir avant elle. »
Au programme ce jeudi : « Mon proche refuse les aides extérieures ». Valérie s’interroge. Sa maman présente des signes d’Alzheimer. Impossible de lui conserver une adresse en Loire-Atlantique ; la septuagénaire a trouvé refuge à ses côtés. « Nous avons brièvement testé l’Ehpad, en sortie d’hospitalisation. Mais elle me disait que je l’avais mise en prison. J’avais l’impression de l’abandonner. J’ai considéré que sa place n’était pas là-bas. Je l’ai reprise avec moi.
- La question à se poser est celle-ci, indique Alexandra : Que suis-je en capacité d’accepter ? Et combien de temps ? »
Isabelle est désormais consciente d’avoir joué avec ses limites. « J’ai refusé trois places en établissement. Je n’étais pas prête à laisser ma mère. Nous avons vécu six mois avec elle. Six mois épuisants. Mon mari a passé 190 nuits à gérer ses réveils, ses hallucinations - elle voyait des ombres. J’ai eu peur de le perdre. Et puis je suis tombée malade. Tout à coup, je me suis dit que j’allais mourir avant elle. Heureusement qu’Alexandra était là. Nous avons finalement pris une place en hébergement temporaire ».
Colère, tristesse, soulagement… Les voix traduisent bien des émotions. « Ne culpabilisez pas, soyez doux avec vous », conclut Alexandra. Son casque déposé, l’aide-soignante fait un constat : « Les gens attendent trop pour se faire aider. Beaucoup ne savent pas ce qu’est une aide à domicile, un dossier APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie)… Plus tôt les aidants nous appelleront, plus simple sera l'accompagnement ».
(*) La Métropole aidante lyonnaise dispose d’une offre similaire










