[Intempéries : un an après] Se relever du déluge

Impactées en plus de 60 points, les routes départementales ont grandement souffert des crues du 17 octobre 2024. Récit d’une gestion de crise et revue des travaux engagés dans la foulée.

Publié le 27 octobre 2025

   

Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.

Murs écroulés, ponts éprouvés. Partout dans le Pilat, il a fallu rebâtir après les inondations d’octobre 2024. Panser les plaies du réseau routier, très impacté. Les services du Département ont travaillé d’arrache-pied pour rendre à la circulation la quasi-totalité des voies endommagées. Le retour à la normale devrait être total au premier semestre 2026.

« Ces pluies torrentielles, dévastatrices, c’était totalement inédit pour nous », confie Thierry Guinand, directeur général adjoint. Rien à voir avec les plus « classiques » débordements fluviaux connus en plaine en 2003 ou 2008. Le 17 octobre matin, le territoire est en alerte jaune. À 6h15, un premier appel arrive au Département : le veilleur du PC-routes enregistre un débordement sur la RD 34 à Saint-Michel sur-Rhône. Une fine pluie lave les restes de la nuit. Rien de très inquiétant.

Mais en matinée, les précipitations s’intensifient. L’alerte vire au rouge. Dans le Pilat, au relief accidenté, l’eau tombée en grande quantité (la crue est de niveau centennal) court droit dans les pentes. Coulées de boues et petits éboulements se multiplient.

Nouvel appel à 10h17 : on signale un gros affaissement sur la RD503 à Saint Julien-Molin-Molette. À 11h57, l’eau arrache une partie du même axe sur la commune de Saint-Sauveur-en-Rue.

Gestion de crise

Il faut rédiger des arrêtés de fermeture, barrer les routes. Dans l’instant, seul compte la mise en sécurité des usagers.

Le cadre d’astreinte du service est convié au Centre opérationnel départemental (COD) activé par la préfecture pour coordonner les opérations de secours. Alors que les choses se calment au Sud, débute la crue de la Loire. Toute la nuit, deux agents du Département échangent avec leurs collègues des centres d’exploitation chargés, in situ, de vérifier l’état des chaussés. « Les patrouilles de gendarmerie nous signalaient les fissures, se souvient Matthieu Vial. Il y avait ces appels pour nous dire : "Là, c’est ouvert. Là aussi. Là aussi”.»

 

Si l’enrobé avait cassé, c’est que dessous, il y avait quelque chose. Ce n’était pas bon signe…

Gros travail d'inventaire

Une première évaluation des dégâts a lieu le 18 octobre. Les visages sont livides. Il y a ce qui relève de l’immédiat : arbres tombés sur la chaussée, boue accumulée (ils seront évacués dans la foulée avec l’aide d’agents venus du Montbrisonnais et du Forez) mais en 60 points du territoire, les dommages excèdent le simple déblaiement.

La chaussée a été attaquée, les glissières ont basculé, les talus sont partis. Et puis il y a les ouvrages : deux en particulier, gérés par la collectivité. À Chavanay, le pont Chorieux est condamné : envolé le tablier, arraché par le Régrillon.

Le pont sur la Valencize donne lui des signes de faiblesse. Les embâcles venus taper contre les piles ont fragilisé l’ensemble. Une fissure entaille la voûte. « Fracture au rein », diagnostique le Cerema, formel : le risque d’effondrement est grand. Il faut alléger la charge et limiter la circulation.

Au PC route, on comprend que l’après-crise sera difficile. Tous les axes poids-lourd traversant le massif ont été mis hors jeu. La situation impacte bus scolaires, tracteurs, camions postaux et forestiers ; de nombreux véhicules sont contraints d’emprunter l’A47 puis l’A7. 

Rouvrir un couloir en urgence

Les agents organisent des déviations par la Haute-Loire, le Rhône, l’Isère, l’Ardèche. Chaque fois, il faut recueillir l’avis des gestionnaires de voirie : mairies, intercommunalités, départements, préfectures… Et passer jusqu’à 30 coups de fil. 

Sur le terrain, les élus décident de prioriser les interventions. Leur objectif : rouvrir un couloir d’Ouest en Est pour rétablir les échanges avec le Rhône.

Les efforts se portent sur la RD503 entre Lupé et Saint Pierre-de-Bœuf. L’affaire est réglée en décembre, 62 jours après la catastrophe, une performance compte tenu des procédures à engager (déclarations d’assurance, études, marché à passer…).

Suivent les portions de route situées entre Bourg-Argental et Saint Genest-Malifaux, puis la RD 1082. Seules les RD7 et 1086 demeurent aujourd’hui en souffrance, rapport essentiellement aux ponts endommagés. Mais une solution est sur la table. Sa mise en œuvre a débuté.

En chiffres

7 millions d'eurosLe montant estimé des dégâts.
Les assurances ont déjà versé 470 000 € au Département.
Et une Dotation de solidarité pour événement climatique (DESC) de 600 000 € a également été accordée.  

Parole d'élu

Jérémie Lacroix

Jérémie Lacroix
Vice-président délégué aux Routes

 « De nombreuses phases de chantier ne se voient pas. Avant même de nous attaquer à la réfection d’une route, il faut traiter les soutènements. Les équipes sur le terrain n’ont pas chômé. »

Radio RCFPartenariat avec RCF Radio

Écoutez Loire Mag Le podcast sur RCF Radio et sur rcf.fr

Fréquence RCF dans la Loire : Saint-Étienne 94.7 - Montbrison 102.1 - Bourg-Argental 105.1

 

Printer-friendly version - Nouvelle fenêtre Envoyer à un ami Haut de page :