[PORTRAIT D'AGENT] Elle s'attaque aux sujets tabous

Conseillère technique auprès des filières gérontologiques, Anne-Marie Gauthier travaille pour les seniors. Son rôle : guider les acteurs de la grande dépendance.

Publié le 27 octobre 2025

   

Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.

Maltraitance, sexualité des personnes âgées… Anne-Marie Gauthier s’attaque aux non-dits. Solide sur ses appuis : 28 années de gérontologie ont fait d’elle une experte du grand âge.

C’est en 1997 que la Stéphanoise, jeune CESF (Conseillère en économie sociale et familiale), débute dans le métier. La mairie de Saint-Chamond l’installe à la tête d’une petite structure d’hébergement dont elle prend rapidement congé, pas faite pour demeurer entre quatre murs.

L’association Gier Gérité lui sied davantage. « J’étais chargée de monter des projets, explique-t-elle. Des séjours vacances notamment… Mon poste était financé par le Département, la Région et la Carsat. Lorsque la création de l’Apa (Allocation personnalisée d’autonomie) a mis fin au programme, j’ai naturellement postulé au Département ».

Nommé responsable sociale autonomie, elle encadre des équipes de travailleurs sociaux dans le Gier, l’Ondaine, le Pilat, à Saint-Étienne avant de se spécialiser, en 2015, dans la gestion de situations complexes. Autrement dit de « seniors victimes de troubles cognitifs très isolés ou refusant toute forme d’aide… »

 

Je voyage à l’inspiration.

 

En 2023, elle est nommée conseillère technique auprès des filières gérontologiques. Sa mission : créer du lien entre ces organismes (il en existe cinq dans la Loire financés par l’ARS, fédérant hôpitaux, services d’aide à domicile, établissements pour personnes âgées…), nourrir le débat et contribuer à l’amélioration du système.

Membre de toutes les instances décisionnaires, l’agent fédère énergies et points de vue. « Nous avons d’abord planché sur le repérage de la maltraitance à domicile. J’ai formé les cadres sur la notion de vulnérabilité, les suites à donner, puis nous avons créé un jeu pour sensibiliser l’ensemble des professionnels de terrain ».

2026 verra émerger de nouvelles réflexions sur la vie intime des personnes âgées. Une thématique hyper sensible. « Je voyage à l’inspiration », sourit la quinquagénaire. « Nous travaillerons sur les livrets d’accueil, les projets de vie personnalisés, les règles de fonctionnement des établissements pour y intégrer des paragraphes sur la vie affective », promet-elle, ravie d’avoir aujourd’hui la confiance des acteurs ligériens. Sa locomotive au quotidien ? L’espace laissé à sa créativité.

 

10 000
Le nombre de places ou dispositifs dédiés aux personnes âgées/handicapées dans la Loire (le département compte notamment 95 Ehpad). 

35 000
Bénéficiaires de prestations en faveur de l'autonomie financées par le Département. 

224
Professionnels sensibilisés, entre 2023 et 2024, à la notion de vulnérabilité.

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