[ÉDITO] Trois questions au Président Georges Ziegler - octobre-décembre 2025
Publié le 27 octobre 2025
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Georges Ziegler
Président du Département de la Loire
Pourquoi les Départements, et notamment la Loire, rencontrent-ils aujourd’hui autant de difficultés financières ?
Depuis plusieurs années, les Départements subissent « l’effet ciseaux » : les dépenses sociales augmentent fortement (RSA, protection de l’enfance, aide aux personnes âgées et handicapées), tandis que les recettes baissent. En 2025, rien que pour la Loire, le décalage entre ce que coûte la solidarité et ce que l’État nous rembourse atteint 128 millions d’euros. Résultat : nous avons épuisé nos réserves et nous ne pourrons plus équilibrer notre budget sans réforme du financement. Le mode actuel de financement des Départements ne permet plus de leur donner une capacité suffisante à agir, notamment sur leurs compétences partagées, en direction du monde de la culture, du sport, ou encore en soutien aux communes et intercommunalités dans leurs projets d’aménagement du territoire et de modernisation des infrastructures.
Mais on laisse entendre que les Départements dépensent sans compter ?
Je souhaite mettre un terme aux discours de ceux qui laissent entendre que les collectivités dépenseraient l’argent public de manière inconsidérée : face à l’explosion des dépenses sociales, on ne peut pas tenir dans un système qui nous fait dépendre des dotations de l’État qui est lui-même confronté à une dette considérable de 3 400 milliards qui augmente de 5 000€ par seconde ! Si rien ne bouge, dès 2026, nous devrons réduire ou arrêter des politiques essentielles. Subventions pour la voirie communale, soutien aux associations sportives ou culturelles, accompagnement des projets locaux… Tout cela est menacé. Les Départements ne dépensent pas « sans compter » : nous faisons face à une explosion des charges sociales imposées par l’État, sans compensation suffisante. C’est la survie de notre action de proximité qui est en jeu.
Et si, pour les fêtes de fin d’année vous aviez un souhait ?
Le Département est menacé d’être lourdement ponctionné par l’État, alors que l’État lui doit déjà de l’argent… Alors, nous n’attendons pas de cadeaux de l’État, mais un financement juste et stable. Que l’État cesse de nous envoyer des factures sans nous donner les moyens de les payer. Mon souhait est simple : préserver la liberté pour le Département d’agir, de décider et de continuer à améliorer la vie quotidienne des Ligériennes et des Ligériens.
Avec vous, pour vous, ensemble !









