[DOSSIER 3/4] Sylvetum de Marols : un laboratoire à ciel ouvert
24 essences venues d’ailleurs ont pris racine dans les monts du Forez. 2 km de sentiers invitent à la découverte.
Publié le 30 mars 2026
Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne.
La grimpette est aisée, le sentier dégagé. Propice aux observations, sinon à la contemplation. Mousses et fougères saturent le tableau de vert. Le « Mont » ruisselle dans la pente. Si bel aménagement est rare en forêt.
Deux ans que la municipalité de Marols a investi le bois des Gaulois. Ainsi baptisé en raison du menhir découvert en 1921 par l’instituteur de Luriecq, l’endroit est plus connu aujourd’hui sous le nom de Sylvetum. On étudie ici, sur près de 8 hectares, l’adaptation de la forêt au changement climatique.
Au bas du coteau, la forêt « indigène » et son immense sapin bio (arbre référent), refuge de biodiversité. Sur les hauteurs, les parcelles dédiées à l’expérimentation, sous le suivi du CNPF (Centre national de la propriété forestière).
Rachetées une à une par le bourg de 470 habitants au sortir de coupes rases, les terres ont été reboisées à l’hiver 2025 par l'ONF (Office national des forêts). Les experts ont quadrillé l’espace et formé des îlots de noyers, mélèzes, pins, feuillus. 2 760 plants importés de Turquie, de Grèce ou de Californie ont été mis en terre. Objectif : déterminer lesquelles de ces jeunes pousses survivront dans nos contrées.
« Les premiers mois ont été positifs. Nous n’accusons que 8 % de pertes », indique Daniel Dubost, ancien maire de Marols. Le suivi des 24 essences doit durer 15 ans.
L’apport du Département
Pensé à des fins scientifiques, le projet a pris une dimension éducative et touristique. Les randonneurs tombent en chemin sur d'immenses oeuvres sorties des ateliers marolais.

Possibilité est offerte aux familles de suivre un parcours interactif, de parrainer un arbre. Et nombreux sont les élèves à fréquenter l’été la classe nature aménagée en partie sommitale (incroyable belvédère planté d’un pupitre et de dix bancs d’écoliers).
90 000 € ont servi cette réalisation menée tambour battant. « Deux mécènes ont réglé la moitié de la somme, informe Daniel Dubost. L’entreprise Christophe Roux de Leignecq s’est chargée de tous les aménagements : plateforme éducative, passerelle, tables de pique-nique… tandis que Formasoft à Andrézieux s’est occupée de la communication. Nous avons, pour le reste, bénéficié de plusieurs subventions ».
12 000 € ont été versés par le Département et 9 000 € par Loire Forez Agglomération. « Marols était connue pour son charme minéral (la commune est labellisée Village de caractère), se félicite le maire. Elle l’est aussi désormais pour son offre végétale ».
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