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Julien Faure : un jour, un ruban
En activité depuis 160 ans, la Maison Faure sert les plus grands noms de la couture et du luxe.
Publié le 4 juin 2026
De petites merveilles. Il n’est pas d’autre mot pour qualifier les confections de Julien Faure. En velours, en satin, en soie. Tissées d’or, d’argent, de grenat. Ces rubans d’une finesse sans nom égayent flacons de parfum, chapeaux, escarpins. Les plus grandes marques de luxe font appel à l’entreprise : Philip Treacy (chapelier de la couronne britannique), Louboutin, Dior, Tudor…
Au bonheur des dames
On a, boulevard de l’Industrie à Saint-Just Saint-Rambert, conservé le portrait de l’arrière-arrière-grand-père, fournisseur, dès 1864, des grands magasins parisiens. L’affaire familiale, spécialisée un temps dans les ornements d’église, puis la soierie, a connu ses moments de disette. En 1970, les grandes vagues de délocalisation vers l’Asie affectent la maison.
« Et puis en 1980, avec l’arrivée de mon oncle Daniel, l’élection de Reagan et l’envolée du dollar, les ventes ont fait un bond, raconte Julien Faure, deuxième du nom, actuel PDG de l’entreprise. Nous avons pu investir dans du matériel et embaucher des informaticiens pour créer nos propres métiers navettes ».
Les étiquettes en soie naturelle constituent aujourd’hui un cinquième de l’activité (Julien Faure en est le dernier fabricant français). Auxquelles s’ajoutent bracelets de montre, articles de prêt-à-porter, galons folkloriques et pièces de haute couture. Fils de chaîne et de trame se croisent à un rythme infernal. Jamais les navettes ne cessent leur va-et-vient. Une équipe de nuit veille au cadencement, six jours sur sept. Battement vital.
Fournisseur mondial de Miss Dior
Quelles quantités ainsi produites ? Impossible à dire. Mais certaines commandes se comptent en millions de mètres comme ces rubans Miss Dior, au liseré d’argent. « Dont nous assurons la production mondiale », glisse fièrement Océane Duventru, chargée de communication.
50 employés oeuvrent à l’atelier dans l’ombre des mécaniques : machines modernes aiguilles mais aussi vénérables métiers Jacquard. Cinq de ces géants de bois datent de 1850. Labellisé Entreprise du Patrimoine vivant, le maître rubanier (5 millions d’euros de chiffre d’affaires) met un point d’honneur à entretenir cet héritage. Dernier de ses projets en date : ressusciter la mousseline de soie qui, portée disparue dans l’Hexagone, pourrait intéresser une grande maison… Chanel, de son petit nom.
À savoir
Julien Faure possède la plus grande collection privée de rubans au monde. Certains de ses métiers Jacquard sont toujours actionnés au moyen de cartons perforés. L’entreprise ne se visite pas mais l’émission Des racines et des ailes lui a consacré un long sujet en décembre 2025.









