[ROZIER-EN-DONZY] Le dernier des tisseurs indépendants

Nicolas Compigne travaille pour un marché de niche : les rubans d’Arlésiennes.

Publié le 29 juin 2026

   

Ce contenu vous est proposé en lien avec la Bibliothèque sonore de Saint-Étienne. 

Plusieurs fois l’an, Nicolas Compigne quitte son Forez natal pour gagner le Sud de la France. Il y vient saluer quelques clientes portant châles et plastrons de dentelle : des Arlésiennes. Ces dames lui confient la réalisation de rubans de velours ; rares sont les tisseurs français à maîtriser encore ce savoir-faire.

L’artisan opère entre quatre murs aveugles, rue des Canuts à Rozier-en-Donzy. Enfant, il vivait dans la maison voisine. « La fenêtre de ma chambre donnait sur cet atelier, celui d’Alain Vivier-Merle (racheté à son propriétaire en 2014, N.D.L.R.). Mon père, comme lui, était tisseur. Il avait débuté en travaillant à façon pour les donneurs d’ordre lyonnais avant de se passionner pour le tissu Jacquard et de séduire les grandes maisons avec ses créations », raconte-t-il.

Multitâche

Ado, Nicolas Compigne fait son apprentissage aux côtés du paternel, gagnant de quoi s’offrir autoradio et scooter. Puis marche dans les pas de ses aïeux (quatre générations de tisseurs). S’en va travailler à La Ciotat dans le textile médical avant d’explorer les voies de la passementerie et du carré Hermès pour finalement s’établir en nom propre. Il sert aujourd’hui le monde du folklore : confréries (des Saintes-Maries-de-la-mer notamment), groupes traditionnels régionaux (camarguais, savoyards, poitevins), Compagnons du devoir…

« J’exerce dix métiers à la fois, sourit-il. Il faut réceptionner le fil, le faire teindre, monter les bobines, régler le métier -un vénérable et massif outil de 1870, N.D.L.R.-, concevoir les dessins, assurer la maintenance, la commercialisation… » De quoi faire toute la valeur de ses rares et précieuses collections. 

 

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