[PORTRAIT D'AGENT] Parents en difficulté : elle évalue la situation à domicile
Nathalie Testa est au Département spécialisée dans l’évaluation sociale. Mandatée à la suite d’une information préoccupante, elle s’assure que les enfants ne courent aucun risque sous le toit familial.
Publié le 29 juin 2026
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Un enfant en danger ? Le Département charge une assistante sociale d’étudier la situation au foyer. Nathalie Testa est l’une de ces professionnelles. L’agent n’a pas toujours exercé dans le cadre de la collectivité. « J’ai d’abord travaillé pour un service d’aide pédagogique à domicile. J’enseignais l’anglais à de jeunes élèves en situation de handicap ou victimes de phobies scolaires. »
Ce premier job exalte son sens de l'écoute, sa fibre sociale. La Forézienne reprend ses études avant de postuler au Département. Fin 2018, elle intègre une équipe de travailleurs sociaux polyvalents et « volants », envoyés au contact de personnes âgées, bénéficiaires du RSA, familles en difficulté... On dépêche la jeune femme en renfort ou en remplacement dans les services.
Adaptation et flexibilité sont de mise, les contrats ayant une durée limitée. Mais Nathalie Testa apprécie « ce renouvellement permanent ». « J’apprends tout le temps ».
Son quotidien, depuis quelques mois, est fait d’évaluations sociales, « ce que je préfère dans le métier ». Le nombre d’informations préoccupantes ayant explosé, le Forez a constitué un binôme dédié. Nathalie et sa collègue rencontrent les mineurs, leurs parents, leurs professeurs, leurs médecins, « toutes les personnes présentes dans l'entourage de l'enfant ». Elles mènent l’enquête durant trois mois avant de rédiger un rapport assorti de préconisations.
Une écoute active et bienveillante
« Les violences intrafamiliales et les problèmes de parentalité touchent tous les milieux. De nombreux dossiers concernent des enfants à tendance tyrannique ou suicidaire. »
Cette dynamique professionnelle s’efforce de cloisonner. « C’est un métier difficile. Les familles nous considèrent aujourd'hui encore comme des "placeuses d'enfants". Les choses ont pourtant beaucoup évolué avec la loi de protection de l’enfance : la plupart des évaluations débouchent sur un soutien à la parentalité ou un accompagnement éducatif soutenu. Seule l’inspectrice de la CRIP (Cellule de recueil des informations préoccupantes) peut décider de saisir le procureur. Le placement, lui, n’arrive qu’en dernier recours. Nous sommes dans l’écoute active, bienveillante, dans l’observation. Nous donnons des conseils. Je me sens utile. Mon rôle ne se limite pas à photographier l’existant. Il consiste aussi à semer de petites graines. »
4 375
Le nombre d’informations préoccupantes reçues en 2024 par le Département.
52 %
Le nombre de signalements ayant donné lieu à une évaluation.









