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PETITE ENFANCE

Se séparer pour mieux grandir

Annick Simon aux côtés des responsables des Relais d'assistants maternels (RAM) de Charlieu et Belmont, Ghislaine Brette et Lydie Audet.

Elle était psychologue dans le service de néonatalogie de Roanne et est devenue auteur. Après un premier ouvrage très remarqué en 2017, « La psy qui murmurait à l’oreille des bébés » édite son second livre : « Accompagner le développement du petit enfant », aux Éditions Dunod. Pour l’écrire, Annick Simon s’est inspirée d’une série de conférences qu’elle a données au relais d’assistantes maternelles du Pays de Charlieu pendant 8 ans. C’est donc tout naturellement dans ce lieu qu’elle a souhaité, ce mercredi 6 mars, « faire naître » son deuxième ouvrage. Rencontre.

Pourquoi et comment avez-vous écrit ce second livre ?

Pour le premier ouvrage, j’avais envie de donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas : les bébés et leurs parents, un peu pour les remercier. J’ai toujours aimé écrire alors j’ai voulu continuer. J’avais fait un travail auprès d’assistantes maternelles du Pays de Charlieu, avec une série d’échanges qui ont duré plusieurs années. Mon éditeur m’a suggéré de les rassembler et d’en faire un livre. Cet été, il faisait très chaud, un temps à rester chez soi : aux heures chaudes à l’intérieur et aux heures plus fraîches dans mon jardin. C’est là que j’ai réécrit mes interventions qui dataient des années 2004-2012. C’est un travail que j’ai beaucoup aimé.

Comment êtes-vous passée des conférences à un ouvrage thématique ?

Lors de la réécriture, j’ai pris un réel plaisir à retravailler la vingtaine de conférences que j’avais données par le passé. J’ai décidé de tout reprendre dans l’ordre, avec un certain fil directeur, qui montrait bien comment tout dans la vie est matière à séparation : de la naissance, où on renonce au ventre de maman, à la nounou, où il faut renoncer à un premier mode d’existence, puis la cuillère, où on renonce aux biberons… jusqu’aux premiers pas, où on renonce aux bras de papa ou maman pour mieux s’aventurer dans la vie. Tout est séparation ; l’important, c’est que l’enfant soit bien enveloppé d’une attention bienveillante et de paroles. S’il possède un bagage qui le contient et l’enveloppe, il pourra s’aventurer dans l’inconnu pour conquérir des choses nouvelles. J’ai donc repris toutes ces conférences en suivant ce fil de la séparation.

Pour qui avez-vous écrit ce livre ?

Il s’adresse aux professionnels de la petite enfance, mais aussi aux parents, grands-parents et de façon plus générale aux gens qui s’intéressent à la petite enfance, c’est-à-dire de la naissance jusqu’à environ 6-7 ans. Je n’ai pas voulu utiliser de termes trop savants car je tenais à ce qu’il soit à la portée de tout le monde. J’ai raconté la théorie en l’illustrant avec des observations que j’avais pu faire auprès d’enfants, de proches, dans des crèches, ou en me souvenant de mes propres bêtises de petite fille. Ces exemples aident à comprendre. Vous ne trouverez pas de bibliographie non plus. Je souhaitais donner envie d’aller plus loin et non qu’on se dise « c’est trop compliqué pour moi. »

Vous y racontez les différentes étapes de la vie et votre livre s’intitule « Accompagner le développement du petit enfant ». Peut-on dire que c’est un mode d’emploi où vous prodiguez des conseils ?

Je n’ai pas souhaité donner de vrais conseils, mais plutôt aider les parents à se souvenir des enfants qu’ils avaient été, à comprendre comment pensent et réfléchissent leurs enfants afin de trouver leurs propres solutions. Sinon, ils auraient toujours l’impression de ne pas savoir faire.

Concernant le « savoir-faire », que pensez-vous de la bienveillance dont il est beaucoup question aujourd’hui ?

Le bras de fer n’est jamais une bonne solution : je formule une invitation à la souplesse. Pour autant, j’ai une certaine réserve vis-à-vis de la bienveillance. Un enfant a besoin de bienveillance, mais aussi de se laisser porter, d’un cadre pour être contenu. Il est important de lui dire non. Il y a d’ailleurs un chapitre que j’aime beaucoup et que j’ai appelé « parer pour mieux séparer ». C’est reposant pour l’enfant quand on lui répond « c’est ce qui te convient. » Quand un enfant veut toucher une plante, par exemple, je lui réponds « oui, tu en as  envie, mais moi je protège ma plante, alors je ne te permets pas de l’abîmer.. »

Vous évoquez aussi la mort…

Je consacre un chapitre à son approche. Faut-il parler de la mort à un enfant ? Comment en parler ? Quand un bébé venait à mourir dans le service de néonat, j’allais voir les  autres bébés, et je leur disais « Oui, un bébé est mort et tu sens notre tristesse. Mais toi aussi, tu restes important pour nous ! » C’est la vie, les bébés et jeunes enfants ont besoin aussi de partager ces moments-là, ce sont les cachoteries, les mensonges qui auraient été traumatisants.

Quels sont vos projets ?

J’ai beaucoup de plaisir dans l’écriture. Dans le premier ouvrage, j’ai porté témoignage de ce que j’ai vécu. Et dans le second, j’ai tenu à faire part de mes convictions dans le domaine de la petite enfance. Il y avait quelque chose de l’ordre de la transmission. Pour la suite, je prépare quelque chose qui sera plutôt de l’ordre d’un roman…

Dunod enfant

Accompagner le développement du petit enfant, Éditions Dunod, mars 2019

Plus d'infos

 

Dédicaces et rencontres

  • Le carnet à Spirales à Charlieu, samedi 9 mars de 14h à 19h,
  • Maison de la Presse de Renaison, samedi 16 mars de 9h à 12h,
  • Espace Culturel Leclerc de Roanne, samedi 16 mars de 14h à 18h
  • Le Hibou Diplômé à Lentigny, mercredi 20 mars de 10h à 16h

 

« L’enfant a besoin de se sentir accompagné, enveloppé d’attention bienveillante pour accepter de se séparer. Il lui faudra avoir été « paré » tendrement pour que la séparation, au lieu d’être vécue comme une amputation, devienne cette petite marche qui aide à devenir un peu plus grand, et cette autre, encore un peu plus, et cette autre encore… »

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